LES INDESTRUCTIBLES 2
Incredibles 2 - Etats-Unis - 2018
Image de « Les Indestructibles 2 »
Réalisateur : Brad Bird
Musique : Michael Giacchino
Durée : 118 minutes
Distributeur : Walt Disney Pictures
Date de sortie : 4 juillet 2018
Film : note
Jaquette de « Les Indestructibles 2 »
portoflio
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LE PITCH
Alors que la famille Parr vient encore de sauver la ville d’une gigantesque menace, Elastigirl est recrutée pour un mystérieux programme dont le but secret est de réhabiliter les super héros. Pour ce faire, elle a besoin de l’aide inconditionnelle de Monsieur Indestructible qui, du coup, devient père au foyer.
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Fantastic Parr

14 ans après, Brad Bird remet le couvert et donne enfin une suite à l'un des films les plus réussis de l'écurie Pixar. Alors, énième suite du studio trahissant un manque flagrant d'originalité (et un besoin de retour sur investissement certain depuis le rachat par la souris) ou bien nouveau coup de maître d'un génie de l'animation ? La réponse est dans la question.

Cette suite commence très exactement là où Les Indestructibles se concluait. Soit avec l'assaut du Démolisseur, un vilain venant des profondeurs de la terre et qui menace la ville à l'aide d'une foreuse géante avec laquelle il compte bien dévaliser la banque centrale. S'en suit une bataille homérique entre lui et la famille Parr, à base de destruction massive, de course contre la montre et d'identité secrète dévoilée par mégarde. Autant dire qu'en moins de dix minutes, le talent d'écriture de Brad Bird explose comme une évidence : au sein d'une scène d'action virevoltante aux enjeux d'importance, les Parr restent une famille avec ce qu'elle comporte de faiblesse et d'humanité. En d'autres termes, en une seule scène, Bird met la pilule à dix ans de marvelerie et livre encore une fois la seule et unique adaptation valable des Quatre Fantastiques, renforcée par la présence du Démolisseur, qui rappelle très fortement l'Homme Taupe, tout premier vilain à s'être frotté aux quatuors dans Fantastic Four #1 datant de novembre 1961. Coincidence ? No way !

 

Elastigirl power


Le calme revenu, les évènements du premier film sont alors rappelés brièvement. Soit le fait que les super héros n'ont désormais plus d'existence légale (et ce n'est pas la destruction d'une partie de la ville en un seul combat qui va arranger leur affaire) et doivent continuer à se fondre dans la masse, aider en cela par le gouvernement. C'est à ce moment précis qu'un mystérieux commanditaire propose à Elastigirl quelques missions dont le but est de redorer le blason des héros en collants.
Un idée simple calquée sur celle du premier film (où c'est Monsieur Indestructible qui s'en payait une bonne tranche) et qui donne l'impression que le réalisateur surfe sur la vague féministe actuelle (alors que la suite est logique et était déjà largement sous-entendu dans le film précédent) en plaçant Bob Parr et sa carrure impressionnante en père au foyer frustré et très rapidement dépassé par les évènements ; pas facile de gérer une ado revancharde et un bébé aux pouvoirs aussi erratiques que terrifiants ! (le seul bémol étant du côté du personnage de Flèche, malheureusement un peu oublié par rapport à ses frère et sœur).

 

Zombillennials


C'est durant l'une de ses missions qu'Elastigirl est alors confronté au dangereux Hypnotiseur. Un vilain énigmatique qui communique d'abord par écran interposé, avant d'apparaître masqué, voix déformée, par l'intermédiaire des médias. Capable de contrôler les esprits via n'importe quel écran, l'Hypnotiseur (Screenslaver en vo) est évidemment le moyen pour Brad Bird de cibler l'un des plus gros problèmes de cette génération dite des Millennials : une trop forte dépendance aux écrans voire une absence de réflexion face au flot d'informations (souvent totalement inutiles) qu'ils doivent ingurgiter. Une sorte de génération de zombies cousins des mangeurs de cerveaux de George Romero.
Un vilain particulièrement intéressant par son ambiguïté et carrément inédit dans un film d'animation de ce calibre. Mais Bird ne s'arrête pas là. Il le rend littéralement insaisissable, le met au centre d'une des scènes les plus réussies (et violentes !) vue chez Pixar (les parents doivent être prévenus : vos chères têtes blondes vont sursauter!) jusqu'à un combat final où la famille Parr et son indéfectible unité (malgré un nombre incalculable de soucis au quotidien) va une nouvelle fois l'emporter.

Porté par la plume de son créateur et la partition d'un Michael Giacchino en très grande forme, Les Indestructibles 2 est donc bien la suite que tous les fans du premier opus espéraient. Ca et bien plus encore. Un spectacle qui s'affranchit des (soi-disant) limites du genre animé, ose explorer, questionner et surprendre ses jeunes spectateurs. Un spectacle aux ambitions quasi démesurées face au tout-venant qui sort chaque semaine sur les écrans. Un spectacle 100 % Pixar en somme.

Laurent Valentin
















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