HELLRAISER TRILOGY – IMPORT UK
Hellraiser / Hellbound: Hellraiser II / Hellraiser III: Hell on Earth - Royaume-Uni / Etats-Unis / Canada - 1987/1988/1992
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0 Anglais
Sous-titre : Anglais pour sourds et malentendants
Durée : 284 minutes
Distributeur : Arrow Video
Date de sortie : 25 janvier 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Durant un voyage, Frank Cotton entre en possession d'une boîte maléfique qui le transporte dans un monde imaginaire mais arrivé sur place, des monstrueuses créatures le dévorent. Quelques années plus tard, son frère Larry et son épouse Julia emménagent dans la maison de Frank, sans se douter que l'esprit de ce dernier y rôde encore. Alors qu'une goutte de sang accidentelle tombe sur le sol, le monstre se réveille, et part en quête de chair fraîche.
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"we'll tear your soul appart !"

Franchise horrifique star des années 90, la saga Hellraiser est, grâce entre autres à son icone Pinhead, de l'une des plus célèbre du genre aux coté de Freddy, Vendredi 13 et autres croquemitaine modernes. Et tout a commencé par une sacro-sainte trinitée.

Rapidement adoubé par Stephen King et célébré par de nombreux lecteurs anglo-saxons, Clive Barker est déjà une référence dans le milieu littéraire fantastique à la fin des années 80 grâce à ses romans Le Jeu de la damnation, Le Royaume des devins et surtout son recueil de nouvelles Livres de sang où on trouve les textes à l'origine d'adaptations ciné comme Transmutations, Rawhead Rex et les futurs Candyman ou Midnight Meat Train. Fait assez unique, son statut est tel que c'est l'auteur en personne qui réussit à convaincre une petite société de production anglaise, Film Futures, de travailler sur une version grand écran de son court roman The Hellbound Heart (Hellraiser chez Bragelonne, traduit tardivement en français) dont il sera lui-même le scénariste et le réalisateur. Une gageure pour un petit film indépendant au budget resserré (même si l'américain New World Pictures y apportera quelques billes par la suite), mais qui assure une vision pure et complète de cette nouvelle bible noire.

 

"tu ne tromperas point"


En authentique british de souche, Clive Barker a manifestement grandi avec les productions locales et en particulier les films Hammer. On en retrouve clairement des traces dans sa première œuvre en tant que cinéaste. Dans une ambiance moderne mais gothique tout d'abord, avec ses intérieurs opaques et étouffants et sa nuit presque éternelle, mais aussi et surtout dans son traitement de la sexualité, véritable courant qui irrigue chaque plan du film, où le mal revêt l'image moins de la déviance que de la trahison et du refoulé. Si Hellraiser offre un personnage d'adolescente indépendante comme tout bon slasher de l'époque, le personnage centrale reste Julia, femme adultère vouant une passion charnelle à son beau-frère Larry, figure manipulatrice et grand explorateur des sensations extrêmes. C'est dans leur relation, évidement destructrice et mortifère, que nait le mal, poussant à quelques sacrifices de mâle locaux, avec toujours en ligne de mire le pauvre Frank (Andrew Robinson connu pour son rôle de serial killer dans L'Inspecteur Harry) trop innocent et bonne âme pour s'en sortir indemne. Dans son architecture, Hellraiser est donc un drame intimiste, un thriller sensuel en huis-clos sur fond de triangle amoureux, où les bizarreries s'accumulent à la mode anglaise, jamais si loin finalement des essais sulfureux d'un Ken Russell (Love, Les Diables). Sauf que l'univers de Clive Barker est autre, faisant suinter en arrière-plan un monde parallèle, prêt à visiter le notre, celui des Cénobites. Des créatures inspirées de peintures contemporaines (Francis Bacon), de vision infernales plus médiévales (Munch) mais aussi de contre-cultures mêlant body-piercing, tatouages et pratiques SM avec une suavité troublante. Dirigé par l'énigmatique mais immédiatement charismatique Pinhead (désormais indissociables de son interpréte à la voix pénétrante Doug Bradley), ces derniers intronisent un monde de tortures mêlant horreur graphique (gore et rituels), tout autant que de plaisir tortueux naissant dans les replis de la chair meurtrie. Ici encore très discrets, presque moins présents que le fameux puzzle-cube qui leur sert de clef, ils préservent un mystère qui fait tout le sel de Hellraiser, un film impressionnant de maitrise, aux effets spéciaux charnels signé Bob Keen (The Dark Crystal, Highlander), où nait une mythologie (religion ?) mature, unique, entre cauchemars et rêves moites.

