HALLOWEEN – LA NUIT DES MASQUES
Halloween - Etats-Unis - 1978
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : John Carpenter
Musique : John Carpenter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 91 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa
Date de sortie : 26 octobre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Halloween – La Nuit des masques »
portoflio
LE PITCH
Il y a 15 ans, dans une petite ville des Etats-Unis, le soir d’Halloween, au cours de laquelle les enfants ont l’habitude de se déguiser, un petit garçon, Michael, épie sa sœur et son ami qui flirtent. Michael les suit et, armé d’un couteau de cuisine, assassine la jeune fille. Quinze ans plus tard, un psychiatre, le docteur Loomis qui étudie le cas du jeune meurtrier apprend que le criminel s’est échappé : il est revenu sur les lieux de son crime pour continuer son œuvre…
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Intouchable

Si le Black Christmas de Bob Clark et quelques giallo (comme La Baie sanglante de Mario Bava) ont ouvert la porte vers une nouvelle vision du cinéma d'horreur, c'est sans aucune comparaison possible Halloween qui a fait entrer le slasher dans son approche la plus populaire, et surtout imposé irréversiblement les codes qui vont le nourrir encore des décennies plus tard.

 

Pourtant, le projet ne naît au départ que d'une volonté de la part du producteur Mustapha Akkad d'écouler quelques dividendes faciles, embourbé qu'il est dans le tournage du Message, fresque historique sur la « mission » du prophète. Pour compenser, il imagine donc une simple histoire d'horreur : une baby-sitter est attaquée une nuit par un tueur sadique. Projet vite conçu comme un pur film d'exploitation, confié sur un coup de dés au jeune John Carpenter, qui vient à peine de faire ses preuves avec le bluffant Assaut. Voyant ici l'occasion de faire entrer durablement son nom dans l'industrie (parce que dans le genre mercantile, il se pose là, lui aussi), ce dernier ne demande que deux choses au nabab : d'une part, le director's cut, d'autre part, que son nom apparaisse au-dessus du titre... Ou comment avoir le nez creux car sous son impulsion créative, le petit film d'épouvante va rapidement devenir l'un des plus gros succès de l'histoire du genre, et initier une série lucrative et vivace (et malheureusement pour une bonne moitié pas franchement à la hauteur).

 

the first thing


Mais si le succès est au rendez-vous, Carpenter ne table pas ici, comme pour un opportuniste Vendredi 13 (qui malgré ses qualités n'est qu'une copie bourrine de ce premier pas) sur une surrenchère de nibards et des séquences gore. Il opte au contraire pour une certaine sophistication : gardant constamment en tête la construction et l'exigence du Psychose d'Alfred Hitchcock, quitte à lui offrir quelques clins d'œil marqués (ne serait-ce que le choix de l'actrice principale, fille de Janet Leigh), Carpenter distille ainsi pendant les deux tiers du métrage un suspens tout simplement insupportable, basé au final uniquement sur l'horreur réelle du seul et unique premier meurtre, le crime matriciel. Une ouverture en plan séquence profondément traumatique qui fait vivre au travers des yeux du tueur le meurtre, profondément sexuel, perpétré par le tout jeune Michael Myers sur sa malheureuse grande soeur. Pas plus haut que trois pommes, mais déjà au-delà de la démence, le regard vide comme happé par l'indicible, Myers glace les sangs. Cette accaparation, extrêmement naturelle finalement, de l'objet filmique conditionnera par la suite l'essence même du personnage. Inactif pendant toute la durée du jump-cut narratif de quinze ans, l'assassin revient dans son village natale affublé d'un masque anonyme (une version remaniée de celui du Capitaine Kirk), ne renvoyant ni caractère ni émotion, le personnage venant bientôt à habiter chaque ponctuation du film.

 

mister sandman

 

Apparaissant et disparaissant au gré des cadres, jouant avec le hors champ, s'insinuant dans les collages du montage et surtout faisant mentir l'utilisation de la musique (les compositions mathématiques et manipulatrices de Carpenter sont une merveille), Michael Myers, dit The Shape, est le cauchemar ultime, incarné et immortel. Le dispositif de Carpenter est tout simplement lumineux, aussi intelligent que d'une efficacité redoutable, et dépassant dès le premier essai tous les slashers qui s'en inspireront par la suite. C'est qu'au-delà de cette illustration du mal intouchable, impalpable (thème cher au cinéaste), le film remplit à la perfection son cahier des charges, amenant chaque meurtre avec une rigueur exemplaire, offrant une dernière demi-heure en forme d'exutoire cathartique mais n'oubliant jamais en route de donner corps (par opposition justement) à des personnages d'une fragilité, d'une futilité des plus humaines. Jamie Lee Curtis (victime virginale) ou Donald Pleasence (résurgence de la figure du chasseur de vampire) sont d'autant plus attachants, drôles, sympathiques et vivants qu'ils renvoient Myers à son image d'implacable machine de mort. En découle une vision presque mystique du slasher,  le talent de John Carpenter s'imposant avec force dans la précision chirurgicale de ses cadres, l'élégance de ses coupes, sa parfaite direction d'acteur, la démence progressive de sa musique faussement simpliste, et un respect inextinguible pour l'angoisse et la terreur, dans ce qu'elles ont de plus noble.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Jusque là peu aidé par des masters fatiguées ou au mieux bien trop enneigé, Halloween revient désormais en Blu-ray impose sa perfection picturale. On ne reviendra pas sur l'implacable travail de l'image, mais force est de constaté qu'il ne nous avait jamais paru aussi beau qu'aujourd'hui. Exit les teintes délavés des éditions françaises, la colorimétrie saturé des dernières moutures US (la fameuse édition Divimax), le classique indémodable revient sous sa forme virginale. La photographie affiche donc un naturel désarmant tout en s'appuyant sur un piqué solide, surprenant, tandis que les contrastes redessinent la géographie du métrage. Les nombreuses séquences nocturnes en ressortent grandies, les ténèbres envahissant l'écran renforçant la sensation de menace, mais sans jamais perdre un gramme de précision dans la profondeur de champ. Quelques petites traces viennent encore rappeler que le film n'est plus tout jeune, mais à moins d'être vraiment maniaque, seules les coiffures auraient pu mettre sur la piste. 

