THE DARKNESS
Las tinieblas - Mexique / France - 2016
Image de « The Darkness »
Genre : Horreur
Réalisateur : Daniel Castro Zimbrón
Musique : Carlo Ayhllon
Durée : 92 minutes
Distributeur : inconnu
Film : note
Jaquette de « The Darkness »
portoflio
LE PITCH
Dans une forêt envahie par la brume, le jeune Argel vit avec son père, son frère et sa sœur dans une cabane, où ils tentent de survivre sous la menace permanente d’un monstre mystérieux.
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Opaque

Huis-clos dans une forêt envahie par la brume, un monstre mystérieux qui rôde autour de la cabane où se réfugie une petite famille. Cinq ans et demi pour finaliser le projet, le second effort de Daniel Castro Zimbron, après Tau (2012). Filmé en lumières naturelles. Avec Brontis Jororowsky dans le rôle du père. Tout était réuni pour faire du film d'ouverture de l'Étrange Festival une magnifique réussite convoquant tout autant le récent The Witch que The Mist ou le Fog de Carpenter, avec une touche d'étrange et de surréalisme issue d'influences picturales variées.

La déception n'en sera que plus grande, au sortir d'une bien trop longue heure trente qui peine à effleurer ses sujets, se perd entre ses trop nombreuses pistes, visuelles et narratives, et semble oublier en cours de route un point essentiel, en ce qu'il propose des personnages manquant profondément d'épaisseur, de caractérisations. Malgré des acteurs très convaincants, l'évidente volonté de Castro Zimbron de procéder en non-dits pour inviter son spectateur à lui-même projeter ce qu'il attend et par ce biais créer une connivence, un attachement aux personnages, ne fonctionne finalement pas. Seule l'infinie finesse du jeu de Brontis Jodorowsky parvient à créer un sentiment étrange chez le spectateur, constamment dans l'hésitation quant aux intentions profondes de ce personnage de père apparemment prêt à (vraiment) tout pour protéger sa progéniture.

Cette absence d'attachement aux deux enfants du film, malgré la très belle approche d'axer toute la narration autour de l'évolution du garçon, dans une vraie-fausse fable initiatique sur le passage à l'adolescence, fait que le spectateur ne frémit jamais réellement pour eux, voire, pire, est au final assez indifférent à leur sort. Cette approche narrative est pourtant parfaitement accompagnée par l'intention de mise en scène, qui tourne quasiment exclusivement autour des perceptions d'Argel : de beaux mouvements de caméra accompagnant les doutes et les évolutions du personnage, son trouble est parfaitement rendu par les cadrages variés, et l'ensemble fait montre d'une aisance à travailler chaque plan de façon cohérente avec cet objectif toujours parfaitement en tête.
Cette volonté fonctionne au final assez mal, toujours à cause des problèmes de caractérisation des personnages, qui restent, probablement à dessein, assez mystérieux et peu développés, dans une approche intéressante sur le papier, mais qui, malgré les qualités de mise en scène, échoue de peu.

 

tailler du petit-bois


Le rythme particulièrement lent du film, en actes très répétés où seules quelques variations liées à l'évolution des personnages viennent apporter un peu de liant au propos, contribue encore à cet état de fait. Le pire étant que le film est parsemé de fulgurances brillantes (les marionnettes, le regard de Jodorowsky), mais celles-ci sont éparpillées au milieu d'un propos qui manque profondément de cohérence. La multiplication des pistes, des références, perd plus qu'elle n'intrigue ; les mystères et révélations ont tendance à agacer au lieu de happer ; les réactions des personnages, clairement déconnectées de presque toute logique, achèvent de perdre le spectateur. Le tout est trop foisonnant, lançant trop de pistes au final trop effleurées (quid de cette boîte lumineuse ? De ces autres personnages ? Et ainsi de suite), frôlant parfois les problèmes de cohérence et souffrant d'une écriture probablement trop flottante pour être compensée par une mise en scène clairement réfléchie avec un certain soin.

Trop abscons ou pas assez surréaliste, The Darkness ne parvient pas au final, malgré son évidente honnêteté et les intentions très louables de Castro Zimbron, à trouver sa voie. Il y perd son spectateur dans la brume de ses idées foisonnantes et mal exploitées, tout comme les personnages le sont dans cette forêt maléfique dont aucun mystère ne sera malheureusement levé, le laissant trop perdu pour poser des hypothèses, trop ennuyé pour avoir envie de revoir le film et tenter d'en percer les possibles secrets, là où, pour citer un exemple récent, l'obsessionnel The Strangers poursuivait son spectateur longtemps après la projection.

Dimitri Pawlowski










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