LE BGG - LE BON GROS GéANT
The BFG - The Big Friendly Giant - Etats-Unis - 2016
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Genre : Conte
Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Durée : 117 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 20 juillet 2016
Film : note
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portoflio
LE PITCH
Le Bon Gros Géant (Mark Rylance) ne ressemble pas du tout aux autres habitants du Pays des Géants. Il mesure plus de 7 mètres de haut et possède de grandes oreilles et un odorat très fin. Il n’est pas très malin mais tout à fait adorable, et assez secret. Les géants comme le Buveur de sang (Bill Hader) et l’Avaleur de chair fraîche (Jemaine Clement), sont deux fois plus grands que lui et aux moins deux fois plus effrayants, et en plus, ils mangent les humains...
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Lourd (comme ça s'est fait) d'une réputation peu flatteuse du côté des critiques hexagonaux : « bien lourdaud » pour Le Monde, « un peu lourd » pour Les Inrocks (dont on salue évidement l'inspiration épistolaire), ce BGG ne fait pas, et c'est peu de le dire, l'unanimité de ce côté de l'atlantique. Alors quid de ce nouvel opus du maitre Spielby ?

 

Autant le confesser de suite, le métrage navigue bien au dessus des derniers et décevants méfaits d'anciens metteurs en scènes surdoués aujourd'hui en perte flagrante d'inspiration (Carpenter, De Palma ou Argento). Spielberg lui, fait toujours le job. Magnifié par des moyens techniques exceptionnels et hypnotisant, le film est d'une beauté ahurissante. Que ce soit ces falaises verdoyantes et rocheuses peuplées de géants plus ou moins malicieux ou via le visage expressif au possible de Mark Rylance (second rôle parfait dans Le Pont des espions), le film est plastiquement inattaquable. On découvre alors un niveau technique jusque là jamais atteint et ce subtil mélange de décors et de motion-capture fait mouche. Époustouflant de beauté et jonglage incessant de techniques innovantes, cet appui répété sur l'esthétisme de l'adaptation de Dahl était on ne peut plus nécessaire. Porté à bout de bras par une jeune actrice formidable et une reine (Pénélope Wilton) au caractère bien trempée, rien à reprocher non plus du côté de l'interprétation. Le metteur en scène parfait pour mettre en image la vision de l'imaginaire de l'écrivain britannique (Tintin, Hook) et qui confie d'ailleurs jouer lui-même tous les rôles lorsqu'il lit le roman à ses enfants (ayant en plus acheté les droits il y a bien longtemps), la scénariste d' E.T. Melissa Mathison (malheureusement décédée en novembre dernier), et surtout un revival incontestable d'une pincée de mièvrerie et d'insouciance 80's depuis une décennie (Super 8, Stranger Things...), la recette est-elle donc définitive ?

 

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Malheureusement non. Parcouru de qualités indéniables, le film manque toutefois cruellement de rythme. C'est là son seul mais pourtant rageant défaut. Long, parfois ennuyeux et ne prenant une sempiternelle fois (grrr !!!) aucun risque avec son rôle d'adaptation, ce BGG (qui en réalité n'a rien de « gros » puisqu'il s'appelle en version originale : « friendly » (soit une caractéristique bien plus à propos mais les traducteurs-distributeurs français ne connaissent visiblement pas les adjectifs gentil, aimable, affable, doux, amical ou bienveillant)) ; risque donc de rapidement saouler les têtes blondes, brunes, rousses ou crépus. On pense notamment à la scène drôle et bienvenue de nos amis chez la reine mais qui traine en longueur d'une manière interminable et surtout injustifiable. L'autre grief à reprocher au film est sa plongée non maitrisée dans les engrenages confus de son scénario. Aucunes explications ou background quant à l'origine de ce monde merveilleux, des us et coutumes des géants ou pire, de la mission et rôle de ce voleur de rêves (une scène pourtant bluffante dans cet envers du monde)! L'histoire de cette jeune fille est elle expédiée en deux lignes et l'on peste devant ce manque d'implication sémantique car sans cela, le film aurait sans nul doute pu accéder au statut de classique pour enfants. En l'état, il demeure un film enchanteur et au manque de cynisme bienfaiteur en ces temps éprouvants où chaque jour qui passe nous scarifie d'une nouvelle tragédie... Perdu dans une brume que ne renierait ni le Jack The Ripper de From Hell, ni le Martin Scorsese d'Hugo Cabret, le spectateur pourra également tomber de sa chaise devant une séquence de flatulences hilarantes (Si! Si !) ou des milliers de clins d'œil aux précédents films du maestro.
Sans être au niveau de la baffe intersidérale qu'à assené Miller avec Fury Road, Spielberg rappelle tout de même à quel point il sait choisir ses angles de caméra, le bon moment pour un travelling ou déchirer le cœur avec des écharpes de lumières. La caméra danse, nous invite sur la piste, et nous perdons l'équilibre...

 

Gagnant son pari pour peu que l'on accepte de s'abandonner à une aventure convenue en retrouvant ses culottes courtes et ses chocos BN, Le Bon Gros Géant demande simplement d'accepter ses duels de tchatche inimitables (bravo aux sous-titreurs), son manque de frisson et sa paresse dans le background en compensant avec un univers digne du jeu vidéo Trine, d'un niveau de lecture évident pour les aficionados du réalisateur et d'un géant bienveillant salvateur. Allez, en cette interminable période de troubles géopolitiques, identitaires et économiques, ne dites-pas non quand Spielberg vous propose un bon gros câlin.

Jonathan Deladerrière






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