PET
Etats-Unis / Espagne - 2016
Image de « Pet »
Genre : Thriller
Réalisateur : Carles Torrens
Durée : 90 minutes
Distributeur : inconnu
Film : note
Jaquette de « Pet »
portoflio
LE PITCH
Seth, trentenaire maladroit (et quelque peu obsessionnel), se retrouve à enfermer Holly, la jeune femme de ses pensées dans une cage au fond des sous-sols du chenil dans lequel il travaille. Là, un jeu étrange se met en place entre les deux...
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Un gars, une fille, un chenil

Avec son casting alléchant et son pitch pour le moins intrigant, Pet, le nouveau film de Carles Torrens (Emergo, en 2011), promettait. Il promettait une louche de vice, une pointe de roublardise et une ambiance tendue, le tout saupoudré d'une pincée d'étrange.

Plus que roublard, Pet est un film de petit malin qui aime à faire le malin, et à jouer avec les attentes de son spectateur. Il prend régulièrement le contrepied de ce qu'on va attendre de lui, joue avec les codes, confirme des évidences tellement grosses qu'on se dit que ce n'est pas possible (et c'est pour cela que ça fonctionne), et propose, surtout, un très inattendu rebondissement à la fin de son premier acte, le film étant divisé en trois parties assez distinctes. Difficile d'évoquer la nature de ce fameux rebondissement sans déflorer ce qui reste un des points les plus réussis dans la narration, en ce qu'il redéfinit complètement les rapports de force entre les personnages, après les avoir fait fluctuer de façon déjà très réussie dans cette première partie du film. Las, Pet s'arrête là de provoquer son spectateur, et déroule un troisième acte particulièrement paresseux et très prévisible, jusqu'à une conclusion qui se la joue provocatrice de façon un peu creuse. À jouer les malins, on aurait largement préféré qu'il continue à le faire, qu'il continue à bousculer son spectateur, quitte à proposer des rebondissements flirtant avec les soucis de cohérence. Que les personnages se fassent plus mal et fassent ainsi plus mal au spectateur.
D'autant que les acteurs sont extrêmement justes, Monaghan dans son rôle de garçon un peu simple aux méthodes tordues mais parfaitement cohérentes pour lui, au comportement rangé et quasi obsessionnel (parfaitement mis en avant par quelques scènes montrant ses rituels d'arrivée au travail), et Solo proposant toute l'ambiguïté qu'on pouvait attendre du personnage, même si elle frôle régulièrement la ligne du "trop".

 

oiseau en cage


Et même les quelques incohérences du récit passent plutôt bien, le réalisateur ayant l'excellente idée de limiter au maximum les contacts avec le "monde réel" de Seth, contribuant à enfermer le personnage dans une forme d'univers irréel et clairement fantasmagorique, tout comme Seth enferme Holly de façon bien plus physique, apparemment réelle, mais au final fort limitée, dans une mise en abîme et un retournement symboliques.
Au final, on ne peut que regretter les errances narratives de la seconde partie du récit, qui n'exploite pas son fabuleux retournement, comme si, après cette audace remarquable, le réalisateur avait préféré lever le pied pour éviter d'aller trop loin. Il se retrouve à respecter un chemin bien plus balisé, malgré quelques perches que ce chemin plus classique lui tend ("l'accident" prenant place vers le milieu du film, qui n'amène que bien peu par rapport ce qu'il aurait peu, notamment) et il choisit de ne pas exploiter, de ne pas jouer avec ces évidences dans lesquels le film finit par s'abandonner. Et ce, jusqu'à une résolution prévisible d'une façon presque agaçante, à peine rehaussée par un épilogue dont le vice un peu artificiel sonne quelque peu creux.
Et, avec un tel premier acte, les regrets n'en sont que plus grands : Pet donnera clairement le sentiment de "et si" qui anime nombre de déceptions cinématographiques.

Dimitri Pawlowski








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