HELLBOY 2 LES LéGIONS D'OR MAUDITES
Hellboy 2 The Golden Army - Etats-Unis - 2008
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Guillermo Del Toro
Musique : Danny Elfman
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais en DTS-HD Master Audio 7.1, français en DTS
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 115 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 29 avril 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Après qu'une ancienne trêve établie entre le genre humain et le royaume invisible des créatures fantastiques ait été rompue, l'Enfer sur Terre est prêt à émerger. Un chef impitoyable qui règne sur le royaume d'en-dessous, renie ses origines et réveille une menace sans précédent : une armée de créatures que personne ne peut arrêter. Maintenant, il est temps pour le super héros le plus indestructible et le plus cornu de la planète de combattre un dictateur sans pitié et ses lég...
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The Dream Master

Après le triomphe critique du Labyrinthe de Pan, et sa reconnaissance artistique auprès des instances les plus hautes de l'industrie cinématographique internationale, Guillermo Del Toro aurait pu prendre la grosse tête, et rediriger sa carrière vers des oeuvres exclusivement intimes, au sens snobinard du terme.

C'eût été mal connaître cet artiste effronté et furieusement génial, prompt à mettre une fois sur deux son foisonnement visionnaire (il faut voir le carnet dans lequel il note ses idées au fur et à mesure qu'elles lui viennent ; et on l'a vu !) au service d'un spectacle d'entertainement en apparences tout ce qu'il y a de plus direct. Faisant suite à Blade II et Hellboy, déjà joliment frappadingues dans le registre du blockbuster à destination des cinéphiles les plus nerds, Les Légions d'or maudites poursuit la croisade populaire de Guillermo Del Toro, sans pour autant trahir ce qui fait la savoureuse particularité de son cinéma. Ainsi, non seulement le film déclare-t-il constamment sa flamme au Septième Art dans sa forme la plus ouvertement graphique, mais en plus Del Toro s'y paie le luxe de développer des obsessions toutes personnelles.

Bigger than life

D'un point de vue strictement formel, Hellboy II dépasse les rêves mouillés les plus fous des spectateurs qu'il cible en priorité. C'est bien simple, le cinéma fantastique n'a presque jamais accouché d'un spectacle comparable, si l'on excepte les exceptions dues à Sam Raimi (la trilogie Spider-Man) et surtout Peter Jackson (la trilogie du Seigneur des Anneaux, King Kong). Le fossé par rapport au premier Hellboy, déjà particulièrement généreux à l'écran, est ici titanesque, Del Toro et son équipe ayant purement et simplement recréé un monde de toute pièce (même les environnements urbains ont été réalisés grâce à des décors grandeur nature), et l'ayant peuplé d'un peuple de freaks comme on n'en avait pas vu depuis... La Guerre des Etoiles, en 1977. Avec une gourmandise intarissable, Del Toro enchaîne donc les morceaux de bravoure les plus improbables : une bataille rangée entre deux armées de marionnettes, un combat effréné entre le B.P.R.D. et des nuées de fées voraces, l'apparition en plein centre-ville d'un Dieu forestier haut de vingt mètres, sans compter un affrontement final contre l'Armée d'or et leur maître qui s'impose comme un classique instantané. Incroyable, devant un pareil déluge d'images inoubliables (et pour beaucoup réalisées en live, fait rarissime ces temps-ci), de lire dans les livres officiels que Del Toro a dû revoir sa copie en fonction d'un budget bien inférieur à ses ambitions...

L'imagination en couleurs

Virtuose dans sa mise en image (l'équilibre du montage, la pertinence des échelles de plan, la grâce du mouvement et la puissance des chorégraphie flirtent avec l'inédit), Del Toro n'use pas moins de Hellboy II comme d'un vecteur thématique extrêmement dense. Empruntant certains leitmotivs graphiques à ses oeuvres précédentes (notamment les engrenages et mécanismes divers, traduisant ici la fuite inexorable du temps, et donc la prochaine disparition du peuple elfique), le métrage traduit en filigrane, avec une mélancolie et une poésie spendides, la lente et inéluctable défaite de l'imaginaire dans la société contemporaine. S'il s'attarde évidemment sur la question de la différence dans un monde tendant à l'uniformisation des coutumes et des pensées, et se réclame par conséquent d'influences aussi variées que l'animation japonaise, la peinture italienne, la littérature médiévale anglosaxonne, les légendes arabes et les comics américains, l'auteur braque ses projecteurs sur le rêve, plus précisément son besoin de rêve. Libre à chacun de préférer les vannes terre-à-terre, l'idéologie militariste et la vulgarité d'un Transformers ; de notre côté, au rayon du divertissement populaire, nous avons définitivement choisi notre camp.