 

Lament Configuration


Enorme succès à sa sortie, devenu rapidement un film culte, la production envisage rapidement une suite directe, profitant de moyens plus considérables et donc d'un regard tourné vers un épisode plus flamboyant et plus démonstratif. Une hauteur nouvelle dont il semble que le premier point d'achoppement soit la musique de Christopher Young. Déjà très impressionnant sur le premier film avec ses thèmes langoureux et obscures, le compositeur de La Revanche de Freddy, La Mouche II ou Jusqu'en enfer, développe ici ses thèmes avec une ferveur époustouflante, transformant sa « musique de chambre » en véritable opéra macabre, en symphonie infernale. Une merveille absolue qui élève constamment Hellbound vers le spectacle grandiose, que vient habiter une illustration plus frontale de l'univers des Cénobites.
Recluse dans un asile psychiatrique après les évènements du premier film, Julie pense recevoir des messages de son père enfermé dans les limbes et va tenter de l'en délivrer, aidé par une jeune ado mutique, mais trouvant vite sur son chemin le psychotique chef psychiatre (excellent Kenneth Cranham) et une Julia (Clare Higgins plus inquiétante que jamais) revenue à la vie. Une suite d'une grande ambition, se déroulant en majorité dans la dimension des créatures sadiques et donnant à voir des décors amples (merci les peintures sur verre), des délires épouvantables et stylisés mais aussi le dieu locale, Leviathan, monolithe métaphysique, de nouvelles créatures écorchées et même un cénobite aussi grotesque que majestueux, le chirurgien. Déjà parti préparer son second long métrage, Cabal, Clive Barker se contente ici de livrer le pitch initial et d'officier en tant que producteur exécutif, mais Hellbound reste extrêmement fidèle à son écriture mariant Eros et Thanatos dans un délire baroque plus que généreux. Malheureusement, il faut reconnaitre que malgré de nombreuses grandes séquences, Hellbound: Hellraiser II souffre parfois des petites faiblesses d'écriture de Peter Atkins (Wishmaster) et surtout d'une réalisation terriblement plan-plan signée par un Tony Randel qui enchainera avec une belle carrière de nanars allant du rigolo Ticks au catastrophique Fist of the North Star (adaptation minable du manga Ken Le Survivant). Une suite honorable certainement mais qui avec un tel travail en terme d'univers, de design et de symphonie moderne aurait pu aller tellement plus loin.

 

the nail


Déjà bien plus présent sur le second film, les deniers américains prennent directement le contrôle du troisième opus, alors que New World Picture disparait en partie récupéré par le Dimension Films des frères Weinstein. Absent à la production, si ce n'est cité au générique pour s'assurer la sympathie des fans, Clive Barker a bien mieux à faire, et la production part directement aux USA (et au Canada), laissant la quasi-intégralité de l'équipe anglaise dans ses pénates. Devenue la figure symbolique des Hellraiser, Doug Bradley et son Pinhead, deviennent directement la star iconique d'un métrage qui revisite finalement la mythologie à la sauce locale, moins malsaine et bien plus versée dans l'affrontement entre le bien et le mal (là où pour l'instant les frontières étaient diffuses) et une horreur pop-corn, plus directe et fun. La subtilité n'est pas forcément de mise dans Hellraiser III: The Hell on Earth jusque dans le nouveau défilé de Cénobites se baladant en pleine rue, entre celui transformé en mange CD ou l'homme-caméra, menaçant constamment de trahir le matériau initial. Pinhead, en tête, se découvre même une certaine folie des grandeurs et une envie de conquête du monde (mouaich), et devient bien bavard et bravache. Le casting féminin est plutôt agréable avec les très jolies Terry Farrell et Paula Marshall, les effets spéciaux gagnent considérablement en consistance et professionnalisme jusque dans des effets numériques inédits (mais qui sont ceux qui ont tristement le plus mal vieillis), mais finalement ce qui sauve clairement le film est la prestation derrière la caméra du très sympathique et roublard Anthony Hickox, déjà à l'origine des deux classiques de l'ère vidéoclub : Waxwork et sa suite. Tout à fait capable, il tient les reines de l'entreprise avec efficacité, distille un second degré plutôt amusant et surtout ne laisse que peu de mystères quand à son amour du genre en tant que divertissement primaire. Pas forcément l'idéal pour donner naissance à un Hellraiser incontournable, mais en tout cas une variation honnête et tout à fait regardable en particulier dans son montage uncut, un poil moins propret.

