X-MEN DAYS OF FUTURE PAST
Etats-Unis - 2014
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Bryan Singer
Musique : John Ottman
Durée : 132 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 21 mai 2014
Film : note
Jaquette de « X-Men Days of Future Past »
portoflio
LE PITCH
Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants.
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Mutants United

Sous la direction de Tom Rothman, celle-là même qui poussa Bryan Singer à déserter X-Men 3 et brisa, par l'intermédiaire de Brett Ratner, la cohésion artistique de la saga, la 20th Century Fox n'aurait sans doute pas attendu si longtemps avant de donner suite à X-Men : First Class. Ayant passé les dernières années à se refaire une réputation dans le domaine du blockbuster (La Planète des singes : Les Origines en atteste), mais aussi à redonner un certain cachet à sa franchise mutante (cf. The Wolverine, fabuleux dans son montage uncut), le studio aura pris la décision d'attendre le bon moment, et surtout le matériau adéquat.

 

Attelé à Kingsman : The Secret Service d'après la bande dessinée de Mark Millar et Dave Gibbons, Matthew Vaughn rend ainsi les rênes d'X-Men à Bryan Singer, tout en sculptant à ses côtés un argument scénaristique pour le moins ambitieux. Librement adapté du comic book homonyme publié en 1981, Days of Future Past dépasse à vrai dire dès son prologue le cadre du genre super-héroïque, alors que des milliers de crânes broyés et de cadavres empilés sans cérémonie jonchent une terre dévastée, sous la domination de machines implacables. Consulté à maintes reprises durant la pré-production, James Cameron apparaît d'emblée comme la référence première de Singer, le traitement du voyage dans le temps respectant à la lettre dans ses implications et ses répercussions sur les personnages celui de Terminator (en opposition, pour les connaisseurs, à celui de Retour vers le Futur). Parvenant à rendre limpide dès sa première séquence post-générique le fonctionnement et les enjeux dudit voyage, tout en annonçant ironiquement une timeline incroyablement serrée apte à propulser constamment la narration en avant, le script de Days of Future Past vole loin, très loin au-dessus de la mêlée des blockbusters lambda, quelques questions laissées en suspens (autour de l'abandon prématuré du personnage de Quicksilver, notamment) ne parasitant jamais une densité thématique rarissime.

 

Remise à plat

 

Thriller politique, film d'espionnage, grand spectacle post-apocalyptique, super-hero movie parcouru d'idées et de visions totalement inédites (le coup d'éclat de Quicksilver, intervenant en fin de premier acte, est époustouflant) et épopée conclue par un morceau de bravoure à la fois gigantesque et terriblement intimiste, monté en parallèle sur deux époques différentes, Days of Future Past met son mélange des genres au service de ses protagonistes avant tout. Investis, habités et servis par des rôles équilibrés et interdépendants (les scènes d'action sont d'ailleurs systématiquement basées sur leurs interactions), les comédiens trouvent tous ici leur juste place, les casts des deux sagas cohabitant avec une harmonie et une résonnance dramatique inattendues. Tout en multipliant les choix adultes (voir le traitement réservé hors-champ à la quasi-intégralité des héros de First Class, ou les faits d'armes barbares des sentinelles du futur), le film parvient ainsi à donner suite à la fois au film de Matthew Vaughn, au Wolverine de James Mangold et même au vilain petit canard X-Men 3, dont les dernières incohérences et preuves d'irrespect vis-à-vis de la mythologie globale se voient littéralement effacées durant l'épilogue. Comme pris d'un irrésistible besoin de vengeance (Tom Rothman, si tu l'entends...), Bryan Singer remet donc à plat une saga jadis égarée dans les cahiers des charges les plus cyniques, et lui assure un avenir artistique plein de promesses.

Alexandre Poncet




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