SCREAM 4
Etats-Unis - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Scream 4 »
Genre : Horreur
Réalisateur : Wes Craven
Musique : Marco Beltrami
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français en DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 5 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Scream 4 »
portoflio
site officiel
LE PITCH
10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sidney Prescott est parvenue à tourner la page mais c’est tout de même avec appréhension qu’elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman. Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu’avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer…
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C'était mieux avant ?

Wes Craven avait juré, il y a treize ans, qu'on ne l'y reprendrait plus. Suite à des années de vaches maigres, le Dieu Dollar aura été trop fort, au point de convaincre le cinéaste de replonger dans la broyeuse Weinstein après le désastre de Cursed. Vous rêviez de voir sur grand écran le vrai Scream 4 ? Rêvez encore.

 

Le retour de Kevin Williamson à la franchise avait de quoi rassurer, après un troisième épisode calamiteux orchestré par Ehren Kruger. En fin de préproduction, Scream 4 prend pourtant l'eau, alors même que son existence ne peut se légitimer que par une entente parfaite en coulisses, et un vrai regard réfléchi sur les dix dernières années du genre. Réécrit à coups de mémos des Weinstein par Kruger (ironie), au point que Williamson ne décide de le retirer de sa filmographie officielle (il apparaît toujours au générique, syndicat oblige), le long-métrage souffre également d'imprévus de tournage assez caustiques, la moitié de son cast ne pouvant vraisemblablement plus se voir en peinture (en l'occurrence David Arquette et Courtney Cox, fraîchement divorcés). A l'écran, les cicatrices (pour ne pas dire plaies béantes) sont bien visibles, qu'il s'agisse du traitement totalement insensé du fameux couple de héros, à la dynamique jadis passionnante (Dewey, qui n'a pas évolué en dépit de sa promotion, paraît encore plus benêt que dans le premier film ; Cox joue les garces arrivistes et vieillissantes derrière ses lèvres botoxées ; les deux disparaissent en cours de route sans raison valable), des situations horrifiques (d'un banal à se pendre) ou encore du discours attendu sur les dernières évolutions du cinéma horrifique. C'est paradoxalement sur ces deux derniers aspects que Scream 4 frise le scandale.

 

joli nombril

 

Scream, premier du nom, prenait comme référence absolue le premier Halloween, et Craven se posait en humble héritier, dans le cadre du slasher, de Sa Majesté John Carpenter. Cette confrontation entre les deux cinéastes, rivaux de longue date, s'opérait de manière irrésistiblement ludique (voir ce dernier acte monté en parallèle avec le climax d'Halloween, musique de Carpenter à l'appui), tandis que bouillonnaient les idées d'écriture (la retransmission retardataire des caméras de surveillance, la révélation de l'identité « du » tueur). Idées décuplées dans le second opus : la partie de cache-cache dans le campus, la voiture, le studio d'enregistrement, la danse... Toutes des scènes d'anthologie, qui servaient le Slasher au premier degré sans pour autant interdire à Craven de discourir sur le genre, en particulier sa régulière instrumentalisation médiatique (les motivations de l'assassin valent encore aujourd'hui leur pesant d'or).  Dans Scream 4, la référence n'est autre que Scream, premier du nom. Point d'humilité ici : s'évertuant à filmer nineties (halos photographique à l'appui) et à explorer des décors inchangés depuis le premier chapitre de la saga (seuls les téléphones portables temporalisent l'intrigue), le réalisateur des Griffes de la nuit joue ici ouvertement au vieux con, se permettant de dénoncer la récente stérilité d'un cinéma d'épouvante devenu trop référentiel (c'est dans le dialogue... mais la faute à qui, bon sang ?!), sans pour autant avoir le courage de proposer au public une véritable expérience d'horreur pure. Un slasher en somme, dépourvu des clins-d'oeil de la concurrence, apte à mettre en place son suspense sur la longueur (à la manière de... Halloween) et, surtout, à humaniser ses victimes.

