BOHEMIAN RHAPSODY
Etats-Unis - 2018
Image de « Bohemian Rhapsody »
Réalisateur : Bryan Singer
Musique : Queen
Durée : 134 minutes
Distributeur : 20th Century Fox
Date de sortie : 31 octobre 2018
Film : note
Jaquette de « Bohemian Rhapsody »
portoflio
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LE PITCH
De sa naissance artistique en 1970 à Londres au mythique Live Aid de 1985, 15 ans de la vie et du destin extraordinaire de Freddie Mercury et du groupe Queen.
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Keep Yourself Alive

8 ans. Il aura fallu huit longues années pour que le film consacré à l'une des plus grandes icônes rock de tous les temps voit enfin le jour. Huit années durant lesquelles le comédien pressenti pour incarner Freddie Mercury changea à tout bout de champ (Sacha Baron Cohen, Ben Whishaw, Dominic Cooper, Daniel Radcliffe même!), la production fut chaotique et même le tournage sacrément mouvementé, avec un Bryan Singer souvent absent du plateau et des prises de tête récurrentes avec l'acteur principal, Rami Malek. Une production pas très loin du development hell donc, et à l'issue de laquelle le film sort enfin sur les écrans, faisant craindre le pire quant au résultat final.

L'introduction du film joue la carte du flashforward et montre un Freddie Mercury de dos, toussant, amaigri et fatigué, se préparant à sa prestation au gigantesque concert Live Aid de Londres en 1985. Flashback. 15 ans auparavant, la future rock star n'est encore que Farrokh Bulsara, jeune londonien originaire de Zanzibar. Il travaille comme bagagiste à l'aéroport d'Eathrow, suit des études artistiques et, surtout, est très attiré par la musique et compose déjà des mélodies (dont le futur Bohemian Rhapsody). C'est lors d'une soirée qu'il découvre le groupe Smile, déjà composé de deux des futurs membres de Queen (Roger Taylor et Brian May). Après une rapide présentation qui lui vaut quelques quolibets en rapport avec ses origines et sa mâchoire proéminente (complexe qui le suivra toute sa vie) sa présence scénique et sa voix majestueuse, qui écrase tout sur son passage, l'imposent comme un chanteur d'exception à l'avenir prometteur. Et, effectivement, trois ans et un bassiste (John Deacon) plus tard, le premier contrat avec le géant EMI est enfin signé. C'est à partir de là que la carrière du groupe Queen, nouveau nom trouvé par le chanteur, nouvellement baptisé Freddie Mercury, s'envole pour ne presque plus jamais atterrir. Parallèlement, il tombe amoureux de Mary Austin, jeune vendeuse de vêtements avec qui il failli presque se marier avant de lui avouer sa bisexualité et sa plus grande attirance pour les hommes.

 

the show must go on


Difficile, en 2h15, de résumer la vie, réellement pleine de rebondissements, d'un homme au demeurant simple qui deviendra une monstrueuse diva à la vie privée tumultueuse. D'autant que Bryan Singer, il fallait s'en douter, semble autant intéressé par le processus de création de chefs d'œuvre comme Bohemian Rhapsody, Another One Bites the Dust ou encore We Will Rock You qu'à la vie amoureuse du chanteur, dont l'orientation sexuelle et les frasques lors de grandes orgies costumées firent les beaux jours des tabloïds de l'époque. Oubliés donc, Ibex et Sour Milk Sea, les premiers groupes du chanteur ; mis de côté le fait qu'il était ami avec Tim Staffell, première voix de Smile, grâce à qui il fit connaissance avec Roger Taylor et Brian May. Sur la création du groupe, le scénario du film va à l'essentiel, pour mieux développer son personnage principal et sa vie privée et toujours avec la plus grande linéarité, sans originalité formelle ou même narrative et même quelques facilités. Et c'est là qu'intervient le plus grand atout du biopic : Rami Malek, réellement impressionnant dans le rôle de Mercury, qui donne tour à tour une puissance de caractère et une sensibilité à fleur de peau d'un homme qu'on devine, malgré les apparences, extrêmement faillible et fragile. Réussis aussi les trois autres membres du groupe, notamment Ben Hardy (Angel dans X-Men: Apocalypse), qui pour le coup réussissent à exister un tant soit peu face à un tel personnage (mais on imagine aisément que les vrais membres du groupe, dont deux d'entre eux sont producteurs, n'y sont pas pour rien). Et puis, bien sûr, la musique de Queen, qui rythme logiquement le film de sa première à sa dernière image, et lui donne une pêche d'enfer très communicative qui donne littéralement envie de se lever de son siège.

Sans magie, sans folie et sans une seule once d'un début de commencement de toute la majesté artistique de Freddie Mercury, le film de Bryan Singer réussit quand même à accumuler des points et à gagner presque miraculeusement à la fin du temps réglementaire. On pourrait disserter pendant des heures des raisons qui l'ont fait accepter un tel projet pour lui donner si peu d'implications, faire le parallèle avec sa propre orientation sexuelle, sa mise en cause dans une affaire de viol... Au lieu de ça, mieux vaut profiter à fond d'un film qui permettra aux fans de revivre un peu de la vie de leur idole, en mimant sa gestuelle unique, le headbang prêt à partir, les doigts fébriles sur la air guitar. Rock'n roll baby !

Laurent Valentin








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