KUBO ET L’ARMURE MAGIQUE
Kubo and the Two Strings - Etats-Unis - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Kubo et l’Armure magique »
Réalisateur : Travis Knight
Musique : Dario Marianelli
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, DTS 5.1 français, espagnol, allemand…
Sous-titre : Français, anglais, espagnol, allemand…
Durée : 101 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 31 janvier 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Kubo et l’Armure magique »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Kubo, un jeune garçon aussi intelligent que généreux, vit avec sa mère dans un petit village de bord de mer. Il gagne chichement sa vie grâce à son don pour conter des histoires en donnant vie à des origamis. Mais cette existence paisible est bouleversée quand, par erreur, il invoque un démon assoiffé de vengeance. Kubo s’engage alors dans une quête épique pour percer le secret de la chute de son père, le plus grand samouraï que le monde ait jamais connu, ainsi que pour découvri...
Partagez sur :
cordes sensibles

Dernière production en date du studio Laika (Coraline), Kubo et l'armure magique explore à nouveau un cinéma d'animation que beaucoup imagine désuet. Pourtant, la prouesse technique est là... tout autant que la force d'un spectacle bourré d'émotions sincères. Un petit bijou.

Fondé en grande partie sur les restes des équipes de L'Etrange noël de Monsieur Jack et James et la pèche géante, le studio Laika a immédiatement marqué sa différence, rejetant la mode épuisante du tout en synthèse pour préserver les volumes, les matières et l'élégance de la stop-motion. Un cinéma de marionnettiste, que déjà Coraline repoussait vers des frontières spectaculaires et magiques, les équipes ne faisant que se montrer de plus en plus performantes avec les suivantes L'étrange pourvoir de Norman et Les Boxtrolls, enfonçant désormais définitivement le clou avec Kubo. Les créatures à animer image par image sont toujours là, parfois presque minuscules (le samuraï en origami), parfois gigantesques (le squelette mastodonte), baignés dans des mélanges de décors réels, de peintures et d'effets de synthèse d'autant plus réussis, qu'il est bien souvent particulièrement ardu d'en voir les frontières, d'associer telle prouesse à son outil. Oubliez les films en CGI et leur lissé impersonnel, l'avenir du cinéma d'animation se joue ici, constamment mis en valeur par une mise en scène dynamique et fluide portée pour la première fois par Travis Knight (ancien animateur et directeur du studio), les compositions musicales délicates et symphoniques de Dario Marianelli (Jane Eyre, Agora) et une direction artistique d'une rare ambition.

 

Images vivantes


Là où le cinéma d'animation américain, en dehors de rares exceptions, continue de concevoir ses divertissements sur des images cartes postales, des tonalités « safe » et l'omniprésence de sidekick comiques, Kubo et l'Armure magique vient titiller la mémoire des gamins des années 80 amoureux de Don Bluth (Brisby et le secret de Nimh, Fievel et le nouveau monde), dès lors qu'il ne détourne jamais les yeux de la noirceur et de la complexité de l'existence. Le scénario en lui-même reprend à son compte tous les jalons de la quête initiatique,  chaque rencontre avec des ennemis de plus en plus dangereux (dont trois colosses en hommage à Ray Harryhausen) et la découverte d'artefacts magiques, permettent ainsi à l'enfant-héros de faire son chemin dans l'existence, mais n'en nivelle jamais la trame par le bas. Ici les surprises sont dans les détails, entre les deux « protecteurs » qui s'avèrent un singe responsable et un guerrier/scarabée tête en l'air, Kubo qui peut transformer n'importe-quel papier en origami vivant, et cette réflexion sensible sur la mémoire, la filiation, la résilience et l'identité, que tous les gamins seront capable de comprendre. Un spectacle familial fin et généreux, qui s'échappe de la fantasy habituelle pour lui préférer une illustration extrêmement soignée de mythes d'inspirations japonaises, quitte même à transformer l'objet en véritable film de sabres pour bambins. Spectaculaire, visuellement renversant, constamment touchant et plein d'esprit, Kubo et l'Armure magique est une nouvelle merveille à mettre au crédit du Studio Laika, qui n'avait pas été aussi inspiré depuis le splendide Coraline.

Nathanaël Bouton-Drouard












Partagez sur :
 

Image :
Plus sans doute que les films d'animation traditionnels ou en images de synthèse, les productions image par image sont systématiquement sublimées par les supports HD. C'est bien entendu le cas avec Kubo dont le transfert Bluray est une véritable petite merveille de finesse et de précision. Les couleurs sont tendues et riches, la profondeur omniprésente, mais se sont surtout les textures qui prennent de l'étoffe avec un rendu particulièrement naturel et généreux. De la puissance des décors aux reflets sur l'armure de Scarabée en passant par les cheveux épais et les nombreuses particularités des visages sculptés, le tout s'inscrit avec un grain léger et une compression parfaite.

 


Son :
Sous certains angles, Kubo est un véritable film d'action, un film de sabres en animation, et développe une piste sonore tout à fait en adéquation avec cette ambition. Le DTS HD Master Audio 5.1 impose alors une dynamique ferme et ample, ajoutant toujours un peu de volume aux séquences calmes, mais surtout virevoltantes avec vélocité dès lors que l'aventure s'emballe. Le spectacle est constamment fluide, vif, tout autant que joliment balancé avec les dialogues et les jolies musiques de Dario Marianelli, constamment clairs.

 


Interactivité :
On perçoit facilement dans les quelques bonus disposés sur le disque HD que Travis Knight et le reste de l'équipe du film pourrait parler de leur bébé pendant des heures. Pourquoi alors avoir opté pour une construction extrêmement lambda des suppléments, officiant en mini making of découpé en chapitres thématiques, et featurettes supplémentaires glissées sur le net le temps de la promo. On y brasse les origines du film, les influences japonaises, le travail technique, la bande originale, mais bien entendu tout cela va trop vite, sans jamais vraiment creuser les questions les plus passionnantes. Heureusement le réalisateur se fend d'un commentaire audio bien plus complet, loquace et agréablement didactique, discutant plus précisément l'écriture, l'animation et la mise en scène.

Liste des bonus : Commentaire audio de Travis Knight, « Le voyage de Kubo » (29'), « Les coins du monde » : création des paysages et décors (3'), « Le mythe de Kubo » : genèse de l'histoire en compagnie de l'équipe du film (2').

 
Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009-2018