L’ART DE DREW STRUZAN
The Art of Drew Struzan - Etats-Unis - 2010
Image de « L’Art de Drew Struzan  »
Genre : Livre
Acteurs : Drew Struzan
Musique : Divers
Distributeur : Akileos
Date de sortie : 20 juin 2013
Film : note
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portoflio
LE PITCH
Drew Struzan est l’artiste préféré de Georges Lucas et Steven Spielberg, et l’artiste derrière certaines des affiches de cinéma les plus iconiques de notre époque. Il a travaillé sur les affiches des plus grands films de ces 30 dernières années : BLade Runner, Retour vers le futur, Jurrassik Park ou Harry Potter, pour n’en citer qu’un échantillon.
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Art of life

Mine de rien, Drew Struzan fut durant de longues années le premier contact qu'avait le spectateur potentiel avec un film. Même pas nommé au générique, jamais invité en conférence de presse, et pourtant Drew Struzan a définitivement influencé autant de cinéastes que d'illustrateurs par son approche des affiches.

Les affiches, un simple outil marketing, censé vendre, allécher, aguicher le chaland, lui donner irrémédiablement envie de dépenser quelques piécettes dans un spectacle sur grand écran. Elève du très grand Reynold Brown, célèbre pour ses peintures accompagnant la promotion de spectaculaires séries B (Tarantula, La Machine à remonter le temps, L'Etrange créature du lac noir mais aussi Ben-Hur), Struzan n'en a pas forcément gardé la propension aux monstres dynamiques et aux demoiselles aux vêtements à moitiés déchirés, mais en tout cas un véritable sens de l'impact visuel. Le sens de ses compositions, faussement figées, usant autant de visages ultra-réalistes regardant frontalement le « client » que de poses iconiques aussi subtilement agencées que puissantes. Ce travail, cette capture, tout le monde le connait puisque l'artiste aura œuvré sur l'intégrale des Star Wars, des Indiana Jones, les premiers Harry Potter, les Police Academy, les deux Hellboy et bien entendu la trilogie Retour vers le futur. De véritables œuvres d'arts, percutantes et brillantes, aux éclairages électriques, toujours à mi-chemin entre la toile de maître et l'outil publicitaire. Le livre édité aujourd'hui par Akileos n'est pas le premier entièrement dédié au travail du bonhomme (même si de mémoire, c'est le seul traduit officiellement en français), mais cet art-book ne se contente pas d'être un catalogue d'illustration. Avec sa superbe couverture noire, son joli format luxe en 31.2 x 23.2 (tant de précision ça fait classe), L'Art de Drew Struzan n'est pas simplement une compilation de reproductions de certaines de ses plus belles affiches, mais aussi un superbe making of, commenté par l'artiste en personne, présentant pour la première fois souvent les différentes étapes préliminaires, voir même dans certains cas (Zathura, Sahara, Mad Max III...) des projets non retenus ou modifiés dans son dos.

 

trop de notes


Car oui, Drew Struzan est aujourd'hui un dinosaure, l'un des derniers témoins d'une époque pas si lointaine où le cinéma pouvait encore se vendre comme une œuvre et non comme une compilation d'effets de modes et de stars du moment prenant les allures d'une composition Photoshop mal torchée. Insupportable de découvrir que devant la poésie qui se dégage de son affiche pour Le Labyrinthe de Pan, l'un des conseillers en communications, ou agent de pub (c'est kif-kif) aurait déclaré « Nous ne l'avons pas utilisée parce que cela ressemblait trop à une illustration d'art ». No comment. Fataliste, entre deux explications légèrement techniques ou quelques pistes sur les détails modifiés, Struzan montre la lente invasion d'une armée de décérébrés dans un travail qui dans ses premières années lui permettait de collaborer directement avec les réalisateurs. Des collaborateurs, et amis fidèles, comme George Lucas, Guillermo Del Toro ou Frank Darabont (son introduction est un régal de petite colère à peine contenue) obligés lors de leurs derniers travaux d'accepter des changement particulièrement ridicules (la tête de Vador sur La Revanche des Sith) ou d'éditer à leur frais la petite merveille visuelle pour la distribuer sur un salon ou à l'équipe du film. Un très beau livre alors, aux documents rares, aux reproductions pointilleuses, aux textes éclairants, mais constamment teinté d'une cruelle nostalgie, d'un temps où les affiches étaient parfois bien plus spectaculaires que le film, ou en tout cas tellement inoubliables qu'on les faisaient trôner au mur de la chambre ou derrière le siège du bureau. Les mauvais montages numériques, on peut les faire nous-mêmes, merci.

Nathanaël Bouton-Drouard




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