NECRONOMICON
France / Etats-Unis / Japon - 1993
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Necronomicon »
Genre : Horreur
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 18 juin 2014
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Une adaptation de l’univers morbide et malsain de H.P. Lovecraft. Trois sketches (dont le début cinématographique de Christophe Gans), trois contes à glacer le sang sur le thème de l’horreur absolu. Un film déroutant et morbide avec des effets spéciaux incroyablement effrayants. Un must pour les fans du genre… hormis les âmes sensibles !
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Le Pacte des fous

En 1994, les producteurs Samuel Hadida et Brian Yuzna lancent un projet improbable : un film à sketch à petit budget adaptant trois nouvelles du romancier HP Lovecraft (L'affaire Charles Dexter Ward..). Un joli petit succès d'estime, qui s'est depuis largement étendu, surtout que l'on trouve là, la première réalisation de Christophe Gans, futur metteur en scènes de Crying Freeman, Le Pacte des Loups, Silent Hill et La Belle et la Bête.

Samuel Hadida est déjà connu en ce début des années 90 pour être l'un des rares producteurs français à s'être aventuré sur le marché américain, avec succès, pour True Romance de Tony Scott. Ami de longue date avec le critique Christophe Gans, ils pensent tous deux que l'avenir se situe dans le manga et en particulier dans une adaptation du Crying Freeman de Kazuo Koike et Ryoichi Ikegami. Après recherche, il s'avère qu'un certain Brian Yuzna (producteur / réalisateur de films d'horreur comme Re-animator, Society ou Warlock) détient déjà une option sur le titre. Yuzna et Hadida prennent contact mais le fait que ce dernier veuille absolument comme réalisateur Gans, un parfait inconnu, met mal à l'aise les financiers japonais. Du coup, un accord et passé : ce dernier réalisera un segment de la production américano-japonaise d'horreur à sketch, Necronomicon, aux cotés de Brian Yuzna et de Shusuke Kaneko devenu depuis célèbre grâce à sa trilogie des Gamera. Un baptême du feu, pour le petit français qui va devoir apprendre vite (6 jours de tournage), sur une production à tout petit budget.

 

1er chapitre


Conçu autour d'un récit en forme d'alibi où le romancier lui-même (excellent Jeffrey Combs) découvre les pouvoirs du Necronomicon, ce film à sketch n'échappe forcément pas aux défauts du genre. Tout comme ses « illustres ancêtres » tels que Creepshow, La Quatrième dimension, Darkside ou Deux Yeux Maléfiques, l'impact de chaque section dépend implicitement de l'astuce du scénario et de l'habilité du metteur en scène à créer un univers en une trentaine de minutes tout en restant cohérent avec les autres segments. Même si l'on peut dire de Necronomicon que l'ensemble du film souffre parfois de la faiblesse de ses moyens, ce métrage reste l'une des belles réussites du film d'horreur à sketch. Et ce tout simplement parce que les trois metteurs en scènes possèdent des références équivalentes, mais des approches de l'univers Lovecraftien qui se complètent. Ainsi dans The Drowned, Gans utilise un scénario des plus classiques où un jeune héritier découvre la malédiction qui pèse sur sa famille, pour une offrir une superbe mise en image pleine de cadrages gothiques, d'effets de lumière verts et rouges, dans la droite lignée des classiques de Roger Corman, Terence Fisher ou Mario Bava. Impossible de ne pas reconnaitre ici, dans la narration fortement romantique, dans la fluidité de la mise en scène et l'omniprésence de plans symboliques, le futur réalisateur en devenir. De la même façon, aux cours de certaines séquences, il se réfère plutôt à la sobriété du cinéma fantastique nippon avec la même gestuelle opératique que sur le Crying Freeman. Un superbe segment, doté d'effets spéciaux disparates (maquillage, maquette, synthèse...) mais touchants, qui respire déjà l'amour de l'image à plein nez et qui s'offre même la seule et unique apparition du grand Chtulhu à l'écran. Classe.

 

Avant de tourner la page


Une école que connaît forcément Shu Kaneko, assisté de son scénariste Kazunori Itô (la série des Patlabor, Avalon...), en reprenant la nouvelle Air Froid dans laquelle une jeune femme découvre que son voisin du dessus, est un scientifique qui vit depuis plus de cent ans grâce à une nouvelle méthode scientifique. Tout ici s'installe lentement (trop peut-être, car c'est bien là le segment le plus faible des trois) et fait entrer le spectateur dans un univers tout droit sortit d'un épisode de La Quatrième dimension. La mise en scène est sobre et ne se déstructure que lors des dernières minutes en même temps que la désintégration physique, excessivement sanglante, du scientifique incarné par mister David Warner (La Malédiction, Titanic). Pour contrebalancer l'approche « classique » de ces deux histoires, Yuzna, maître du gore rigolard, décide donc de verser les litres de sang qui restent en stock et propose à la fois le récit le plus gargantuesque du long métrage, le plus sanglants et le plus malsain, mais aussi, dans sa démesure totale, le plus ambitieux. On y découvre un jeune flic, qui a l'intention d'avorter, qui en poursuivant un tueur connu sous le nom du « boucher », va pénétrer dans les entrailles d'une étrange créature vivant sous Los Angeles. Un pur spectacle macabre, complètement déjanté et tordu qui brille autant par son mauvais goût jubilatoire que par son esthétique colorée, voir carrément fluo, concoctée par le directeur photo Gerry Lively (Hellraiser III).

