RENCONTRE AVEC J.A. BAYONA, RéALISATEUR DE QUELQUES MINUTES APRèS MINUIT
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Parmi les géants


Le temps d'une brève masterclass parisienne, Juan Antonia Bayona nous a livré quelques secrets de fabrication de son magnifique Quelques Minutes Après Minuit. On est tout ouïe.

Comme dans vos deux précédents films, L'Orphelinat et The Impossible, Quelques Minutes après Minuit traite principalement de l'enfance. Pourquoi ce choix ?

L'univers de l'enfance m'intéresse particulièrement. C'est comme une métaphore, un moyen de narrer des histoires en quête de vérité. Les enfants ont un regard très singulier et j'aime les films qui racontent quelque chose de leur point de vue. Les traces sont très profondes. Je me souviens avoir été impressionné par E.T. de Spielberg ou La Peau Douce de Truffaut. Deux œuvres qui vous impactent émotionnellement. J'aime quand les enfants se comportent comme des adultes, et inversement. Dans Quelques Minutes après Minuit, la mère de Conor ne lui dit pas la vérité sur sa maladie et ça lui fait plus de mal que de bien. Dans un sens, elle est moins plus adulte que lui.

 

Le film bénéficie d'un traitement visuel très particulier, avec ce mélange de réalisme et d'animation...
Les passages animés s'inspirent directement du roman graphique de Patrick Ness. Ils agissent comme un fil conducteur et permettent de pendre de la distance avec la dureté des thèmes abordés. Il s'agit d'un conte et l'imagination du spectateur est sans cesse sollicitée. D'où l'utilisation de la peinture, de l'aquarelle et des illustrations créées par Patrick Ness. Le dessin, les coups de crayon deviennent des armes pour affronter l'avenir, surmonter les épreuves et trouver sa place dans le monde.

 

Qu'en est-il du choix du jeune acteur principal ?
Lewis MacDougall est incroyable, très différent des autres. Il s'est vraiment détaché du lot. Lors des essais, il a été le seul à ne pas vouloir pleurer. Il a transformé sa peine en une sorte de rage, comme une négation de l'émotion. Cette rudesse collait parfaitement au personnage. Elle reflétait sa colère, son incapacité à exprimer pleinement son ressenti. On en revient encore à l'enfance. Dans mon film, il n'y a rien qu'un enfant n'ait jamais vécu. Durant les premières années de l'existence, les sentiments sont souvent exacerbés. On éprouve souvent une profonde solitude, de la fureur, de la culpabilité... Quelques Minutes après Minuit permet de mieux saisir ces émotions intenses que les enfants ressentent au quotidien.

 

Pouvez-nous parler des rôles tenus par Liam Neeson et Sigourney Weaver ?
Le monstre s'inspire d'une légende irlandaise : « l'homme vert », hérité d'un vieux conte celtique. Le personnage se devait d'être à la fois puissant et charismatique. Liam Neeson s'est imposé naturellement. Concernant la grand-mère de Conor, il fallait qu'elle ait de la carrure, qu'elle exprime une certaine prestance. Sa carapace est coriace, mais en-dessous se cache une vulnérabilité à fleur de peau. Sigourney incarne magnifiquement cette ambivalence.

 

Vous êtes annoncé à la réalisation de Jurassic World 2. A-t-on le droit d'en savoir un peu plus ?
Je ne peux pas trop en dire sur le sujet. Tout est top-secret et j'ai interdiction formelle de quitter le bureau avec le scénario sous le bras (rires). Mais je suis vraiment honoré. Lorsque Steven Spielberg vous demande de vous atteler à un tel projet, on peut difficilement refuser. Jurassic World 2 reste avant tout son bébé et je vais en prendre soin de la meilleure façon possible. J'espère apporter une touche un peu plus sombre, plus axée sur l'horreur comme dans le premier Jurassic Park. Et j'en suis ravi (rires).

Gabriel Repettati




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