THE ENDLESS SUMMER
Etats-Unis - 1966
Image de « The Endless Summer »
Genre : Documentaire
Réalisateur : Bruce Brown
Musique : The Sandals
Durée : 92 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 10 août 2016
Film : note
Jaquette de « The Endless Summer »
portoflio
LE PITCH
Robert August et Mike Hynson, deux jeunes surfeurs californiens, vont entreprendre un voyage bien particulier. Munis de leur planche de surf, ils vont se rendre en Afrique, en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Tahiti puis Hawaï, à la recherche de la vague parfaite…
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Nouvelle vague

Film culte de la culture Surf et reflet enchanté d'un âge d'or américain où la jeunesse cultivait la cool attitude pour explorer de nouvelles libertés, The Endless Summer, alias L'Eté sans fin revient sur les écrans en version restaurée pour mieux rafraichir notre été entre deux séances de glisse, la mèche blonde dans le vent.

Figure entérinée de la culture « cool » le surfeur avec sa peau légèrement tannée par le soleil, souvent blond éclatant grâce aux heures passées au soleil, sans compter sur la musculature fluide et athlétique, n'était dans les années 60 encore qu'un praticien plutôt confiné à la fameuse côte ouest. Quelques divertissements yéyé avec petites pépées et chanteurs au ukulélé (voir Elvis en personne tant qu'à faire)... Mais si le phénomène a à ce point explosé, c'est sans nul doute grâce au travail du documentariste Bruce Brown qui dès 1958 scrutait l'horizon à la recherche des belles images lumineuses ou de prouesses de ses congénères. Un véritable passionné qui va vulgariser pour le grand public le sport et son univers avec comme un aboutissement, le réussi The Endless Summer. Avec deux jeunes gens aussi doués que charmants, Robert August et Mike Hynson, il embarque sa camera dans un mini tour du monde, recherchant justement à dépasser les limites de la Californie, à la recherche des meilleurs spots de la planète, espérant surtout tomber nez à nez avec la « vague parfaite ». Un concept totalement inédit en 1966, repris partout depuis jusqu'au Point Break de Kathryn Bigelow, et qui nourrit ici constamment une quête d'un instant parfait, d'un équilibre presque poétique entre la beauté des paysages traversés, de l'Australie à Hawaï en passant par la Nouvelle-Zélande, et la fermeté des rouleaux conditionnés par le relief des récifs et les variations de température. Un spot découvert par chance à Cape St. Francis, en Afrique du Sud (devenu depuis un passage obligé des spécialistes), lorsque les deux « héros » glissent à travers l'écran sur de longues vagues presque éternelles.

 

Back side


Il y a parfois d'authentiques moment de magie dans The Endless Summer où justement ce « sport » touche au miracle, incrusté avec sobriété sur pellicule par un Bruce Brown qui cadre habilement les protagonistes fendant l'écume, s'embarquant même parfois à même la planche ou en plein océan, pour faire vibrer l'auditoire. Quelques trouvailles de mise en scène souvent agréables qui transmettent naturellement une certaine idéologie du surf, loin de la mode facile et du clinquant, surtout que The Endless Summer ne se contente pas de coller l'objectif à l'horizon. Obligé un temps, à cause de l'absence de distributeur, de commenter en direct dans les salles de cinéma son film, Brown garde dans sa voix off un savoureux décalage avec l'exercice documentaire de l'époque. Pas de ton sentencieux, ni de commentaires plaqués, mais un mélange de didactisme (terme techniques, explicitation des difficultés liés aux lieux...) et de second degré, où il s'amuse joyeusement des différentes cultures rencontrées et de quelques personnalités locales. Nait alors la sensation de petits chocs des civilisations, lorsque deux petits blancs débarquent avec leurs planches en bois sur la côte d'un village africain, l'assurance déroutante australienne, les premiers bikinis, The Endless Summer est un film curieux des autres, mais surtout amoureux du monde, prennant parfois son temps pour découvrir un peu la vie à terre. Forcément avec sa photographie brulée par les couchés de soleil, son humour parfois un poil daté et son rock moite façon Beach Boys produit par les oubliés The Sandals, cet « été » cinématographique est surtout le témoignage d'une époque foncièrement optimiste et légère dont l'affiche d'ailleurs, crée par John Van Hamersveld (qui deviendra ensuite un créateurs de pochettes de disque particulièrement prisé), restera un symbole de cette parenthèse enchantée.

Influence majeure et point de départ définitif de la mode surf, The Endless Summer a depuis nourris toute l'imagerie cinématographique de cette culture, et on ne saurait trop en conseiller le visionnage en enchainant avec l'extraordinaire Big Wednesday (Graffiti Party en France) de John Milius, annonçant justement le chant du cygne de cette Amérique là.

Nathanaël Bouton-Drouard










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