 

don't fuck with the real original

 

Rien de tout cela dans Scream 4, méta-séquelle se mordant la queue dès l'ouverture (le film dans le film dans le film, pourquoi pas, mais quand le « monde réel » sonne plus faux que sa « version filmée », cela peut poser problème), et s'amusant à cataloguer les codes horrifiques les plus récents (caméra subjective, malédiction façon Destination Finale, Torture-Porn à la Saw) sans pour autant arriver à la cheville de la moindre de ses cibles (oui, même Saw). Paresseux (tourner une scène de parking comme celle-là après Jusqu'en Enfer, il faut tout de même oser), Craven enfonce le clou en se vautrant dans un discours dangereusement réac, attaquant sauvagement l'adolescence contemporaine sur des arguments pourtant datés d'Andy Wharol (les fameuses quinze minutes de célébrité), au point que l'on en vienne à penser que sa jeune distribution, anti-charismatique au possible si l'on excepte la pétillante Hayden Panettiere, fut consciemment sabordée pour mettre en valeur les teens d'antan. Les raccourcis assez dérangeants véhiculés par le cinéaste, visiblement aigri et revanchard, culminent dans sa vision des remakes, dont les plus récents exemples se voient listés en une unique réplique comme un pet dans le vent, la relecture d'œuvres passées étant clairement décrite comme une hérésie en soi. Il serait facile de citer The Thing et La Mouche en implacables contre-exemples ; on préférera avancer que La Colline a des yeux version Aja écrase en quelques images son illustre modèle, et rappeler qu'en plus de ce dernier, Craven a eu le cynisme de produire sa suite directe, deux Dracula de sinistre mémoire et une révision assez trash de La Dernière Maison sur la gauche. « Don't fuck with the original », lancera Sidney Prescott en guise d'ultime punchline lors de l'absurde dénouement de Scream 4. L'originale en question, c'était Jamie Lee Curtis. Pas Neve Campbell...

Alexandre Poncet

AUTRE AVIS :

4/6

Il est évident qu'à force de vouloir paraître trop roublard et de raviver constamment la mémoire de la première trilogie, Wes Craven s'attire les foudres du cinéphile. Mais passée la déception attendue (le 3ème était déjà bourré de défauts), bien obligé de reconnaître que Scream 4 reste un slasher sympathique, drôle, et parfois pas si con dans sa consternation devant certains traits de l'horreur moderne. Divertissant à défaut de marquer le genre.

Nathanaël Bouton-Drouard

 











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Image :
Elles sont bel et bien loin les copies catastrophiques disponibles en DVD français. Scream 4 rappelle en quelques secondes le talent du directeur photo Peter Demming (Mulholland Drive), qui nous offre ici une image particulièrement fluide et chaude. Les couleurs sont retranscrites avec une précision exemplaire, appuyant sur les contrastes sans saturer la palette de couleurs. Immuables malgré les changements d'ambiances, les noirs sont pleins et la profondeur de champ joliment construite. Avec une précision pointilliste et son aspect velouté, la copie HD de Scream 4 est un vrai régal.

 

Son :
A peu de choses près la piste anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 rend tout aussi fébrile. La dynamique est particulièrement soutenue, les coups de couteau frappent parfaitement entre les omoplates et le caisson de basses sait faire sursauter sans jouer les tanks. Finalement le mixage se montre étonnemment sensible dans sa mise en place des ambiances, son repositionnement des dialogues (toujours clairs et naturels), mais sous-estime un peu la bande-originale de Marco Beltrami, parfois trop en retrait. Un menu défauts qui n'entame en rien le spectacle. Spectacle tout aussi soigné d'ailleurs en version française.

 

Interactivité :
La saga Scream n'a pas franchement été gâtée dans ses différentes éditions (on attend toujours en France les deux longs documentaires sur la franchise) et Scream 4 ne va pas forcément relever la barre très haut. Certes Wes Craven, Hayden Panettiere et Emma Roberts viennent enregistrer un commentaire audio (en dehors de la participation téléphonique de Neve Campbell, où sont passés les vétérans ?), mais ce dernier n'est pas franchement des plus pointilleux. Quelques anecdotes de-ci de-là, une ou deux réflexions sur l'aspect remake / suite, mais sans être déplaisante, l'écoute est rapidement dispensable. Tout autant que le making of d'ailleurs, en fait une featurette de 10 minutes blindée de propos élogieux et de camaraderie éhontée. D'ailleurs, on a beau essayer de nous faire croire dans le bêtiser que l'ambiance était au beau fixe, ce segment sent le rire forcée à maintes reprises. Reste enfin la bonne plâtrée de séquences coupées dont une introduction alternative (plutôt amusante) et une fin légèrement plus pathos. Les petites scories du montage mettent souvent l'accent sur quelques liens privilégiés entre certains personnages, une reprise de certains plans du 1er beaucoup plus appuyée, mais ne change pas vraiment la donne.

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : Commentaires audio, Scènes coupées (26'), Making of (10'), Bande annonce

 
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