ALADIN ET LA LAMPE MERVEILLEUSE / LES FABULEUSES AVENTURES DU LéGENDAIRE B...
France - 1969 / 1977
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Image de « Aladin et la Lampe Merveilleuse / Les Fabuleuses aventures du légendaire Baron de Münchausen »
Genre : Animation, Conte
Réalisateur : Jean Image
Image : 1.33 4/3
Son : Français mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 140 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 7 décembre 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Aladin et la Lampe Merveilleuse : Depuis son laboratoire secret, le Magicien d’Afrique complote pour retrouver la lampe merveilleuse qui garantit un pouvoir absolu à quiconque la possède. Le Génie des Ténèbres l’informe que la lampe est cachée dans un pays lointain et que seule une main d’enfant peut s’emparer du trésor. Les Fabuleuses aventures du légendaire Baron de Münchausen : Connaissez-vous le Baron de Münchausen ? C’est un personnage étonnant, plus bavard qu’une p...
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Les fables et le conteur

Rares sont les réalisateurs d'animation à avoir réussi à se faire une place en France. Entre quelques personnalités comme Paul Grimault et René Laloux, Jean Image fait un peu figure d'artiste oublié, dont la filmographie, pourtant reconnue à son époque, ne profite même pas de rétrospective télévisée.

 

Pourtant, dès Jeannot L'intrépide (disponible chez les mêmes Carlotta) en 1950, il fait preuve d'une personnalité unique, usant de la naïveté chère à Disney, mais la combinant à une liberté narrative et un sens de l'absurde étonnant. Quelques années plus tard et après un passage à la télévision pour, entre autres, la création de Kiri Le Klown, il revenait au cinéma pour une relecture unique d'un Conte des mille et une nuits : Aladin. Si les grandes lignes sont reprises avec une certaine fidélité, il paraît évident que le cinéaste préfère largement s'attarder sur Le Magicien d'Afrique, méchant patibulaire aimant pousser la chansonnette entre deux invocations du seigneur du mal. Un personnage volontairement caricatural, haut en couleurs, qui conditionne du coup la certaine fadeur du jeune héros, et surtout un récit qui part gentiment en sucette dès que possible. Beaucoup de fantaisie, un peu de « gnangnantisme »... Cet Aladin et la lampe merveilleuse ne cache pas son âge, autant dans ses graphismes pas toujours très heureux (le héros en particulier) et son animation récalcitrante que dans certains dialogues qui fleurent bon l'accent franchouillard. Amusant c'est sûr, et conseillé pour les tout petits, le long-métrage reste un moment agréable, justement pour cette volonté de contraster avec l'école américaine et d'offrir au passage quelques tableaux colorés proches de l'orientalisme.

 

à dos de canon

 

Avec la distance d'aujourd'hui, le célèbre Les Fabuleuses aventures du légendaire Baron de Münchausen s'avère bien plus réussi. Non pas grâce à une technique d'animation finalement toujours aussi artisanale (cela ne fait pas si longtemps que ça qu'il existe des budgets pour ce genre de film), mais sans doute parce que l'esprit farfelu d'Image y trouve un terrain de jeu idéal. Fantasque déjà par ses origines littéraires, Münchausen devient ici un trublion vantard, drôle, aventureux, séduisant et flagorneur, et ses nombreuses péripéties lui font gagner un trésor fabuleux contre un maharadja adepte de la bouteille, compter fleurette à une jolie sirène ou combattre un royaume animal. Une galerie de personnages ubuesques, gentiment frappés qui finalement font presque sages à côté de la suite directe tournée quatre années plus tard et proposée ici en bonus : Le Secret des sélénites. Un cas d'école en l'occurrence puisque la tonalité globale n'a jamais autant déjoué la logique narrative, passant allégrement du coq à l'âne avec une vision délirante du voyage dans la lune inspirée de Méliès. Münchausen qui joue aux jeux olympiques avec des extraterrestres, aucun doute qu'un studio américain ne s'y serait jamais essayé. Si la fulgurance de certaines visions et l'humour détonnant de certaines situations ont forcément influencé Terry Gilliam pour sa propre adaptation, le film montre aussi un artiste en train de se débattre avec l'industrie. Obligé de plier son film à la structure d'une future diffusion en série TV (vivent les coupures au noir abruptes), l'objet est constamment vieilli par les musiques au synthétiseur de Shuki Levy (bien plus doué sur Les Mystérieuse Citée d'or), venu remplacé l'éloquent Michel Legrand dont la chanson titre martelle les séquences comme dans un ersatz de Goldorak. C'est comme ça que partent la plupart des petits artistes, sans bruit, dévorés par des plus costauds qu'eux. Jean Image nous quittera en 1989.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Carlotta ne fait pas de miracle, mais réussit à restaurer au mieux ces œuvres ressuscitées. Les couleurs nous parviennent un brin affadies par le temps, mais restent assez enjôleuses. Les contrastes bien marqués laissent apparaître une certaine richesse picturale et si un léger grain vient à chaque fois marquer la pellicule, il ne dénature en rien l'image, rappelant simplement ses origines modestes.

 

Son :
L'éditeur dispose ici uniquement des versions françaises d'origine (même si le master d'Aladin vient d'une copie américaine), avec son ton d'époque réjouissant et finalement une certaine clarté dans la restitution. Pour le coup il aurait été peut-être malin de proposer en sus des sous-titres anglais pour attirer les cinéphiles étrangers.

 

Interactivité :
Comme déjà évoqué dans l'article principal, Carlotta n'a pas hésité à compenser l'absence de making of et ou interview rétrospective, en offrant tout simplement sur chacun des deux DVDs un film inédit de Jean Image. Pour Les Fabuleuses aventures du légendaire Baron de Münchausen, c'est bien évidement sa suite, Le Secret des sélénites, tandis que pour Aladin c'est l'intégralité de la petite série animée Joe Chez les fourmis. Un récit adorable et tout mignon pas trop mal foutu mais clairement réservé aux plus jeunes.   

 

Liste des bonus : Joe chez les fourmis (82'), Le Secret des sélénites (72')

 
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