MIAMI VICE - DEUX FLICS à MIAMI
Miami Vice - Etats-Unis - 2006
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Miami Vice - Deux Flics à Miami »
Genre : Policier
Musique : Divers, John Murphy
Image : 2.35 4/3
Son : Anglais en DTS-HD 5.1, français DTS Surround 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 140 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 14 octobre 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Miami Vice - Deux Flics à Miami »
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LE PITCH
Miami, la nuit… La caméra suit deux agents des mœurs en mission dans un night club huppé. Sonny Crockett et Ricardo Tubbs sont pourtant obligés d’abandonner leur mission pour aller au secours d’un de leurs informateurs mis au service du FBI et décident d’infiltrer l’organisation responsable de sa mort afin de déterminer l’origine de la fuite.
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Sur le fil du rasoir

L'attente fut longue, mais à l'issue d'un tournage épique, Michael Mann nous livre enfin sur grand écran SA vision de la série qui a fait sa réputation de producteur. Et s'il apparaît coupé, amputé, disloqué, Miami Vice n'en est pas moins à la hauteur de nos attentes. Michael Mann nous livre en fait ici son long métrage le plus expérimental, tant au niveau de sa structure (un crescendo de plus de deux heures), de sa narration (un refus de tous les clichés attendus) que de sa forme (l'utilisation de la HD est ahurissante).

 

Comme à son habitude, Michael Mann s'intéresse principalement aux démons intérieurs de ses personnages. Des flics en marge de la loi du fait même de leur mission d'infiltration qui les amène à côtoyer ceux qu'ils sont sensés pourchasser, au risque de se lier d'amitié avec eux, pire, d'en tomber amoureux. Toujours entouré de conseillers techniques hors normes (policiers du FBI ou de la DEA spécialisés dans la formation d'agents infiltrés), il permet notamment à Colin Farrell de confirmer son statut de star mais aussi de faire étalage de son immense talent d'acteur. Ce n'est pas un hasard si ce dernier a tourné avec Steven Spielberg (Minority Report), Oliver Stone (Alexander, un classique en puissance et aisément le plus beau film de 2004) ou Terrence Malick (Le Nouveau Monde, seul film à pouvoir rivaliser avec Miami Vice au titre de meilleur film cette année pour l'instant). Ainsi, le personnage interprété par Jamie Foxx peut paraître un peu en retrait face à celui de Crockett dont la liaison avec Isabella (Gong Li dans son rôle le plus complexe qui, tour à tour, assombrit et illumine l'intrigue) occupe les deux derniers tiers du métrage. Tubbs n'est pas pour autant sacrifié car il représente une autre dimension de la personna du policier ; en couple avec Trudy (Naomie Harris), une autre représentante des forces de l'ordre, il est celui pour qui le danger n'est pas une fin en soi, mais un élément d'un travail auquel il croit plus que tout. Par ailleurs, la relations nouée en amont d'un film qui débute in medias res (aucun générique à l'horizon !) ne nécessite aucune explication, un simple regard suffisant aux deux coéquipiers pour se comprendre.

 

Vis-à-vis

 

Mann ne se contente pas d'installer face à face des hommes (Crockett/Tubbs ou le lieutenant Castillo et l'officier du FBI), des femmes ou des couples (Crockett/Isabella, Tubbs/Trudy). Miami Vice est à la fois la continuation et le nouveau départ de la série homonyme produite et diffusée de 1984 à 1989. On pourrait aisément mettre en vis-à-vis certains de ses meilleurs épisodes et ce long métrage, sorte de nouveau chapitre courant sur 130 minutes, au budget pharaonique (un million la minute !) et dont chaque cent est visible à l'écran.
A l'écran, justement, on retrouve les recherches de pionnier chères au réalisateur, qui avait déjà expérimenté avec chacune des dernières générations de caméra HD dans quelques séquences d'Ali (2001) et l'intégralité des scènes de nuits de Collatéral (2004). Miami Vice marque une nouvelle étape majeure dans l'évolution stylistique du cinéaste : la HD y est omniprésente et, contrairement à d'autres metteurs en scène, Mann a pleinement pris conscience de la différence entre le numérique et le classique procédé argentique. Inutile, par exemple, de traiter l'image HD pour la faire ressembler à celle de la pellicule. Grain, flous et rémanence donnent ainsi un résultat inédit et pour le moins prodigieux qui change totalement la manière de mettre en image et de cadrer. On retrouve bien sûr la « trademark » du metteur en scène qui alterne souvent larges plans d'ensemble décentrés et gros plans extrêmes, révélant les moindres détails des visages comme autant d'éléments architecturaux, mais on remarque surtout la nouveau jeu qui s'instaure entre les acteurs et le décors urbains, une relation permise par une profondeur de champs et une définition jamais vues sur grand écran. Si Miami Vice, la série, s'était imposée comme une révolution, Michael Mann utilisant pour la première fois à la télévision des procédés cinématographiques (conseillers, équipe technique lourde, pellicule et véritables directeurs de la photographie), Miami Vice, le film, en est une autre ; en donnant enfin à la HD ses lettres de noblesse, le film pourrait être une date aussi importante que celle de The Shining, où Stanley Kubrick nous faisait découvrir de la manière a plus intensive qui soit les joies de la Steadycam.

