ANASTASIA
Etats-Unis - 1997
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Anastasia »
Réalisateur : Don Bluth, Gary Goldman
Musique : David Newman
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais...
Durée : 94 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 13 avril 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Anastasia »
portoflio
LE PITCH
Lorsque l’ombre de la révolution envahit la Russie, Anastasia, la plus jeune enfant de la famille royale, parvient à s’échapper au péril de sa vie. Des années plus tard, elle rencontre Dimitri, un sympathique escroc. Poursuivie à son insu par l’infâme, Raspoutine et Bartok, sa délirante chauve-souris, Anastasia part pour un extraordinaire voyage qui l’emmènera de St Petersbourg à Paris.
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Loin du froid de décembre

1997, alors que les productions Disney tentent désespérément de rattraper un public de plus en plus distancié avec le délirant Hercule, le tout jeune Fox Animation Studio revient aux fondamentaux en plongeant dans l'histoire pour donner corps à sa propre « princesse » qui fait rêver les petites filles.  

 

Il est amusant de noter que lorsque Walt Disney produisit son premier long-métrage d'animation, il alla piocher le jeu scénique et pictural du côté des codes du cinéma muet. Bien des années plus tard, lorsque la 20th Century Fox créa son propre studio d'animation avec le projet Anastasia, l'influence majeure fut celle des grands classiques romantiques des années 50, en particulier dans l'utilisation des ombres et la mise en scène des séquences chantées rappelant les comédies musicales de Gene Kelly et Vicente Minelli. Comme si le dessin animé se devait constamment de s'emparer des grilles de lecture d'autrefois pour être parfaitement lisible. L'exercice est d'autant plus étonnant dans le cas d'Anastasia que les réalisateurs aux commandes sont Don Bluth et Gary Goldman, deux artisans reconnus pour avoir quitté le studio Disney au début des années 1980, lassés par son immobilisme. Car si visuellement le long-métrage porte définitivement la patte des créateurs de Brisby et le secret de NIMH, Fievel et le nouveau monde ou Charlie, le contenu lui rappelle clairement les romances féeriques des princesses de la concurrence. S'inspirant des mystères qui entourent le massacre de la famille Romanov et la disparition de la petite dernière (Anastasia, donc), qui symbolisa l'heure de gloire de la révolution russe, la trame historique est méchamment malmenée d'un bout à l'autre du récit, les auteurs préférant donner à l'oeuvre des atours plus charmeurs, voire carrément magiques.

 

"Russia's greatest love machine"


Cette liberté n'excuse pas forcément la propension du film à donner le beau rôle à l'ancien grand empire tout en soulignant la décadence communiste, mais réussit cependant à donner une tonalité étrange à ce long-métrage qui aurait pu au final être tourné avec de vrais acteurs. Une donnée que l'on retrouve justement dans le travail d'animation, entièrement calqué sur le jeu d'acteurs spécialisés et les performances vocales de quelques stars (Meg Ryan parfaite, Angela Lansbury idéale), qui donnent au film une interprétation à échelle humaine, et une finition des plus réalistes. Et c'est justement là le principal atout d'Anastasia (outre les yeux de chat de la demoiselle) : le contraste provoqué avec l'apparition du merveilleux et d'un méchant des plus expansifs. Le magicien Raspoutine, prisonnier des enfers, affiche ainsi un design moins propret que la moyenne et opte clairement pour une hystérie quasi-constante (merci à l'extraordinaire Christopher « Doc » Lloyd), passant de la pose inquiétante au pathétique larmoyant alors que son corps se décompose à chaque mouvement brusque.  Un personnage délicieusement too much compensé par la petite chauve-souris Bartok, sidekick carrément gonflé par la folie des grandeurs de son maître. Imparfait, facile et un peu trop « Disney » pour être honnête, Anastasia est bien loin des chefs-d'œuvre du duo Bluth / Goldman, mais repose sur un grand savoir-faire et finalement fait naître une magie qui lui est propre.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Après un Brisby calamiteux, FPE se rattrape avec Anastasia (plus récent, cela dit) en lui offrant une copie entièrement réétalonnée. Finies les couleurs qui bavent du collector DVD, la précision est ici implacable. Le meilleur moyen de découvrir enfin le travail exceptionnel apporté aux décors, ainsi que la richesse des ambiances et des jeux d'ombres. Loin des appâts trop fréquents dans l'animation traditionnelle moderne, Anastasia travaille sa profondeur et se permet des couleurs vives et pleines, ainsi que des noirs impeccables. De la HD en grande forme qui fait cependant apparaître quelques petits défauts informatiques de l'époque (léger effet d'escalier sur quelques images), qui n'entament que superficiellement la poésie de l'ensemble.

 

Son :
Une fois encore l'éditeur délaisse quelque peu les spectateurs francophiles en ne leur fournissant qu'une piste DTS 5.1, plus qu'honnête, mais pas forcément des plus soutenues. Le doublage local, un poil austère, atténue l'ouverture globale, mais la dynamique est cependant agréable. Largement plus riche, la version originale et son casting incroyable profite quant à elle d'un DTS-HD Master Audio 5.1 des plus amples et enveloppants. Que ce soit le son cristallin apporté aux différentes chansons, au « naturel » des ambiances ou à la puissance demandée au caisson de basses, le tout offre un spectacle total.

 

Interactivité :
Depuis sa première sortie en vidéo, la Fox a toujours soigné son « premier » film d'animation en lui apportant des coffrets luxueux ou en produisant une poignée de bonus à l'attention de tous. Pour concocter cette édition Blu-ray, il leur suffisait donc de se baisser pour ramasser le classique making of promotionnel, mais aussi un vrai documentaire largement plus complet retraçant toutes les étapes de confection, ainsi que des chansons en karaoké et quelques jeux interactifs. Plus étonnant, le long cours de dessin présenté par Don Bluth en personne permet de voir l'artiste au travail, mais aussi de donner quelques conseils aux plus jeunes. Sympa, mais le bonus le plus intéressant reste clairement le commentaire audio réunissant les deux réalisateurs. Jamais totalement satisfaits de leur long-métrage, tous deux évoquent de nombreux souvenirs mais reviennent régulièrement sur quelques défauts et les points qui auraient pu être améliorés. Un document humble et souvent pertinent. Enfin à l'instar de l'édition « Princesse » sortie en 2006, Anastasia est une nouvelle fois accompagné par le long-métrage Bartok le magnifique. Ce Direct-to-Video tourné deux ans après Anastasia met la petite chauve-souris en avant, dans une aventure à l'esprit cartoon mais un peu fauchée (quelques images de synthèse et scènes assez réussies cependant), dont le manque d'imagination est assez étonnant de la part de Bluth et Goldman.

 

Liste des bonus : Bartok Le Magnifique (67'), Commentaire audio des réalisateurs, Les chansons préférées d'Anastasia (16'), Dessinez vos personnages préférés (29'), Making of (45'), Le voyage magique (22'), Clips musicaux et karaokés, 2 jeux interactifs, Bandes-annonces, copie DVD

 
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