AVENGERS: INFINITY WAR
Etats-Unis - 2018
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LE PITCH
Les Avengers et leurs alliés devront être prêts à tout sacrifier pour neutraliser le redoutable Thanos avant que son attaque éclair ne conduise à la destruction complète de l’univers.
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Vers l'infinity War et au-delà

Dix ans que Marvel et Disney prirent le pari complètement fou, au point de ne pas être suivis par leur distinguée concurrence, de créer une méga franchise répartie sur plusieurs films et plusieurs personnages. Dix ans à essuyer les critiques et les pseudo responsabilités prophétiques de fin du Cinema pendant qu'ils mettaient en place un divertissement comme jamais personne ne l'avait proposé, évacuant rapidement le qualificatif de « hype » que les teneurs de postures leurs avaient collé bien vite. Dix ans après Iron Man de Jon Favreau, qu'en est il de cet Avengers: Infinity War, première partie de la conclusion de cette première déferlante ?

Autant être claire, tout n'est pas beau sous le soleil qui se lève tous les jours sur la Terre 616, ou du moins des adaptations des aventures des héros y foulant le sol. Les nombreux détracteurs de Marvel ont régulièrement raison. Si le reproche du manque de prise de risques n'est pas toujours vrai (embaucher Robert Downey Jr à une époque ou il est encore le paria d'Hollywood en était un sérieux) il est cependant devenu le révélateur d'un certain manque d'audace. Oui, les films Marvel ont eu leur lot de divertissements mauvais et fainéants (les deux premiers Thor, Iron Man 2) mais ils ont aussi proposé de très bonnes surprises (les Captain America, Avengers, Les Gardiens de la Galaxie). Autant de films différents que le spectateurs aura du digérer avant de pouvoir apprécier le résultat de dix années au cours desquelles Kevin Feige aura certes effacé les personnalités (les départs d'Edgar Wright et de Josh Whedon) au profit d'un formatage provoquant souvent l'overdose, mais aura permis de garder une cohésion incroyable sur pas moins de 19 films. Quand on voit la catastrophe produite chez Warner en une poignée de métrages, il y a de quoi féliciter une telle constance, tout en rêvant à ce qu'un peu d'audace dans la réalisation aurait pu apporter.

 

titanesque


Arrivés dans la famille avec Captain America: Le Soldat de l'Hiver, les frères Russo héritent de la réalisation de ce troisième Avengers après le départ de Whedon et décident de le couper en deux parties. Quand on sait que le créateur de Buffy est l'homme idéal pour gérer les groupes et faire ressortir les spécificités de chaque personnage sans étouffer ses voisins, il était logique de craindre le pire quant à la capacité des deux frères à organiser cette orgie d'égaux et de personnalités, surtout après un Captain America: Civil War qui avait partiellement échoué dans l'exercice. Première surprise donc de cet Infinity War. Ayant appris des erreurs du passé, Joe et Anthony Russo gèrent leurs Vengeurs d'une main de maitre, reléguant au second plan les personnages censés l'être (Falcon, War Machine) ou ne pouvant libérer leur puissance destructrice sous peine de vampiriser le film à la façon de Luke dans Le Réveil de la Force (Banner). Pour le reste, la division de l'action sous quatre unités de lieu permet à chacun d'avoir son espace de jeu.
Sans renouveler la formule Marvel (concours de b... et d'égaux entre deux protagonistes, blagues et destruction massive finale), les Russo créent pourtant la première véritable cassure. En l'espace d'une scène, les deux frères réhabilitent un personnage du passé et cassent les archétypes simplistes de « héros » et « méchants ». Thanos devient dès lors un antagoniste titanesque, laissant à son interprète Josh Brolin le loisir de camper l'un des plus grands « méchants » de toutes les adaptations de comics au cinéma, aux côtés du Pinguin de Batman le défi et de Doc Octopus de Spider-man 2. Il éclipse même, de par ses enjeux et sa présence, l'ensemble des combattants terriens lui étant opposés et devient LA réussite des frères Russo, les adoubant d'une véritable légitimité à reprendre le flambeau arraché des mains de Whedon.

 

guerres galactiques


Maitrisant leur scénario de bout en bout, on reprochera aux Russo de ne pas être de grands réalisateurs, chaque scène rappelant que malgré le déferlement de critiques non justifiées, Star Wars: Les Derniers Jedi avait le mérite d'être une prouesse formelle grâce à tout le talent déployé par Rian Johnson. C'est bien ce qui manque ici, même si les deux frères tiennent bon la barre de leur Blockbuster. Après avoir fait résonner des notes nostalgiques dans Ready Player One, Alan Silvestri rempile et frôle le sans faute. C'est une toute autre histoire pour les équipes des SFX, accumulant de nombreux fonds verts mal incrustés et certains effets loupés. Bien entendu nous sommes loin de la catastrophe Justice League, mais pour une production de cette ampleur et qui possède un budget colossal, l'indulgence est difficilement permise.

Le Gant de l'infini de Jim Starlin et George Pérez reste l'un des grands récits Marvel. Bien que le scénario mis en scène par les frères Russo en diffère, il est intéressant de noter qu'à l'heure du rachat de la Fox par Disney et l'arrivée des mutants dans le MCU, cette histoire pourrait être la conclusion du cycle des dix premières années mais également l'introduction des dix suivantes. Car pour respecter l'adage du « bigger, better, louder », il y a fort à parier que Kevin Feige emmène ses troupes dans une gigantesque croisade cosmique. Il y a peut être trop d'adaptation de comics au cinéma, mais cette perspective reste pourtant des plus plaisantes !

François Rey














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