A CURE FOR LIFE
A Cure for Wellness - Etats-Unis / Allemagne - 2016
Image de « A Cure for Life »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Gore Verbinski
Musique : Benjamin Wallfisch
Durée : 146 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 15 février 2017
Film : note
Jaquette de « A Cure for Life »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Lockhart, jeune cadre ambitieux, est lancé sur la trace de son patron disparu dans un mystérieux centre de bien-être en Suisse.Pris au piège de l’Institut et de son énigmatique corps médical, il découvre peu à peu la sinistre nature des soins proposés aux patients. Alors qu’on lui diagnostique le même mal qui habite l’ensemble des pensionnaires, Lockhart n’a plus d’autres choix que de se soumettre à l’étrange traitement délivré par le centre…la Cure.
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Sombres reflets

Après, entre autres et dans le désordre, un film dédié aux plus jeunes (La Souris), le remake d'un classique japonais (Le Cercle), trois films dédiés à une franchise Disney (Pirates des Caraïbes), un western post-moderne (Lone Ranger) et même un film d'animation (l'excellent Rango), Gore Verbinski revient une fois de plus avec un projet différent. Et qui, au vu des premières images, s'annonçait bigrement excitant.

Première constatation : A Cure for Life est esthétiquement magnifique. Cadrages millimétrés, photo, couleurs savamment choisies, l'univers visuel du film explose littéralement dès les premières images. Et loin d'être artificielle, cette volonté est en plus continuellement liée aux personnages et à leur psychologie. Ainsi, le héros, incarné par Dane DeHaan (Chronicle, Amazing Spider-Man), est très souvent accompagné d'effets miroir qui mettent en exergue son narcissisme et son égoïsme et en même temps insistent sur son incapacité à quitter l'institut, comme s'il était enfermé dans une sorte de palais des glaces le ramenant indéfiniment à lui-même. Le personnage de Mia Goth (Everest), lui, se veut pur et virginal et, à l'occasion d'une scène sur les toits du vieux château sur lequel a été bâti cet établissement, offre au film des images d'une beauté réellement à couper le souffle et une bouffée d'air frais pour son héros semblant incapable de quitter l'endroit. Quant au personnage de Volmer, médecin et directeur des lieux, incarné par Jason Isaacs (l'inoubliable Lucius Malfoy des Harry Potter), sa personnalité étrange et ses accointances qu'on devine avec l'indicible sont accompagnés de plans dérangeants qui sous-tendent une sensation tant d'être épié que mortifère (le fisheye dans l'œil de l'animal empaillé).
Un travail d'orfèvre, donc, qui réussit à plonger le spectateur corps et âme dans ce cauchemar éveillé que vit son héros ; un roller coaster perturbant mais jouissif, qui nous ramène aux meilleures heures du cinéma d'épouvante, entre appréhension d'être surpris en permanence par l'innommable et envie de découvrir la clé du mystère. Et c'est sur ce dernier point, malheureusement, que le film se plante presque totalement.

 

demon in a bottle


Car au bout d'une bonne heure (certes très réussie) commence à émerger, lentement mais sûrement, l'idée que, à l'instar de son héros, le film nous perd peut être dans les méandres d'un labyrinthe auquel lui-même n'a pas prévu d'issue. Une sensation qui prend racine surtout dans les différents thèmes et éléments qui finissent par devenir trop nombreux, se superposant et s'entrecroisant, pour mieux nous égarer.
Il y a d'abord ce mystère autour de l'eau, sensé soigner les patients de l'établissement et qui vient d'un aquifère situé sous l'institut. Institut lui-même construit sur les ruines d'un château ayant péri, deux cents ans auparavant, dans un incendie ; les patients eux même, vieux et diminués, qui ne s'inquiètent pas de ne jamais quitter les lieux ; le personnel, très nombreux, constitué de jeunes femmes et hommes à la posture rigide, presque mécanique, souriant toutes dents dehors et en toute circonstance ; ce mystérieux breuvage, contenu dans de petites fioles bleues ; les sons inquiétants venant des entrailles du lieu... Les questions s'amoncellent et finissent par nous perdre totalement. Même chose pour ces principaux thèmes : la nature qui s'oppose aux tours de verre et à l'univers matérialiste de la ville, la vieillesse des patients qui s'oppose à la jeunesse du héros et cette obsession autour des dents, symbole de bonne santé et statut social (qui nous donne droit à une scène plutôt pénible à vivre).
Autant de thèmes qui s'enchevêtrent mais ne débouchent finalement sur rien... ou pas grand-chose. D'autant que les nombreuses influences, prégnantes tout au long du métrage, se rappellent constamment à la mémoire du fan d'univers fantastiques, qu'elles soient d'origine cinématographiques, télévisuelles ou littéraires. Ce héros coincé dans un lieu qu'il ne peut quitter ramène au célèbre N°6 du Prisonnier, son état psychologique (voire psychiatrique) à celui de Shutter Island. L'institut cachant un danger probablement séculaire fait immanquablement penser à Lovecraft tandis que certains choix esthétiques (les caissons et l'antre souterrain) peut rappeler l'univers rétro-futuriste de la franchise vidéoludique Bioshock.

Autant d'influences esquissées mais jamais développées, qui augmentent le côté déceptif de l'ouvrage jusqu'à une ultime scène dont l'énooooooorme ellipse sonne comme l'aveu des auteurs de ne pouvoir conclure décemment les multiples intrigues et mystères proposés par le scénario. Sur ce point, le film se hisse directement sur le podium des grosses déceptions de l'année.

Laurent Valentin














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