Au final, Necronomicon connaît des hauts et des bas (surtout des hauts) mais se révèle une bonne retranscription de l'univers du romancier et ce malgré la liberté avec laquelle ont été adaptées les différentes nouvelles, et proposent quatre (si l'on compte le récit d'introduction) cauchemars remarquables, peu effrayant soit, mais fun et généreux.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Si Metropolitan avait très manifestement fait de très gros efforts sur son édition remasterisée de Crying Freeman, il est tout de même bien moins spectaculaires que le Bluray de Necronomicon. On en attendait pas franchement autant pour un film shooté à la diable et manipulé jusqu'à la lie en postproduction. Et pourtant le résultat est là. Si l'on oublie gentiment une griffure rouge qui apparait une seconde ½ entre les deux premiers segments, l'ensemble du programme est très impressionnant. Nettoyé de fond en comble, retrouvant son piqué d'origine (boudiou !) et par la même toute l'excessivité des teintes, le film perd un peu de son aspect fauché, soulignant admirablement le soin apporté initialement à la photographie et aux décors. C'est le segment de Gans qui y gagne le plus en force des détails (la demeure gothique, l'escalier, le tableau... magnifique) et celui du Yuzna qui crache sa palette de couleur au visage. Surtout, toute cette opération a été très justement opérée sans se perde dans les retouches numériques (pas de DNR ou autres abréviations barbares), préservant admirablement le grain d'origine, les reflets argentiques... et oui, les mauvaises intégrations de certains SFX aussi.

 


Son :
Comme le veut la coutume chez Metropolitan, les versions française et anglaises on été remaniées en DTS HD Master Audio 5.1, pour d'ailleurs des résultats assez proches. Projeté au départ en Dolby Surround dans les salles, le métrage y gagne ici nettement en amplitude, appuyant les apparitions les plus inquiétantes (le démon noyé), les plus virevoltantes (les atroces suceurs de moelle) et travaillant même quelques ambiances plutôt enveloppante (la machine réfrigérante). Des mixages bien plus proche des canons actuels, mais qui ne dénaturent jamais les sensations d'origine avec des dialogues centrés sur les avants et une ouverture qui sied à merveille aux élans mélancoliques de Joseph LoDuca.

 


Interactivité :
Comme l'atteste le retour du DVD Bonus proposé en sus dans l'édition limitée du Bluray, les suppléments de cette édition sont directement issus du collector sorti en 2005. Et ça tombe bien, celui-ci était particulièrement bien fourni à commencer par le commentaire audio passionnant de Gans et Yuzna, ne cachant aucune des galères rencontrées ni des approximations du produit final et tout particulièrement hilares devant les effets gores. Le reste est clairement toujours de ce très haut niveaux avec un long documentaire rétrospectifs de 1h40 reparti en quatre parties toujours aussi réussies et informatives, en particulier lorsqu'il est question de raconter un tournage chaotique, express et souvent rattrapé in extrémis. Les petits bonheurs de la confection d'une série B à tout petit budget mais où toute l'équipe artistique rivalise d'une ambition artistique totalement démesurée. A cela s'ajoute toujours l'énorme galerie de photos et d'images du story-board de The Drawned dessiné par Thierry Segur et l'intégralité de compositions de Joseph LoDuca (la trilogie Evil Dead, Le Pacte des loups...) pour ce même sketch. A noter du coté de la BO que dans le second Cold Air, composé par Daniel Licht on entend étrangement un thème qui va faire tiquer les amateurs de Dexter...
Enfin, exclusivité de cette première édition HD, l'éditeur a ajouté dans le boitier un livret de 24 pages très pertinent avec une interview de Christophe Gans autour des liens thématiques et picturaux qui se retrouvent dans toutes ses œuvres et ce même dans son tout premier court, Silver Slime, hommage au bis italien qui est astucieusement caché dans les menus de la galette.

Liste des bonus : Livret exclusif de 24 pages, Commentaire audio de Christophe Gans et Brian Yuzna, L'enfer du B : le tournage (50'), La musique du film (20'), La direction artistique (15'), La production (12'), La musique originale de Joseph LoDuca (28'), 700 story-boards de Thierry Segur, 200 photos et illustrations de production, Bande-annonce.

 
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