THE THEATRE BIZARRE
Etats-Unis / France / Canada - 2011
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 114 minutes
Distributeur : Wild Side Video
Date de sortie : 3 octobre 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Theatre Bizarre »
portoflio
LE PITCH
Un long métrage horrifique en forme de tribut moderne au Grand Guignol par sept cinéastes maîtres du genre. THE MOTHER OF TOADS : En France, un couple de vacanciers rencontre une sorcière qui prétend posséder une copie du Necronomicon. I LOVE YOU : Une femme annonce à son mari qu’elle le quitte. THE ACCIDENT : Une mère et sa fille sont témoins d’un accident de la route. WET DREAMS : Une femme blessée se venge de son mari infidèle. VISION STAINS : Une tueuse en série extrait les ...
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Répétition générale

Projet particulièrement atypique, The Theatre Bizarre a réussi rapidement à se faire une réputation sulfureuse grâce à quelques spectateurs trop sensibles sortis de la salle en roulant des yeux. Quelques scènes choc émaillent effectivement ce projet collégial qui tente de renouer avec l'esprit Grand Guignol. Dommage que tous les réalisateurs n'aient semble-t-il pas été mis au courant...

 

Les anthologies cinématographiques et le cinéma fantastique / horreur, c'est une très vieille histoire d'amour qui provient des origines littéraires du genre. Avec plus ou moins de bonheur, les producteurs du monde entier se sont amusés à compiler quelques sketches d'auteurs variables tout en les habillant pour la circonstance. Une opération célébrée à l'époque de la Hammer / Amicus, et qui aura depuis donné quelques créations intéressantes comme La Quatrième Dimension (Dante, Spielberg, Landis et Miller), Tales from the Darkside ou les asiatiques Three et Three Extremes. En l'occurrence ici, The Theatre Bizarre se démarque de la plupart de ses prédécesseur en assumant de bout en bout son image d'outsider, de regroupement d'artistes et de producteurs indépendants mené par les sociétés Severin Films (éditeur sympathique de pelloches d'exploitation) et la toute jeune société de production fondée par J.P. « Mad Movies » Putters, Metaluna, dont le premier Dying God mérite de rester dans l'oubli.

 

jeux de scène

 

Ce n'est bien entendu pas le cas de ce programme qui en dehors d'une texture trop numérique et de quelques hésitations dans l'acting, affiche irrémédiablement de véritables ambitions esthétiques, souvent aidées par la photographie de Karim Hussain (Territoires, Hobo with a shotgun) et d'effets spéciaux plus ou moins craspec où l'on peut reconnaître, entre autres, la patte de David Scherer (8th Wonderland, Blackaria). De très belles notes d'intention particulièrement remarquable dans « Theatre guignol », fil conducteur étrange et à la poésie macabre où officie Udo Kier en Monsieur Loyal automate. Dirigé par Jeremy Kasten (The Wizard of Gore), il annonce à l'aide d'une mise en scène volontairement très théâtralisée les autres sketches, mais aussi la volonté première du film : mélanger modernité thématique et spectacle grand guignol. Une tonalité particulièrement bien respectée dans le très « Conte de la crypte » opus filmé par Tom Savini, qui joue sur les cauchemars de castration (outch !), les sous-entendu graveleux et le twist abusé avec un plaisir sadique assez communicatif. On lui pardonnera par contre difficilement les lourdeurs de se mise en scène et de l'écriture, tout de même assez notables, et ce en particulier lorsqu'on le compare à Sweets, autre grand moment de gore et de mauvais goût (visuel et culinaire) signé David Gregory (Plague Town), producteur à l'origine du long-métrage justement. S'appuyant sur une image léchée et assez classieuse, il y décrit avec une volonté malsaine une séparation douloureuse sur fond de gavages sucrés et de people cannibales, qui pourrait presque faire tourner de l'œil dans sa volonté de foutre les tripes sur la table.

