LES DERNIERS JOURS
Los últimos días - Espagne - 2013
Image de « Les Derniers jours »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Alex Pastor, David Pastor
Durée : 98 minutes
Distributeur : Rezo Film
Date de sortie : 7 août 2013
Film : note
Jaquette de « Les Derniers jours »
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LE PITCH
Depuis la propagation d’un étrange et foudroyant virus, le monde est devenu terrifiant : sortir est désormais impossible. Dans leurs maisons, leurs bureaux, les gares, les gens sont condamnés à vivre cloitrés et doivent se battre pour leur survie. A Barcelone, Marc, piégé dans son bureau, se retrouve séparé de sa femme Julia. Contraint de faire équipe avec Enrique, son pire ennemi, il part à sa recherche dans les entrailles de la ville…
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A l'intérieur

Quatre ans après leur très intéressant Infectés, véritable petit bijou réinvestissant avec brio les codes du film d'infection, les frères Pastor refont timidement surface dans les salles de cinéma françaises avec Les Derniers Jours. Un récit une fois encore post-apocalyptique, cette fois intégralement produit en Espagne et qui, sans être aussi abouti qu'Infectés, regorge d'idées intéressantes et révèle à nouveau l'incroyable maitrise visuelle des deux auteurs.

En ce temps modernes de crises économiques, sociales, politiques, où notre société n'est plus communautaire, mais individualiste (réseau et informations se propageant eux par contre à la vitesse de l'éclair tel des maladies anémiant le système), les films post-apocalyptiques, les films d'infections, pullulent et trouvent un écho particulier dans l'actualité mondiale. Tout n'est pas bon à prendre évidemment et cette réminiscence compte dans ses rangs autant de bijoux que d'immondices, nivelant le genre par le bas. Les frères Pastor, eux, avec Infectés avaient d'ailleurs su habilement renouveler les codes du genre, de la même façon que Snyder par exemple, avec L'Armée des Morts. Malheureusement, le film est un échec critique et public, son aspect profondément nihiliste et son ambiance étouffante en ayant rebuté plus d'un. Mais les deux frères n'avaient pas dit leur dernier mot et malgré la difficulté à monter un film de ce genre dans une Espagne en pleine récession, quatre ans plus tard ils signent un deuxième long métrage toujours aussi étouffant et qui plus est construit autour d'une intelligente réflexion sur le monde et l'Espagne moderne. Dans ces conditions, on peut donc bien leur pardonner la troublante naïveté de leur récit. Bien plus classique que leur premier film, Les Derniers jours n'est pas pour autant une fiction post-apocalyptique standard et réussit à passionner son spectateur tout au long de son récit. Le film narre une fois encore le voyage de deux personnages, construit autour d'un certain nombre de séquences recyclant tous les poncifs du genre et donc n'apporte finalement pas grand-chose. D'autant que les décors de métro et centre commerciaux désaffectés ne sont eux aussi pas des plus novateurs. Pourtant, grâce à son casting solide, à sa mise en scène soignée, parfois virtuose et à un traitement de l'infection particulièrement original, il réussit à tirer son épingle du jeu et à faire du neuf avec les ruines éculées de ce genre.

 

contagion


Sorte d'agoraphobie foudroyante cette infection pour le moins originale qui ravage le monde dans Les Derniers jours pousse la population à vivre recluse, effrayée par la mort certaine qui l'attend si elle a le malheur de sortir. Ici pas de surenchère horrifique, le virus du film est en sommeil, tandis que les deux cinéastes prennent leur temps pour installer leur drame humain, mais aussi et surtout pour métaphoriser de façon très poétique l'enfermement progressif de l'homme moderne au cœur d'un système malade et d'une société de consommation aliénante: les grands centres commerciaux et les lieux de travail devenant dans le film des tombeaux gigantesques, tandis qu'à l'extérieur la nature reprend le dessus. Les animaux autrefois prisonniers des Zoo se sont même libérés et visitent les restes d'une humanité prisonnière à son tour dans des cages de bétons. Une ambiance étouffante se dégage ainsi de chaque lieu que visitent les personnages principaux, entre métros bouchés, boutiques assiégés et bureaux dévastés, accentuée par la photographie très contrastée et aux teintes maronnasses, révélant la crasse de ces camps de survie où l'humanité vit ses derniers jours. Mais la réussite du film repose surtout sur l'enchaînement parfait de séquences tendues, typiques de ce genre de production, qui emportent le spectateur et le maintiennent en haleine tout au long du récit. D'autant que, comme dans La Route, Infectés et bien d'autres œuvres post-apocalyptiques, ce sont ces situations qui créent les liens entre les personnages mais aussi l'empathie avec spectateur. Dommage alors que les deux héros/ennemis soit si classiques et si naïf, surtout en comparaison du nihilisme et de la brutalité des personnages du précédent film des cinéastes. A cause d'eux et de leur relation vue et revue, le film devient trop prévisible et s'achève sur un final légèrement grotesque. Fort heureusement, ces petites facilitées n'empêchent pas de savourer cette œuvre magistralement réalisée. Il ne faut pas bouder notre plaisir après The Last of us, car peu de productions parviennent à nous captiver comme Les Derniers jours.

Quentin Boutel














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