 

En attendant le Director's Cut

 

On espère bien sûr que Michael Mann, fidèle à ses habitudes, nous gratifie rapidement d'un director's cut. On sent que le film pourrait supporter facilement une demi-heure d'un matériel supplémentaire dont l'existence n'est pas à mettre en doute. De la course de hors-bord censée ouvrir le métrage à un épilogue raccourci de plusieurs minutes, nombreuses sont les scènes à pouvoir facilement s'intégrer dans ce film. Si Michael Mann devait se contenter de cette version, il y a beaucoup à parier que l'on retrouvera ces bobines rejetées dans quelques mois en suppléments d'un DVD d'ores et déjà attendu de pied ferme. Malgré ces absences, chaque séquence, chaque scène et chaque plan porte la marque du cinéaste. Sa vision d'ensemble donne à Miami Vice une unité, une cohérence et une homogénéité miraculeuse tant esthétique que narrative et structurelle (on notera au passage trois scènes d'une rare violence qui ponctuent chacun des trois actes du métrage, coupant au passage le souffle du spectateur le plus blasé).
Moins abouti que Heat sans doute, moins contemplatif que Collatéral, Miami Vice n'en dégage pourtant pas moins une aura, un venin particuliers qui le métamorphosent en polar rugueux, instable, à l'instar de ceux de Friedkin ou de Thief et Manhunter du même Michael Mann. Malgré - ou peut-être à cause de - ses faiblesses, ses silences, ils s'impose de fait comme LE film de cet été 2006, peut-être de l'année pour tous les cinéphiles.

Samuel Libine










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Image :

Tourné intégralement en numérique haute définition, grâce à la caméra Genesis de Panavision, Miami Vice ne souffre en toute logique d'aucun défaut de pellicule, ni d'aucune trace de bobine. Transféré directement depuis les données originelles, la copie s'avère 100% fidèle aux partis pris extrêmes et expérimentaux du cinéaste, lequel n'hésite pas à accentuer le grain lors de certaines séquences nocturnes, tout particulièrement en extérieur. S'évertuant à capter l'atmosphère si particulière de la nuit telle que la perçoit l'oeil humain, et non la pellicule classique, Mann livre ici quelques séquences visuellement hors du commun, d'une virée nocturne sur l'autoroute (les flammes bleutées d'un pot d'échappement contre un bitume orangé, ça le fait !) à une prise d'assaut dans un quartier de mobil-home. Mieux, avec un acharnement presque maniaque, le cinéaste parvient à filmer l'impalpable, capte des éclairs avec une profondeur de champ jamais vue jusqu'ici et se permet de définir un nouveau vocabulaire visuel propre à la HD. Alternant cadrages ultra larges et gros plans extrêmes (aucun acteur n'a jamais été filmé d'aussi près que Jamie Foxx depuis les films de Leone), Mann a tout simplement entrepris avec son dyptique Collatéral / Miami Vice d'ouvrir de nouvelles portes au Septième Art. Le résultat parle de lui-même : à la fois incroyablement réaliste (on a souvent l'impression de se tenir debout au côté des acteurs, surtout lors des séquences nocturnes !) et esthétiquement renversant, Miami Vice tend à prouver que ce génie a une nouvelle fois réussi son pari.

 

Son :

Prenant à contre-pied les codes du gros son hollywoodien, Mann sculpe la bande son de Miami Vice avec la même obsession du détail que pour son aspect visuel. Aucune scène ne ressemble ainsi à une autre du point de vue sonore, comme en témoignent les trois principales virées en Off-Shore : la première est totalement sourde, seulement appuyée par des basses et des percussions numériques entêtantes, la seconde marie le bruit déferlant des vagues à une belle envolée musicale, la troisième appuie l'urgence de la situation, notamment à travers le bruit de l'orage. Au même titre, chaque fusillade possède une ambiance propre, le grand final allant totalement à l'encontre du gunfight légendaire de Heat, avec des coups de feux étouffés, comme captés au coeur d'une cité en proie à d'interminables guerillas urbaines. Pour le coup, on ne saurait trop vous conseiller de vous ruer sur la version anglaise en DTS HD 5.1 qui livre un spectacle sonore des plus impressionnants. La version française ne s'en sort pas trop mal, avec un DTS Surround 5.1 d'un dynamisme légèrement moins souligné.

 

Interactivité :

Beau paradoxe : alors que le DVD collector (et le HD DVD US) de Miami Vice proposaient les deux versions, le Blu-Ray français continue sur la lancée du HD-DVD national en ne proposant que la version cinéma (alors que la nouvelle est justement conçue pour le Home Cinema), choix entraînant par là même la disparition du commentaire audio de Michael Mann. Pour le reste, le cinéaste, comme à l'accoutumée, se retrouve au centre de chaque supplément, et les diverses images de tournage (dont de nombreuses accessibles via l'option U Control) nous permettent de le voir évoluer dans son travail, de l'élaboration du décor en étroite collaboration avec le production designer à ses dialogues avec le directeur de la photographie. On remarquera d'ailleurs que ses indications reposent davantage sur une évaluation sensorielle de la scène et non sur des considérations pragmatiques. L'atmosphère n'est pas un plus dans un film de Michael Mann, elle représente le film lui-même. Longuement interviewé sur la question, le cinéaste explique son rapport aux couleurs, aux textures et aux lieux, n'oubliant pas au passage d'évoquer son utilisation d'une météo menaçante. Passionnants (mais incomplets), les bonus apportent donc un éclairage assez complet au chef-d'œuvre qu'ils accompagnent, la durée relativement courte de l'ensemble (une heure) ne jouant jamais contre sa juste appréciation.

 

Liste des bonus : Option U-Control, Les dessous du film, Miami Vice Undercover, Visualiser Miami Vice, L'envers du décor, Clip de Non Point, Bandes-annonces

 
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