 

monologue

 

Plus sobre, le très attendu dernier opus de Richard Stanley (Hardware, Le Souffle du démon) perd en immédiateté ce qu'il gagne en élégance. Hommage décalé au paganisme des campagnes françaises, aux mythes lovecraftiens et au mysticisme macabre de Fulci (avec la participation de la grande Catriona MacColl), Mother of Toads ne déçoit en définitive que par sa conclusion abrupte et un poil expédiée. Un finish essoufflé qui caractérise tout de même une bonne moitié des segments à l'instar du psycho-lourd et prévisible I Love You de Buddy Giovinazzo (Combat Shock), ou du soigné mais vain Vision Stains de Karim Hussain, décidément sur tous les fronts. Des défauts, des qualités, mais le problème de The Theatre Bizarre devient clair lorsque l'on se penche sur The Accident. Rompu à l'art du court, Douglas Buck (Family Portrait) dépose au centre du film le plus beau des chapitres avec une réflexion émouvante et cruelle sur la confrontation d'une petite fille à la mort. Si les images sont dures, frontales, il n'en reste pas moins qu'il semble totalement hors sujet, soulignant qu'à de rares exception près, les auteurs et réalisateurs ont chacun creusé le sillons de leurs obsessions plutôt que de se plier à un quelconque cahier des charges ou à une question mission commune. Forcément inégal (c'est le lot des films à sketch), The Theatre of Bizarre est surtout totalement dénué de véritable logique, de l'unité nécessaire à la confection de sa propre identité. Un spectacle souvent attachant, une entreprise courageuse parsemée de très grands moments, mais qui ne pourra laisser dans les mémoires qu'une sensation mitigée.

Nathanaël Bouton-Drouard














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Image :
Tourné en numérique, The Theatre Bizarre en affiche autant les qualités que les défauts. Les petits manquements reposent essentiellement sur les soucis du support à préserver toute sa précision en basse lumière, avec des noirs en l'occurrence un peu pâlots et une image qui perd immédiatement en profondeur. Un peu moins pêchues, les séquences sombres rappellent du coup la certaine modestie de l'entreprise, tandis que la majorité des plans en lumière vive imposent immédiatement une précision redoutable, une tridimensionnalité évidente et des contrastes ciselés. Wild Side étant ici aux commandes, l'image est bien évidement à son rendu optimum (superbes couleurs sur l'introduction) et profite d'une compression des plus solides.

 

Son :
DTS-HD Master Audio 5.1 pour tout le monde. On oubliera par contre poliment la version français tellement mal doublée quelle gâche tous les efforts des mixages. Parce que ces derniers sont justement particulièrement réussis dans leur manière de travailler les ambiances, en rebondissant avec nervosité sur les élans les plus primaires (façon tatatin qui fait peur), mais aussi en installant des environnements sonores entre réalisme et angoisse étouffante. La piste sonore anglaise est ainsi particulièrement limpide et efficacité, dynamique mais jamais gratuitement, et permet en outre de profiter des nombreux accents qui colore cette coproduction franco-américaine.

 

Interactivité :
Vu la petite odyssée qu'ont dû constituer la gestation et les tournages du film, le spectateur sera sans doute étonné de ne découvrir ici aucun vrai making of. Ou en tout cas un documentaire complet revenant sur chacun des segments, mais aussi sur la musique, le montage et toute la clique. Il faut donc piocher à droite à gauche pour dégotter quelques infos. Ainsi seuls trois segments (Visions Stains, The Accident et Mother of Toads) profitent d'un petit making of, mais en définitive seul le segment de Richard Stanley dépasse le simple B-Roll pour donner laisser découvrir quelques réactions à chaud (dont notre copain Romain Basset en 1er assistant stressé). Reste une poignée de petites interviews éparses récupérées sur le site ScifiUniverse ou une rencontre à Cannes avec Douglas Buck et l'un des producteurs français enregistrés par Mad Movies. Pas inintéressant, mais souvent très court et ne creusant pas vraiment les sentiments et visions qui ont amené à la confection de tel ou tel sketch.  Heureusement, tout cela est plutôt bien rattrapé par le commentaire audio, avec la participation des producteurs (français et US), de tous les réalisateurs (sauf Douglas Buck, dommage) et de quelques acteurs. C'est là et seulement là finalement que les infos et anecdotes filtrent, que les ambitions de chacun se révèlent et que naît une nouvelle sympathie pour cette entreprise couillue.

 

Liste des bonus : Commentaire audio de l'équipe du film, 3 making of (35'), Affiche inédite recto/verso, Galerie photos, Entretiens avec Fabrice Lambot (prod.) et Douglas Buck à Cannes (10'), Entretiens supplémentaires (26'), Bandes-annonces.

 
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