Développée en seulement cinq ans, la trilogie initiale des Hellraiser fait partie des classiques du cinéma d'horreur, mais dépeint aussi avec clarté la transformation d'une œuvre personnelle, raffinée, en une licence de plus en plus standardisée et pensée pour une audience affamée. Une progressive perte de foi, où à aucun moment finalement, malgré leurs très bons moments, Hellraiser II et III réussiront à atteindre le bijou noir signé Clive Barker. Mais si l'on compare aux productions suivantes, toujours fagotées par un studio Dimension de moins en moins regardant, on est rapidement moins enclin à se montrer cruels...

Nathanaël Bouton-Drouard
















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Image :
Ne se refusant aucun sacrifice, Arrow Video a retravaillé à la source les masters des trois premiers films de la licence. Apportant un soin beaucoup plus marqué que certaines éditions HD présentes dans d'autres contrées, l'anglais a donc scanné en 2K les interpositifs 35mm originaux, assurant une fidélité impressionnante au matériau original, certes accompagné de quelques retouches numériques et chimiques pour évacuer les soucis les plus visibles, mais préservant farouchement le grain de l'époque, les teintes noirs qui trainent du coté des bleus et donc un aspect « roots » qui a fait le charme des films à leur sortie. A coté de cela, si on met de coté certains plans d'effets visuels, un brin plus fluctuant, les couleurs sont joliment contrastées, les teintes profondes et puissantes et le piqué aussi précis que totalement inédit. Du travail de cinéphile... Cas particulier, Hellraiser III est proposé à la fois dans son montage cinéma, d'excellente facture technique, et dans son montage uncut. Ce dernier n'existant plus sous forme pellicule, l'éditeur à été obligé de remplir les trous en piochant du coté d'une vieille copie vidéo Laserdisc en 1.33 qui tranche forcément. Reste que ce montage est bien plus musclé et réussi artistiquement.

 


Son :
Peu habitué à ce type d'opération, Arrow propose ici de nouveau mixages DTS HD Master Audio 5.1 pour les deux premiers films. Si l'on peut apprécier la netteté de la bande et l'ajout de basses ronflantes, la dynamique générale sonne constamment artificielle et manque d'équilibre entre les rares ambiances, les musiques et les dialogues. Heureusement les stéréo d'origines, en DTS HD Master Audio 2.0 non-compressé répondent présent avec quelques rares perditions sur le premier film, mais uniquement dûe à la captation d'origine. La restauration est notable avec une clarté nouvelle et confortable, un vrai coffre pour accompagner la voix pénétrante de Pinhead et surtout une limpidité idéale pour transporter les compositions de Christopher Young. Hellraiser III va d'ailleurs directement à l'essentiel avec uniquement cette option, et ce n'est pas plus mal.

 


Interactivité :
Disponible dans deux versions, la Scarlett Box limitée à seulement 5000 exemplaires (déjà sold out et malheureusement pas reçue à la rédaction) et le plus classique coffret Trilogy (avant les sorties unitaires), cette production Arrow Video a eu la riche idée de s'inspirer directement du mémorable boitier édité il y a plus de dix ans par Anchor Bay. Si l'esthétique même de l'objet semble en deca et moins original, les nombreux suppléments dispatchés sur les trois disques en reprennent tous les bonus à commencer par l'intégralité des commentaires audio des réalisateurs, accompagnés de Doug Bradley, Ashley Laurence, du coscénariste, mais aussi d'un passionnant exercice solo pour Clive Barker. Cela aboutissant à deux commentaires audio par film ! Making of « vintage » en SD mais avec l'ensemble des équipes, interviews suplémentaires, EPK, bandes annonces, galeries photos... Il y a de quoi faire.

