DJINNS
France - 2010
Image de « Djinns »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Hugues Martin, Sandra Martin
Musique : Siegfried Canto
Durée : 100 minutes
Distributeur : SND
Date de sortie : 11 août 2010
Film : note
Jaquette de « Djinns »
portoflio
LE PITCH
Algérie, 1960. Une section de paras français est envoyée à la recherche d'un avion disparu dans le désert algérien. L'épave de l'avion est rapidement localisée, mais il n'y a aucun survivant, juste une mallette estampillée "secret défense". Prise d'assaut par des soldats ennemis, la troupe trouve refuge dans une étrange citadelle abandonnée. Malgré les mises en garde de la Gardienne des lieux, ils réveillent les Djinns, les esprits maléfiques du désert...
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Des démons et des hommes

Une nouvelle tentative de fantastique francophone en salles, voilà quelque chose que l'on n'espérait plus depuis les chiffres désastreux de La Horde en février dernier. Des chiffres qui, sans grande surprise, auront poussé la pourtant puissante SND (filiale de M6 profitant depuis deux ans des chiffres pharaoniques de Twilight) à sacrifier Djinns dans l'œuf, ne lui réservant qu'un parc de 27 copies France. Visant formellement un peu plus haut que le tout venant du genre, le film méritait mieux.

 

Armés d'un budget raisonnable pour une production de type « French Frayeur », mais restant bien en-deça de celui d'un homologue anglophone lambda,  le couple Hugues et Sandra Martin ne manque pas d'ambitions. Spectacle généreux, Djinns déploie tout au long de la projection un indéniable sens de l'image accrocheuse, du plan qui imprime durablement la rétine. Un rêve apocalyptique emprunté à Terminator 2 (preuve de goût), le crash nocturne d'un avion dans les dunes algériennes, l'apparition d'une meute de scorpions belliqueux... Alternant divertissement guerrier et sursauts horrifiques, le film se permet également quelques réels moments de terreur, notamment la première apparition d'un démon en plein désert, murmurant, quasi-invisible, quelque incantation à l'oreille d'un malheureux fantassin. Une séquence quasi-hallucinatoire, à l'angoisse sourde, à laquelle ne répondra hélas aucune exposition réellement convaincante de la mythologie des Djinns. D'où une demi-heure en dents de scie, piégée à la fois dans un statisme géographique inexpliqué et une succession de morts assez mécaniques, un comble compte tenu du soin apporté à la caractérisation dans les deux premiers actes.

 

Sur les traces de Fuller

 

A l'évidence, partagé entre des envies potentiellement complémentaires, mais perturbées par des considérations qui leur échappent (le budget, la distribution, le marketing et tout le toutim), les Martin font le choix, plus ou moins consciemment, de sacrifier rapidement leurs monstres éponymes au profit d'un film de soldats pur et dur, renvoyant dans l'esprit aux bandes burnées mais humanistes de Samuel Fuller. La référence est luxueuse, mais les réalisateurs s'en montrent souvent à la hauteur, ce qui augure du meilleur pour leur prochain essai, une fresque guerrière totalement débarrassée de tout argument fantastique. Reste que les coupes imposées ici et là (15 minutes en tout, parmi lesquelles toute une intrigue concernant les personnages de Said Tagmahoui et des soldats algériens), les maladresses du script (une scène d'explication centrale est clairement de trop) et le talent variable du casting (une bonne note, tout de même, à Emmanuel Bonami et Aurélien Wiik) contribuent à casser encore davantage l'homogénéité du projet. Film inabouti mais plaisant, truffé de frustrations et de promesses, Djinns peut au moins se targuer de ne pas vouloir léser son public, et d'essayer de faire du vrai cinéma. Ce qui, ces derniers temps, est tout de même très rare à l'échelle hexagonale...

Alexandre Poncet

 

 

 

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