SEULS
France - 2017
Image de « Seuls »
Genre : Fantastique
Réalisateur : David Moreau
Musique : Raphael Hamburger
Durée : 90 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 8 février 2017
Film : note
Jaquette de « Seuls »
portoflio
LE PITCH
Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu'aujourd'hui, il n'y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l'unique survivante d'une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seul...
Partagez sur :
seuls au monde

BD au succès critique et public, Seuls de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, se devait bien de franchir le cap de l'adaptation cinématographique. Oeuvre ambitieuse, il aura tout de même fallu attendre plus de 10 ans pour que l'idée se concrétise, devant la caméra de David Moreau, revenant au cinéma fantastique (souvenez vous de Ils) après une courte incursion par la comédie familiale plutôt réussie (20 ans d'écart). Deux genres qu'il mélange justement ici, avec un certain succès.

Si le chemin vers les écrans de ciné fut long pour l'une des BD préférées du jeune lectorat français, c'est que la volonté de respecter la plume de Fabien Vehlmann (également l'auteur actuel de Spirou et Fantasio) et le crayon de Bruno Gazzotti (à quand une adaptation de Soda ?) fut le mot d'ordre planant cette adaptation. Là où tout le monde, en dehors d'Alain Chabat, s'est planté depuis quelques années, n'arrivant même pas à transposer des concepts pourtant simples, préférant sombrer dans une facilité et une fainéantise créative des plus abrutissante (Benoît Brisefer, Boule et Bill), David Moreau aborde sa réalisation sans jamais la prendre de haut, ni son sujet, ni le public/lectorat. Sans se retrouver enchainer non plus à une trame narrative figée par la dizaine d'albums déjà sortis, Moreau s'approprie l'univers des bédéistes, ajuste son histoire suivant ses envies et les obligations cinématographiques (les personnages sont plus âgés que dans les livres) requises par les compromis et un budget d'une telle envergure (6 millions d'euros, ce qui n'est pas rien pour un film de genre en France, même si l'on reste éloigné des prod Europacorp). Loin de trahir le propos créé par Vehlmann, David Moreau remet même aux goûts du jour une histoire commencée il y a dix ans, de par le contexte social et culturel dans lesquels évoluent des ados d'une grande ville en 2016. Des petits ajouts qui permettent de faire gagner plus rapidement en profondeur des personnages d'ayant pas plusieurs tomes devant eux pour évoluer et remporter l'adhésion du public, qu'il soit novice en la matière ou bien adepte de la bande dessinée d'origine. Un détail qui a toute son importance, le film ne s'adressant jamais à des spectateurs déjà acquis, ne jouant jamais dans le registre de l'auto référence et de la complaisance créative où tous les autres exemples précités se sont lamentablement vautrés.

 

city on fire


Porté par un cast dont ne ressort aucune tête d'affiche et parfaitement dirigé, le spectateur est immédiatement plongé dans cette histoire pleine de suspens. Moreau le sait très bien. Si l'on se retrouve face à une bande de gamins têtes à claques, ne sachant pas jouer, impossible de se concentrer sur l'histoire, ni d'avoir la moindre empathie pour ces gosses abandonnés. Un piège rarement évité dans les productions tournées en français. Il en va de même pour la caractérisation de chacun d'entre eux. Tous issus de milieux différents, chaque enfant est un archétype (le gosse de milliardaire, le gamin sympathique, le pseudo criminel...) mais ne devient jamais un cliché. C'est une force de la BD de Vehlmann que l'on retrouve parfaitement à l'écran. Seuls parle à tout le monde. Sans jamais tomber non plus comme le fait régulièrement Besson dans un marketing «racaillo-cool», Seuls reste un spectacle familial mais surtout un vrai film fantastique. Si l'on compte les scènes d'action et de bravoure sur les doigts d'une seule main, Moreau insuffle une vrai vision fantastique de par des références culturelles communes, un univers urbain des plus crédibles et un humour faisant mouche, sans pour autant désamorcer les scènes les plus tendues.

Parfaitement construit de bout en bout, le défaut majeur apparait finalement dans les derniers instants du métrage. Si en soit, de l'autre côté de l'atlantique, terminer un film par un cliffhanger est monnaie courante, c'est un pari risqué que prend ici David Moreau. En cas de sortie ratée et d'abandon du tournage d'une suite, c'est vers les BD que les spectateurs devront se tourner pour avoir le fin mot de l'histoire et enfin entrer dans la partie grandiose de l'histoire.

François Rey
















Partagez sur :

 

Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009-2019