SWISS ARMY MAN
Etats-Unis - 2016
Image de « Swiss Army Man »
Réalisateur : DANIELS
Durée : 95 minutes
Distributeur : inconnu
Film : note
Jaquette de « Swiss Army Man »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Hank est seul sur une île déserte. Probable rescapé d’une quelconque catastrophe maritime ou aérienne, il est à bout de force et à deux doigts du suicide. Jusqu’à l’arrivée d’un corps sur le rivage. Il reprend espoir : bientôt, il ne sera plus seul. Sauf que le corps est apparemment celui d’un homme mort. En commençant à le manipuler, Hank va s’apercevoir qu’il possède quelques particularités intéressantes qui pourraient peut être bien l’aider à rejoindre la civil...
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Même pas mort

Les films vraiment surprenants se font rares. Alors quand, il y a quelques mois, entre deux franchises et/ou blockbusters, un trailer montrait Paul Dano à califourchon sur Daniel Radcliffe qui le propulsait à l'aide de ses pets, forcément, il y avait de quoi être curieux.

Signé DANIELS, pseudonyme cachant en fait un duo formé par Dan Kwan et Daniel Scheinert (dont c'est le premier film), Swiss Army Man est, de prime abord, un délire totalement absurde. Une sorte de comédie macabre poussée à son paroxysme, et utilisant les ressorts les plus primaires pour susciter l'hilarité du spectateur. Pets, érections virulentes, sécrétions de toute sorte... Rien ne nous est épargné au fur et à mesure que Hank découvre cette espèce de mort « multifonctions », tour à tour fontaine à eau, canon à air comprimé ou encore hors-bord de fortune propulsé par ses flatulences qui finit même par parler et avoir un prénom (Manny). Comme un enfant, Hank ne s'étonne de rien, ne cherche jamais la cause, et profite à fond des conséquences, le « mort » ne devenant, peu à peu, qu'un compagnon de jeu. Des scènes totalement surréalistes (qui rappellent parfois Gondry) où Paul Dano (Looper, Prisoners) et Daniel Radcliffe (qui, depuis Horns et le toujours inédit Imperium, continue de s'éloigner encore un peu plus des bancs de Poudlard) sont réellement impressionnants ; Le premier passe du naufragé désespéré au gamin émerveillé avec un naturel désarmant, tandis que le second réussit avec brio (et une bonne dose de folie) à incarner un personnage-objet dont la personnalité s'ouvre telle une fleur, sourire à l'appui, au fur et à mesure que les deux amis se rapprochent de la civilisation. Et c'est là que la farce nonsensique s'efface au profit de la réflexion.

 

Why so serious ?


Car à l'instant même où les deux compères posent enfin le pied près d'habitations, le film se calme et prend un nouveau tournant. On apprend alors que Hank n'est pas tout à fait celui qui nous a été présenté, que son statut de naufragé est à prendre au figuré et que Manny ne serait en fait qu'une sorte de concept visant à nous faire prendre conscience du rejet de l'Humain, dans ce qu'il a de plus organique, au profit d'une société matérialiste et du chacun pour soi. Pourquoi pas. Mais de spectacle jouissif de sales gosses décomplexés, le film passe bien trop vite à celui de critique acerbe, ce qui le déséquilibre totalement. D'autant qu'on sent dans l'écriture de cette seconde partie un manque flagrant d'amusement de la part des deux auteurs et une facilité dans sa résolution. Peut être aurait-il donc mieux valu continuer à laisser libre court aux délires les plus farfelus dans un jusqu'auboutisme assumé plutôt que d'inscrire le film dans une réflexion un peu factice. Mais le film aurait-il, dans ce cas, concourut au prestigieux festival de Sundance (où il rafla d'ailleurs le Prix de la mise en scène) ?

Cela dit, qu'on approuve ou pas, il restera toujours le fait d'avoir vu deux des acteurs les plus talentueux de leur génération dans des situations inédites, et se dire que les deux hurluberlus à l'origine du projet sont à suivre.

Laurent Valentin






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