Ces items sont déjà connus des fans de la première heure, mais déjà Arrow marque le coup avec l'apparition du montage uncut d'Hellraiser III. Quelques courtes minutes supplémentaires de plans craspecs, bien plus en accord avec les deux premiers opus, réintégrées en usant d'une source plus faible techniquement, mais qui reste un mets de choix pour les fans. Autre redécouverte, et totalement inédite celle-là, la fameuse séquence perdue d'Hellraiser II, « the surgeon scene » dans laquelle Pinhead et son acolyte féminine tendent un piège à l'héroïne, déguisés en chirurgiens. Récupérées d'une veille VHS workprint, ces toutes petites minutes ne sont pas forcément à la hauteur du phantasme né de ces longues années d'attente (en gros, le monteur a bien fait de la mettre de coté), mais les archivistes ne cracheront pas dessus.

Enfin, en plus de l'intégralité de l'adaptation en comics du troisième film, d'une featurette autour de la bande originale abandonnée du groupe indus Coil, et d'un gros montage de coulisses des SFX de Hell On Earth, Arrow a récupéré le documentaire Leviathan : The Story of Hellraiser and Hellbound : Hellraiser II, proposé ici pour la premier fois en HD (une édition DVD séparée existe) et redécoupé en trois parties, avec semble-t-il de petits passages inédits. Un making of rétrospectif impressionnant par sa durée (plus de trois heures !), extrêmement complet dans son récit de la naissance des différents essais, les évolutions de la franchises, le choix des acteurs, les pistes abandonnées, Leviathan donne la paroles autant aux acteurs principaux qu'aux différents techniciens, designers ou costumiers, tous rivalisant d'anecdotes pour ou moins croustillantes. La longueur peut parfois rebuter un peu, mais les infos valent régulièrement le détour, même s'il y a un petit souci... Comment peut-on imagier produire un documentaire définitif sur les premiers Hellraiser sans avoir réussi à faire participer l'actrice principale, Ashley Laurence, et surtout le créateur même, Clive Barker ? Du coup question crédibilité, le doc en prend un coup.

Liste des bonus Hellraiser : Audio commentary with writer/director Clive Barker, Audio commentary with Barker and actress Ashley Laurence, Leviathan: The Story of Hellraiser, Being Frank: Sean Chapman on Hellraiser, Soundtrack Hell: The Story of the Abandoned Coil Score, Hellraiser: Resurrection - vintage featurette, Under the Skin: Doug Bradley on Hellraiser, Original EPK featuring on-set interviews with cast and crew, Draft Screenplays [BD-ROM content], Trailers and TV Spots, Image Gallery

Liste des bonus Hellbound : Audio Commentary with director Tony Randel and writer Peter Atkins, Audio Commentary with Randel, Atkins and actress Ashley Laurence, Leviathan: The Story of Hellbound: Hellraiser II, Being Frank: Sean Chapman on Hellbound, Surgeon Scene - the home video world premiere of this legendary, never before-seen excised sequence from Hellbound, sourced from a VHS workprint, Lost in the Labyrinth - vintage featurette, Under the Skin: Doug Bradley on Hellbound: Hellraiser II, On-set interview with Clive Barker, On-set interviews with cast and crew, Behind-the-Scenes Footage, Rare and unseen storyboards, Draft Screenplay [BD-ROM content], Trailers and TV Spots, Image Gallery

Liste des bonus Hellraiser III : Alternate Unrated Version [97'], Brand new audio commentary with writer Peter Atkins, Audio commentary with director Anthony Hickox and Doug Bradley, Hell on Earth: The Story of Hellraiser III, Terri's Tales, Under the Skin: Doug Bradley on Hellraiser III: Hell on Earth, Raising Hell on Earth - archival interview with Hickox, On-set interviews with Barker and Bradley, Never-before-seen Hellraiser III SFX dailies, Theatrical Trailer, Image Gallery, Hellraiser III comic book adaptation [Disc gallery]

 
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