LA COLLINE A DES YEUX
The Hills Have Eyes - Etats-Unis - 1977
Image de « La Colline a des yeux »
Genre : Horreur
Réalisateur : Wes Craven
Musique : Don Peake
Durée : 89 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 23 novembre 2016
Film : note
Jaquette de « La Colline a des yeux »
portoflio
LE PITCH
Originaire de l’Ohio, la famille Carter traverse les États-Unis en caravane pour se rendre à Los Angeles. Le père souhaite faire un détour par le désert du Nevada pour visiter une mine d’argent, sans savoir que celle-ci se situe au niveau d’une zone d’essai de l’aviation américaine. Les Carter sont bientôt victimes d’un accident et doivent se séparer pour aller chercher du secours. Mais ce qu’ils ignorent, c’est qu’une étrange famille de cannibales est en train de les ...
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Partie de campagne

Malgré un remake particulièrement réussi signé Alexandre Aja, La Colline a des yeux n'a pas été oublié. Ressortie évènement pour un incontournable du cinéma d'horreur moderne, avec une copie 4K digne de son 40ème anniversaire. Mais que l'on se rassure, malgré la restauration, le film est toujours aussi crade.

En 1977, Wes Craven est encore bien loin d'être l'une des icones du genre, et le fier papa de Freddy Krueger ou de la licence Scream... En l'occurrence il ferait presque parti des réalisateurs blacklistés, hanté d'une certaine façon par l'aura sulfureuse qui entoure La Dernière maison sur la gauche, aujourd'hui un classique, à l'époque un film d'exploitation que beaucoup confondent avec le snuff movie. Une situation peu évidente, surtout pour un réalisateur qui craint fortement de se faire enfermer dans l'horreur (et la suite lui montrera qu'il avait raison), mais qui finira par abdiquer après avoir signé le porno The Fireworks Woman. On est donc loin du retour en grande pompe, même si le jeune artisan profite pour ce second (vrai ?) long métrage d'un budget double par rapport à son premier essai et d'une équipe technique bien plus pro, sortie de l'écurie Corman. Mais les deux films sont clairement des frères de sang, cultivant une même confrontation sadique et lucide à la civilisation américaine. Grand affrontement barbare entre deux familles du nouveau continent, La Colline à des yeux se bâtit sur une frontière extrêmement ténue entre la folie dégénérée et consanguine de la tribue cachée dans le désert, et l'illustration presque caricaturale de la bonne éducation républicaine de l'empire triomphant.

 

oeil pour oeil


Les rejetons de Jupiter (tous avec des noms de titans) sont effectivement des abrutis hirsutes, déformés (Michael Berryman, l'icône sans maquillage), véritables hommes des cavernes revenus à un cannibalisme de survivants, mais les Carter n'en sont jamais bien loin, enfermés dans un même patriarcat, riant à une anecdote peu ragoutante, et retombant rapidement dans une violence en miroir. Une absence de regard moral, de parti pris émotionnel, qui donne naissance à un film profondément malsain, à la lisière de l'étude ethnologique, du documentaire animalier en milieu hostile. La question n'est finalement pas de savoir qui va survivre, mais qui des deux familles le mérite le plus, laquelle est la plus soudée. Et si bien entendu au final les figures de la beauferie middle class américaine en sortent vivant (pour certains), ils n'en sortent pas grandis, loin de là.

Wes Craven, par contre, finit de s'imposer clairement comme l'un des petits maitres de l'époque, plongeant le spectateur dans un survival primitif sous tension, souvent assourdissant (bruits stridents, plans rapides), dont la réalisation sèche et le grain de pellicule ne font que creuser le malaise. Des sensations massives et viscérales, en particulier dans une incroyable séquence d'intrusion dans la sacro-sainte caravane : lieu exigüe, caméra frénétique et enfermée, hystérie totale des victimes et démence absolue des assaillants. Une prouesse centrale qui atteind là le niveau de son modèle avoué, Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, avec lequel La Colline a des yeux souffre forcément un peu la comparaison.

Nathanaël Bouton-Drouard








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