SUPERMAN : L’INTéGRALE DES CARTOONS DE MAX FLEISCHER
Etats-Unis - 1941/1943
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Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 133 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 5 avril 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Avant la destruction de la planète Krypton, une petite nacelle est envoyée sur Terre. A son bord, Kal-el, un bébé recueilli par un couple de fermiers du Kansas. Quelques années plus tard, le jeune homme cache sa force surhumaine et ses superpouvoirs sous l’identité de Clark Kent, journaliste au Daily Plannet de Metropolis. Aux côtés de Lois Lane, Clark enquête sur les criminels menaçants la sécurité de la Terre, qu’il neutralise sous les traits de Superman !
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"it's superman!"

Non Man of Steel n'est pas le vrai Superman du cinéma. Non Christopher Reeve (c'est lui le vrai au fait) n'a pas été le premier à faire rêver sur grand écran... Car à peine trois ans après la création du super-héros dans les pages d'Action Comics, les frères Fleischer lui dédiaient 17 cartoons mémorables.

Fleischer Studios, une firme légendaire qui en ce début des années 40 aurait clairement pu faire de l'ombre à Walt Disney et écraser tranquillement les cartoons de la Warner, enchainant les succès avec Koko le Clown, Betty Boop ou Popeye et s'étant même essayé au long métrage avec Les Voyages de Gulliver. Le groupe est d'ailleurs bien occupé en 41, préparant son futur Bugville, et n'est pas franchement intéressé lorsque Paramount vient leur proposer d'adapter en une série de courts métrages les aventures trépidantes du surhomme de Joe Shuster et Jerry Siegel. Les frangins Dave et Max Fleischer imaginant même s'en débarrasser poliment en proposant un coût de production mirobolant... qu'à peu de chose près la Paramount acceptera. Nous sommes alors aux premiers balbutiements de Superman, à l'univers encore simpliste déjà largement exploré par le feuilleton radiophonique (dont les cartoons reprennent acteurs et quelques gimmicks), et la durée d'un cartoon, entre 7 et 10 minutes, ne permet pas franchement de développer des scénarios révolutionnaires. Donc, chacun des 17 épisodes qui vont suivre reposent sur les mêmes arguments avec cette sotte de Lois Lane qui se met en danger pour un super article, un savant fou ou un groupe de criminels qui annoncent au monde leur futur plan et le discret Clark Kent qui s'éclipse pour se transformer en son alter-ego : « This is a job for Superman ! ». C'est simple, direct, iconique et absolument charmant.

 

"faster than a speeding bullet!"


Mais ne cachons pas que ce n'est pas ce défilé de vilains de pacotille, peu à peu rejoint par un T-Rex qui ressemble étrangement à Godzilla, un robot rétro dont Miyazaki se souviendra pour Le Château dans le ciel, ou le progressif rapprochement des mini-films en outils de propagande antinazis et anti-jap (avec Hitler en cameo) qui fait vraiment la force des objets, mais bien sa direction artistique. Pouvant effectivement s'appuyer sur un budget des plus confortable d'environs 50000 dollars pour chaque opus (contre 25000 pour un cartoon de l'époque), le studio va ici déployer tout son savoir-faire pour aboutir à de vrais petits bijoux du cinéma d'animation. Installés dans des décors grandioses, optant pour un habile mélange de lignes simples rétro-futuristes et d'arrière-plans fouillés, les films jouent constamment avec des éclairages marqués, très film noir, une pléthore d'effet spéciaux lumineux, pour imposer en quelques plans la réalité de Superman. La ressemblance d'ailleurs avec les comics de l'époque est aussi impressionnante que troublante, en particulier lorsque l'on pense à l'aspect caricatural et tout en rondeur des dessins animés de l'époque. Ici Superman est élancé, affiche une vraie belle gueule carré et des proportions harmonieuses, tout comme sa future conquête Lois Lane, gracieuse, et la plupart des personnages rencontrés, usant même de la rotoscopie (système justement inventé par les Fleischer) pour donner plus de prestance et de souplesses aux mouvements. Le charme suranné des situations, est ainsi constamment dépassé par une mise en scène méticuleuse et classieuse, les dégrés et ombrages, piochant ouvertement dans les chefs-d'œuvre de l'impressionnisme allemand et une technique d'une grande rigueur, aux prouesses aujourd'hui encore sidérante.

 

"more powerful than a locomotive!"


De vrais beaux et grands classiques qui se permirent au passage de faire voler Superman pour la toute première fois de sa carrière, mais qui vont tout de même être malmené par des soucis budgétaires et les disputes incessantes entre les deux frères. Paramount rachète le studio en 1942 et le renomme Famous Studios, ne gardant plus au passage que Dave Fleischer au poste de réalisateur. Le budget commence à s'étioler et les directives propagandistes à prendre le pas sur l'imagination débridée des débuts. Photographie plus sombre, ennemis moins survoltés, et Superman est bien souvent résumé à un soldat de la fière Amérique cassant du boche et de l'asiatique jaune aux dents longues, perdant un peu de cette fraicheur enfantine originale. Les huit derniers cartoons n'en restent pas moins de très beaux objets, toujours dotés d'un soin assez unique, de séquences ambitieuses et spectaculaires (l'attaque de Superman sur les navires japonais dans Eleventh Hour), mais qui vont aussi marquer une progressive perte d'intérêt de la part des spectateurs américains.

 

A l'heure où l'on voudrait nous faire croire que Superman n'est pas cette figure lumineuse, optimiste et simplement héroïque, ces petites merveilles font vraiment honneur au personnage et trônent encore parmi les grands moments de sa carrière. Lorsque Paul Dini et Bruce Timm produiront Batman The Animated Serie dans les années 90, ils n'iront pas chercher beaucoup plus loin leur principale source d'inspiration.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
Tombés dans le domaine public suite à quelques rachats de droits puis de banqueroutes de sociétés, ces cartoons ont tout de même la particularité d'avoir un détenteur officiel : Warner, mais uniquement pour les masters originaux. Clairement les petits films sont sortis sur de multiples supports, dans des conditions pas toujours des plus avantageuses et il aura fallu que la Warner en personne les glisse dans son superbe coffret Superman (DVD, puis Bluray), pour qu'ils retrouvent un peu de leur superbe. Les voici donc tous réunis, séparément des longs métrages avec Christopher Reeve par Elephant Films qui manifestement est allé piocher à la même source. Les copies sont donc franchement belles, colorées, vives et délivrent harmonieusement contrastes, matières et effets. Un vrai beau coup de jeune, marqué parfois par quelques plans granuleux et de rares images encore griffées, mais cela faisait longtemps qu'on ne les avait pas vu dans de telles conditions.

 


Son :
Tous les cartoons n'ont pas eu l'honneur d'être doublé en français, ces derniers resteront donc visibles uniquement en anglais d'époque. Un peu dommage pour les enfants mais pas forcément pour les autres puisque le doublage n'a pas toujours bien vieilli. La version originale s'en sort bien mieux avec de petits chuintement parfois, mais aussi une clarté et un confort retrouvé.

Liste des bonus : Aucun.

 
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