FRANKENHOOKER
Etats-Unis - 1990
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Frankenhooker »
Genre : Horreur, Comédie
Réalisateur : Frank Henenlotter
Musique : Joe Renzetti
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 84 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 7 septembre 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Frankenhooker »
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LE PITCH
Jeffrey Franken aime s’adonner à des expériences scientifiques singulières durant son temps libre. Lorsque sa fiancée Elizabeth se fait hacher par une tondeuse à gazon, le jeune homme va tenter de la ramener à la vie. Il lui suffit pour cela de rassembler des parties de corps humains et d’y greffer la tête d’Elizabeth, qu’il a conservée précieusement…
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et frankenstein créa la pute

Cinéaste fou ayant fait les belles heures des cinémas de quartier et le bonheur des habitués des vieux vidéoclubs, Frank Henenlotter (son nom est une promesse) fait le pari fou de livrer sa propre version du roman de Mary Shelley. Exit le gothique, place à la grande pomme pourrissante, le crack, et la créature monstrueuse la plus sexy de sa génération.

Grand amoureux encore une fois du cinéma d'exploitation et des vieilles péloches de genres, Frank Henenlotter s'est toujours revendiqué de cet esprit « cinéma de quartier », confinant en général dans ses films à une exacerbation de leurs aspects tocs, gores et une fascination communicative pour le mauvais goût. Entre deux épisodes de Basket Case, finalement produit uniquement pour donner corps à ce métrage, le réalisateur réussit à monter avec des moyens moindres, mais en toute liberté, son phantasme absolu : une version contemporaine de Frankenstein. Bien entendu, avec le gaillard, on est très loin de la classe de la Universal ou de la distance british d'une production Hammer, et on se vautrerait bien plus volontier dans le grand délire bis, voir carrément la fièvre Z. Un vrai film de taré pour le coup, dans lequel le scientifique amateur (il est électricien) se détend en s'enfonçant lune perceuse dans la crane, où les péripatéticiennes explosent comme des feux de Bengale et où la créature bricolée avec amour, mais peu de discernement, ère dans les rues harcelant le chaland : « Want a date? Looking for some action? Need some company? Got any money?". Quelle idée aussi de reconstituer un corps pour sa dulcinée avec des bouts de prostituées accros à la drogue et la thune !

 

"j'en prendrais pour 1$"


Même si l'on peut trouver que le scénario (oui il y en a un) néglige les relances et que le rythme assez mou d'une mise en scène essentiellement statique manque d'entrain, rarement Henenlotter n'aura poussé aussi loin la comédie grotesque, les mélanges inappropriés, faisant naturellement totalement abstraction de son budget rikiki pour étaler des effets spéciaux généreux, gores, mais totalement bricolés comme à la fête foraine. Un film festif en somme, où clairement la prestation de la très jolie Patty Mullen, pin-up mémorable de Penthouse, surnage largement au-dessus du reste, profitant de son joli minois et de ses courbes attrayantes, pour composer une créature aux grimaces imparables et à la démarche karloffienne qui finirait par devenir aguichante... Impossible de résister, cet unique Frankenhooker, croisement entre un déluré John Waters et le à vif Abel Ferrara, possède forcément cet aspect hypnotique des œuvres jusqu'au-boutiste, où affleure au passage un vrai regard sur son époque. Une vraie farce sociale qui sous la gaudriole et l'érotisme soft, dissimule un regard acéré sur ces contemporains : la New York cradingues, les rues aussi dangereuses que blafardes, l'obsession constante des personnages pour le culte du corps, la drogue et les billets verts et l'absence généralisé de morale. Là, Frankenhooker n'est pas plus monstrueuse que les autres, bien au contraire.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Edité dans la foulée des trois bluray des Basket Case, Frankenhooker en affiche dans l'essentiel les mêmes qualités avec un master étonnamment propre. Quelques plans sont encore habités par quelques petites taches et légères griffures, mais le nettoyage est évident. La majeure partie du métrage affiche donc un cadre plutôt réjouissant avec une colorimétrie plus tranchante et contrastée que jamais (même si on note quelques reflets rougeauds sur certains visages) et des noirs solides. Le piqué n'est pas en reste, particulièrement notable lors de la virée nocturne de la miss, avec une masse de détails biens dessinés et une superbe profondeur. Le grain de pellicule reste présent, mais a été légèrement amoindris entrainant à deux-trois occasions l'apparition de petits artefacts sur les matières d'arrière-plans.

 


Son :
On reste fidèle à la source avec le retour des stéréos d'origines, bien rafraichies pour l'occasion et développées sur des DTS HD Master Audio 2.0 excessivement clairs et gentiment dynamiques. De légers effets de chuintement ou de petites variations de niveaux se font entendre, mais proviennent directement de ses origines modestes, tout comme le doublage français à la masse qui n'est pas sans un certain charme.

Liste des bonus : Bande-annonce.

 
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