DU PLOMB DANS LA TêTE
Bullet to the Head - Etats-Unis - 2012
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Genre : Action, Policier
Réalisateur : Walter Hill
Musique : Steve Mazzaro
Durée : 91 minutes
Distributeur : Metropolitan Filmexport
Date de sortie : 27 février 2013
Film : note
Jaquette de « Du Plomb dans la tête  »
portoflio
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LE PITCH
Tueur à gages à La Nouvelle-Orléans, James Bonomo, a pour règle de ne jamais tuer un innocent. Après l’exécution d’un contrat, il laisse derrière lui un témoin, vivant. Pour le punir de ce travail bâclé, son partenaire Louis est abattu par un mystérieux assassin. Lorsque l’inspecteur de police Taylor Kwon arrive en ville pour rejoindre son équipier et suivre une nouvelle piste sur une ancienne affaire, il découvre que celui-ci a été tué. Tous les indices accusent Jimmy et s...
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Sans retour

Après quelques films sans grande envergure, plus de quinze ans après son burné et jouissif Dernier recours, Walter Hill revient avec une série B brute de décoffrage qui nous permet de retrouver Stallone au mieux de sa forme et sans les guignols de la troupe « Expandables » qui depuis trop longtemps lui faisait de l'ombre. Loin d'être parfait Du plomb dans la tête reste toutefois un film violent et percutant, qui redore le blason du polar des années 80, terni ces derniers temps par la déchéance de la licence Die Hard.

 

Walter Hill est et à toujours été un réalisateur hardbolied, dépassé par le cinéma contemporain et qui n'avait malheureusement pas réussi à passer le cap des années 2000, accumulant depuis plus de dix ans les films mineurs et parfois même nanardesques. C'est d'ailleurs un peu ce que l'on ressent au détour de certaines ruelles de la Nouvelle Orléans dans son nouveau Du plomb dans la tête, le cinéaste décidemment old scool n'étant pas du tout à l'aise avec les techniques du cinéma contemporain, qu'elles soient narratives (le recours systématique au téléphone portable magique pour se sortir de chaque impasse scénaristique), ou même esthétiques,  la caméra numérique ne séant pas à l'univers du cinéaste, lissant une oeuvre que l'on était en droit d'espérait un peu plus noire. Pourtant, il ne faut pas bouder notre plaisir car le duo Hill/Stallone nous livre un film  délicieusement anachronique ponctué de séquences barbares particulièrement efficaces. Le film est librement adapté de la bande dessinée de Matz et Colin Wilson prenant place à la Nouvelle Orléans. L'œuvre est découpée en plusieurs chapitres, structurant une histoire policière hardbolied particulièrement complexe où les tueurs à gages côtoient les politiciens véreux, les prostitués et autres flics corrompus. Chargés d'adapter l'œuvre pour le grand écran Alessandro Camon, scénariste de The Messenger, et Walter Hill ont largement épurés l'intrigue pour ne conserver que l'histoire de vengeance et le partenariat forcé entre le tueur à gage et le flic qui n'occupe qu'une petite partie de l'œuvre originelle. Ajouter à cela le remplacement de dernière minute du flic, au départ sensé etre joué par le charismatique thomas [The Mist] Jane, par l'insipide Sung [Tokyo Drift] Kang, et on se retrouve face à un scénario prévisible, presque insipide jouant essentiellement sur le gouffre culturel et générationnel du duo, au risque de souvent tomber dans le cliché à la limite du mauvais goût.

 

old fashion

 

Le film souffre d'ailleurs beaucoup de la pathétique interprétation de Kang en flic fashion victime qui a tendance à lisser les échanges entre les deux acolytes, là où avec Thomas Jane le film aurait gagnait en noirceur. Heureusement Stallone est ici au mieux de sa forme et face à lui un ennemi de taille, incarné par le monstrueux Jason [Game Of Thrones] Momoa. Ayant trouvé en la personne de Sly son double parfait, le vieux loup de Walter Hill dans un tel produit de commande (le film avait d'abord était confié à Wayne [La Peur au ventre] Kramer) en profite pour se concentrer sur les séquences d'interrogatoires musclées et autres séquences d'action mettant en scène de façon brève et brutale l'étalon italien vieillissant qui est loin d'avoir épuisé ses dernières cartouches. Le visage affaissé, mais la mâchoire serrée et les muscles bandés, Stallone incarne avec brio le personnage de ce tueur old school, promenant sa silhouette toujours aussi impressionnante d'une séquence à une autre près à en découdre, jusque dans un affrontement final aussi violent que jouissif contre le massif Jason Momoa. Et, comme l'acteur donnant tout, là où dans ces derniers films il était trop souvent éclipsé par la présence de nombreux autres acteurs, Walter Hill sait montrer qu'il est toujours un maitre lorsqu'il s'agit de mettre en scène des scènes d'action nerveuses et des exécutions ultraviolentes et incroyablement douloureuses. Plus proche de la nervosité du Gang des frères James que de la surenchère pyrotechnique de Dernier Recours, le réalisateur livre un film brutal qui va droit au but, articulé comme la majorité de ses films autour de deux ou trois séquences iconiques, dont la séquence finale dans le centre désaffecté, où les balles explosant les corps dans des giclées de sang laissent bientôt la place à la valse impressionnante des haches de Stallone et Momoa en plein règlement de compte. Mais ce qui trahit encore plus le savoir-faire de ce cinéaste plus que jamais à contre-courant et qui fait donc le charme du film, c'est l'attention qu'il porte à tous ces  moments d'accalmie, de stase, lors des multiples séquences en voiture déjà très présentes dans la bande dessinée, jouant ainsi avec les codes du Buddy movie tout en imprégnant chacune de ces scènes de l'ambiance si particulière de la Nouvelle Orléans, avec ses rues brumeuses diablement fascinantes, ses marécages et ses quartiers riches où se succèdent buildings et gigantesques villas abritant le vice sous toutes ses formes. 

Quentin Boutel








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