 

Son :
Remixer une piste mono d'origine et reconnu pour ses qualités sonores dans un 5.1 plus moderne peut s'avérer une expérience douteuse. Récemment les éditeurs sont en voie de nous faire croire le contraire. A l'instar du nouveau DTS HD Master Audio 5.1 anglais qui donne une amplitude savoureuse à un film que l'on pensait connaitre par cœur. Non pas que la spatialisation devient désormais le centre de toute les attentions (les effets a arrières sont rares et reste discrètement, mais joliment, intégrés), mais c'est la limpidité et l'efficacité de la restitution qui séduit dès le lancement des premières notes synthétiques du thème principal. A coté, la version française, pas franchement du même tonneau, souffre toujours d'approximations de traduction (avec la longue explication de la fête d'halloween en ouverture et le fameux « Michel ») et d'un son plus distant.

 

Interactivité :
En France, Halloween change de crémerie, mais au final ne change absolument pas d'interactivité. FPE propose donc ici l'intégralité des suppléments présents dans le coffret 30ème anniversaire d'Opening sorti il y a quatre ans. C'est-à-dire une longue et complète retranscription de la Convention Halloween organisée pour le 25ème anniversaire (décidément). On y retrouve des interventions précises, amusées et décontractées des producteurs, acteurs, réalisateurs ayant participé de près ou de loin la saga. Avec la participation constante et dynamique des fans, cette longue succession de vidéos proprettes n'est finalement pas désagréable, même si en l'occurrence il y a d'énormes redites avec le documentaire 25 ans de terreur (dont certaines images proviennent directement de la même source). Alors que ces derniers temps les films rétrospectifs sur les sagas horrifiques (les Freddy, les Vendredi 13, les Psychose) pullulent sous la forme de productions passionnées mais bricolées, celui offert aux Halloween est une brillante réussite. Retraçant étape par étape la fabrication de chaque long-métrage jusqu'au minable Halloween Résurrection, le documentaire montre constamment une volonté de gratter sous le vernis pour faire découvrir quelques anecdotes plus croustillantes et surtout les vérités, pas toujours très flatteuses, derrière le lancement de chaque nouvel opus, de l'expérimental Halloween 3 (sans Michael Myers rappelons-le) en passant par les deux trames qui s'oublient l'une l'autre (d'un côté Halloween 4 à 6, de l'autre H20 et Résurrection) tout en annonçant à demi-mot les deux futurs remakes. On y croise donc tout logiquement Moustapha Akkad, John Carpenter, Rick Rosenthal, Alan Howarth, Danielle Harris mais aussi Clive Barker ou Rob Zombie. Si certaines absences se font largement sentir (Donald Pleasance malheureusement décédé, Jamie Lee Curtis qui a depuis longtemps pris de la distance), le film de Stephan Hutchinson est une superbe surprise pour les fans puisqu'il n'esquive jamais les questions qui fâchent, ni les éclairages nécessaires sur les mauvais choix opérés ou les opus sacrifiés.
Formidable tout ça, mais à force de vouloir embrasser la saga dans son ensemble, cette édition oublie clairement de s'arrêter sur l'œuvre essentielle, le Halloween original. Pas question de retrouver ici le commentaire audio indispensable réunissant le réalisateur, son actrice et la productrice Debra Hill, ni l'excellent making of « A cut above The Rest », tous deux disponibles sur l'édition Divimax d'Anchor Bay. Et histoire de pousser le vice encore plus loin, si FPE avait voulu être exhaustif, l'éditeur serait allé déterrer le montage télévisé du film plus long de 10 minutes et recadré en 1.33. Du coup les amateurs les plus extrêmes sont encore et toujours obligés de posséder sur leur étagère les trois éditions du même classique.

 

       Liste des bonus : « 25 ans de terreur » (83'), Convention Halloween - 25e anniversaire (114'), Galerie de photos, Bande-annonce

 

 
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