Alexandre Poncet








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Image :
La photographie de Guillermo Navarro ne pouvait pas trouver meilleur support que ce Blu-Ray. Tout est ici flamboyant, la richesse de détail est époustouflante (c'est particulièrement notable lorsque Del Toro se met à scruter les surfaces sculptées de ses costumes, décors et accessoires), les couleurs (en particulier les mélanges d'ocres et de bleus profonds) sont vibrantes comme jamais... Le résultat, au-delà de la prouesse graphique et artistique, est un disque de démo idéal pour le support Blu-Ray.

Son :
La piste anglaise (très largement supérieure au doublage français en terme de dynamique et de naturel, mais est-ce vraiment une surprise ?) bénéficie d'un DTS HD Master Audio hautement percutant. La séquence de l'Elemental dans le centre-ville va clairement faire des ravages dans votre salon, et risque de vous fâcher durablement avec votre voisinage. Au-delà de la pureté cristaline du son et de la spatialisation optimale, le mixage sait mettre en avant l'excellent score de Danny Elfman sans dévorer le reste (les dialogues sont toujours audibles). En un mot comme en cent : impeccable. 

Interactivité :
Tandis que la guerre entre le HD-DVD et le Blu-Ray faisait rage, les éditeurs peinaient à communiquer efficacement autour des nouvelles possibilités éditoriales offertes par les nouveaux supports. Maintenant que le format de Sony a remporté la course, le gouffre entre l'interactivité des DVD et des Blu-Ray devrait enfin titiller le client, bien que les jolis packaging soient encore réservés au format vieillissant (quid de la reproduction du carnet de notes de Del Toro et de la figurine du héros en Blu-Ray ?!). Quoiqu'il en soit, Hellboy 2 est un bon exemple d'expérimentation éditoriale. Bien sûr, l'édition reprend en second disque l'intégralité des bonus disponibles en DVD. En premier lieu un making of titanesque de 2h36 qui couvre l'ensemble la production depuis les premières réunions de design (sans meubles ni chaises !) jusqu'à la conception des effets numériques, en passant par la réalisation d'un bestiaire animatronique époustouflant et le tournage des séquences d'action, pour la plupart grâce à des cascades live. Dans ce chaudron d'informations et d'images de coulisses croustillantes, on retiendra surtout l'omniprésence de Del Toro, capable d'énoncer dès sa première rencontre avec son staff artistique TOUTES les idées visuelles fortes du métrage (un peu à la manière de Steven Spielberg sur Jurassic Park ; cf. les réunions de pré-production incluses dans l'édition collector), et n'hésitant pas à prendre la place du coiffeur, du maquilleur ou du sculpteur lorsqu'un détail vient à l'obséder. Ne cherchez pas non plus de réalisateur de seconde équipe, Del Toro étant présent lors du tournage de tous les morceaux de bravoure. On retiendra d'ailleurs le tournage du combat entre Hellboy et les Légions d'or, chorégraphie improvisée directement sur le plateau, sur les instructions de Del Toro. Une preuve supplémentaire que le film appartient organiquement à son réalisateur se trouve en premier disque, dans un bonus réservé à l'édition Blu-Ray. Aux côtés de séquences de tournage (en HD s'il vous plaît) accessibles à la manière d'un Follow the White Rabbit et de décompositions de scènes à effets visuels (quatre angles affichables en plein écran !), le module U-Control propose d'explorer le carnet de dessins de Del Toro, le cinéaste commentant lui-même ses recherches et ses influences. Un complément idéal aux deux (!) commentaires audio, l'un enregistré par le metteur en scène, l'autre par les acteurs. Il faudrait être fou pour ne pas y trouver son compte...

Liste des bonus : 
2 commentaires audio, 4 options U-Control, Making of (2h36), Galeries d'images, Visite du Marché aux Trolls par Guillermo Del Toro, Scènes coupées, Archives promo, Bêtisier 

 

 

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