BAD CAT
Kötü Kedi Serafettin - Turquie - 2016
Image de « Bad Cat »
Réalisateur : Mehmet Kurtulus, Ayse Ünal
Durée : 86 minutes
Distributeur : inconnu
Film : note
Jaquette de « Bad Cat »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Les aventures de Shero, chat politiquement incorrect, qui, avec ses amis Rifka la mouette et Rizi le rat, tente de trouver de la picole, un bon coup… et doit se confronter à un fils sorti de nulle part, alors que son maître est menacé d’expulsion !
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Les aventures du chat qui picole

En dehors de quelques réalisations connues pour leur côté cheap faisant les beaux jours des amateurs de zèderies fauchées et autres nanars réjouissants, à grands coups de Turkish Wars et autres, le cinéma turc de genre reste encore assez méconnu en France. À l'heure où l'accès au cinéma mondial est facilité par les moyens techniques, et où chaque culture cinématographique ou presque a droit à son coup de projecteur, la Turquie reste un peu le parent pauvre de cette mondialisation culturelle : en dehors du cinéma d'auteur (parfois récompensé à l'international, Palme d'Or pour Yilmaz Güney en 1982), le cinéma populaire du pays au croissant est encore méconnu dans nos contrées. Bad Cat, du duo Mehmet Kurtulus et Ayse Ünal, passe par le chemin détourné du film d'animation pour changer la donne.

Inspiré de la BD turque Kotu Kedi Serafettin de Bülent Üstün, Bad Cat met en scène Shero, une version trash et quelque peu dégénérée de Garfield, renvoyant plus à Fritz the Cat (Ralph Bakhshi) qu'aux Entrechats, malgré quelques looks ressemblants. L'adaptation de cette BD culte dans son pays propose des traits plus arrondis et des couleurs plus chatoyantes, allégeant par ce biais l'aspect particulièrement craspec de l'original. Premier projet de long de ses deux réalisateurs, Bad Cat réunit une équipe assez réduite pour un résultat qui, malgré une animation parfois manquant un peu de détails, sera loin de rougir par rapport aux géants du genre. On n'en appréciera que plus le ton provocateur et sans réelles limites de ce film qui se retrouve à faire la nique aux colossales productions américaines du genre, aux tons souvent bien plus policés. Car même si Bad Cat n'est pas à mettre sous tous les yeux et à faire entendre à toutes les oreilles, le côté souvent outré des situations potentiellement les plus trashs, ainsi que la morale au final somme toute sauve - sans pour autant être mièvre, qualité supplémentaire s'il en était besoin - font du film un quelque chose d'un peu décalé qu'on ne sera pas obligé de réserver à un public adulte. En dehors de quelques répliques qui restent probablement trop cul pour le jeune public, l'ensemble reste souvent globalement plutôt potache : l'ado moyen adorant ce qui est horrible...

 

à bon chat, bon rat... et bonne mouette


Et c'est probablement cet aspect un peu trash mais pas trop qui rend Bad Cat si fréquentable pour son public cible (grands ados et jeunes adultes) : on s'amuse volontiers dès séquences « too much », on se régale des designs du rat et de la mouette compagnons de Shero, on apprécie le parti pris de faire que les animaux du film, s'ils parlent parfaitement entre eux, sont aussi capables de converser avec les humains, donnant lieu à quelques running gags plaisants, et certainement clins d'œil plaisants pour les lecteurs de la BD. Et, au final, on fait bon gré mal gré fi d'un scénario un peu faiblard, avec certains effets un peu répétitifs (les multiples résurrections de l'ennemi du film), qui trouve son apothéose dans une scène de casse absolument déjantée, le tout accompagné de bastons barrées plutôt bien mises en images, et s'achevant sur la scène de sexe la plus épique que le cinéma ait jamais présentée.

Frais et juste ce qu'il faut d'insolent, de belle facture technique et délicieusement irrévérencieux, propose un bel exemple d'animation visuellement mainstream et au final à réserver à un public tout de même un poil averti.

Dimitri Pawlowski














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