TRANSFORMERS 2 LA REVANCHE
Transformers 2 Revenge of the Fallen - Etats-Unis - 2009
Image de « Transformers 2 La Revanche »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Michael Bay
Musique : Steve Jablonsky
Durée : 151 minutes
Distributeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 24 juin 2009
Film : note
Jaquette de « Transformers 2 La Revanche »
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LE PITCH
Si Sam a fait ce qu'il a pu pour tirer un trait sur le conflit qui a eu lieu à Mission City et revenir à ses préoccupations quotidiennes, la guerre entre les Autobots et les Decepticons, tout en étant classée secret défense, a entraîné plusieurs changements. Le Secteur 7 a ainsi été dissout et son plus fidèle soldat, l'agent Simmons, a été révoqué sans ménagement. Résultat : une nouvelle agence, NEST, a été mise en place.
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Rien ne se perd, tout Transformers...

Cinéaste de la démesure, Michael Bay revient faire joujou avec ses robots pour le plaisir des fans de la licence Hasbro et aussi remettre de l'huile sur le feu face aux détracteurs de son cinéma. Mais comme il s'en fout, il continue à détruire tout ce qui bouge à l'écran de manière outrancière et se lâche encore plus dans ce volet que dans le précédent.

 

 

Lors de la Conférence de Presse à Paris pour Transformers 2 début Juin, quand un journaliste demanda au comédien Shia LaBeouf ce qu'il pensait du contexte poltique du film, ce dernier lui répondit en rigolant, « Ce ne sont que des jouets ! », relativisant ainsi à juste titre sur ce que certains voudraient lire là où rien n'est écrit. C'est avec cette réponse pourtant évidente qu'on comprend davantage le pourquoi du comment de la filmographie de Michael Bay. Parce que si le cinéma n'est aussi pour lui qu'un jouet, la licence Transformers était sûrement le meilleur prétexte qu'il ait pu trouver pour l'assumer encore plus clairement. Alors que le premier volet était souvent illisible dans des scènes de combats qui auraient provoqué une crise d'épilepsie à un strobocospe et que le film était dominé par des placements publicitaires à rendre jaloux n'importe quelle voiture de F1, le réalisateur est maintenant plus à l'aise dans son rapport avec les robots. La fluidité s'en ressent. Le père Bay se serait-il calmé ? Pas du tout, au contraire même, parce qu'en signant ici un film moins enfantin que le précédent, le résultat est pourtant bien plus immature. Cinéaste Superbowl par excellence, Bay prouve qu'il n'a d'égal à sa gourmandise que sa générosité. Cause à effet, certaines longueurs se font ressentir sur le film qui dure quand même plus de 2H30 mais s'il nous en fout plein les mirettes, c'est aussi que chaque dollar est visible à l'écran. Des 14 robots présents dans le premier, on passe ici à 46.

 

Rien ne se crée, tout se bousille...

 

Dans Transformers 2, on détruit plus, beaucoup plus. Et si la destruction n'est pas gratuite, ce n'est pas pour autant qu'elle amène à la reconstruction. Simplement, elle représente la rupture avec le poids des œuvres du passé, comme l'envie de se délester d'un fardeau archaïque. C'est pourquoi la majeure partie des endroits que Bay se plaît à bousiller par robots interposés est symbolique : monuments historiques, musées et bibliothèques. Pourtant, vers la fin, il s'attardera sur le passage de flambeau entre deux robots de générations différentes. C'est là tout le paradoxe de ce cinéaste qui représente à lui-seul tout un pan de l'Amérique, celle qu'on déteste ou qu'on adule, perdue entre son conservationnisme et ses excentricités. Tout est donc en opposition et même la bande originale n'échappe pas à la confrontation puisqu'elle fait collaborer le compositeur classique Steve Jablonsky au groupe rock Linkin Park. Alors que beaucoup de ses collègues metteurs en scène se revendiquent du cinéma européen parce que ça fait toujours plus classe, lui ne fait qu'une référence explicite à un film et il est américain : Règlements de Comptes à OK Corral, dont parle le personnage de John Turturro lors d'un assaut de robots. Aussi, quand Bay envoie les parents Witwicky à Paris, c'est pour les voir manger des escargots, les recracher et trouver ça dégueulasse. Tout ça avant que des Decepticons s'amusent à quelque peu érafler notre capitale, prouvant juste avant G.I Joe que les blockbusters ricains de cet été prennent un malin plaisir à en mettre plein la gueule à l'Hexagone, qui l'a longtemps cherché.

 

"I did it myyyyy way"

 

Si tout ça n'a pas pour but d'être subversif, chaque scène nous en apprend néanmoins beaucoup plus sur la nature du personnage Bay. Ainsi, quand il envoie Sam en faculté au début du film, s'il s'amuse avec les codes du teen-movie le temps de quelques scènes, c'est aussi pour d'autres raisons. La première, c'est pour placer un poster de Bad Boys 2, son film le plus décrié, dans la chambre d'un des personnages, s'autocitant évidemment pour définir lui-même à quoi ressemble son public (ce même public qui se retrouvera dans les blagues potaches pas toujours de très bon goût). La seconde, c'est que lors d'un de ses premiers cours en Fac, pris d'un flash de connaissances soudaines, Sam ridiculise son professeur par son savoir au point de se faire évincer de la salle de cours par ce dernier. L'occasion une fois de plus de définir le rapport houleux que le réalisateur entretient avec la notion de supérieur. Dans son domaine, Bay ne cherche pas de modèle et n'a pas de maître. Le maître, il l'emmerde et on le comprend. On imagine donc que c'est aussi ce qui l'a intéressé dès le départ en traitant de l'univers de ces robots. Parce que s'il existe un robot apprivoisé représentant l'assouvissement de la machine face à l'homme, c'est aussi ce même être humain qui se retrouve impuissant face à d'autres machines beaucoup plus fortes que lui (Le Devastator ayant quand même plus de classe et de pouvoir que toutes les Smart de la planète réunies en un même corps). Enfin, hormis les robots, le duo de comédiens qui porte le film s'en tire également très bien. Shia Labeouf, toujours juste, continue à prouver qu'il est vraiment la valeur sûre dans le domaine des films estivaux à grand spectacle en jouant le quidam au mauvais endroit au mauvais moment, et Megan Fox qu'elle est définitivement devenue un fantasme dans l'imaginaire collectif sous ses allures de poster central pour routier texan. Le boeuf et la renarde, comme les auraient appelés La Fontaine, servent donc complètement la cause de leur réalisateur et se donnent à fond pour que l'action ne retombe pas un instant, comme des soldats sur le parcours du combattant. De toute façon, on les reverra bientôt tous pour le troisième volet parce que maintenant que Bay a une franchise à lui pour s'amuser comme un bambin, il n'est pas prêt de fermer sa gueule. Et finalement, ce n'est pas si mal. Pour votre don inné à renier l'introspectif, à jouir du régressif et livrer des films qui seront lus dans des décennies comme le portrait d'une certaine Amérique, élève Michael, vous écopez d'un « Bay + ».

Christophe "Trent" Berthemin

N.B. : il est également permis de trouver le film nullissime.

Ce qui est le cas d'une autre partie de la rédaction...

 

 

 

 

 

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