LE GéANT DE FER : SIGNATURE EDITION
The Iron Giant - Etats-Unis - 1999
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Géant de fer : Signature Edition »
Réalisateur : Brad Bird
Musique : Michael Kamen
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 86 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 8 février 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Géant de fer : Signature Edition »
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LE PITCH
Etats-Unis, Maine, 1957. Un jeune garçon se lie d’amitié avec un robot géant venu de l’espace alors que des agents du gouvernement veulent le détruire.
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Le bon gros géant

S'il se révèle au grand public et impose immédiatement son style avec Les Indestructibles en 2004, Brad Bird, avant d'être le réalisateur essentiel que l'on connait aujourd'hui, réalisa l'une des dernières pépites de l'animation traditionnelle. Sorti en 1999 dans une quasi indifférence générale, Le Géant de fer allait pourtant vite investir les esprits cinéphiliques par sa grande classe et ses thèmes annonciateurs d'une filmographie majeure.

Alors que les mutations les plus importantes de son Histoire affectent le cinéma d'animation, et que celles de chez Marvel s'apprêtent à envahir les écrans du monde entier sans que personne ne se doute des conséquences 18 ans plus tard, Warner sort sur les écrans un film aux allures d'un autre temps. Mais aux allures seulement. Œuvrant dans une ombre relative depuis presque 20 ans (animateur sur Rox et Rouky, puis sur Les Simpson pour lesquels il signera deux épisodes mémorables, réalisateur avec son comparse Tim Burton d'un épisode d'Histoires Fantastiques pour Spielberg) Brad Brid démontre dès son premier essai sur grand écran qu'il connait son sujet, qu'il sait d'où vient le cinéma et quelle direction il s'apprête à prendre. Il ne cesse depuis de mêler récits palpitants et Histoire de l'art dans des œuvres subtilement « méta » grâce à une forme toujours en accord avec le fond, des aventures Bondiennes des Indestructibles aux merveilles rétro-futuristes d'A la poursuite de demain. C'est d'ailleurs de ce rétro-futurisme, typique de la section Tomorrowland (par ailleurs titre original de son film avec Clooney) des parcs Disney, dont son géant peut se vanter d'être le fer de lance depuis deux décennies.

 

Guerre Froide et paranoïa


Quand le jeune Hogarth Hughes va découvrir ce robot immense venu de l'espace, c'est bien plus qu'une rencontre entre deux mondes qui s'opère. Hogarth, représente la jeunesse d'une Amérique traditionnelle et picturale, regardant déjà en direction de demain à travers les comics qu'il dévore. Ancré dans sa réalité (un enfant du midwest vivant seul avec sa mère) il se laisse à rêver d'aventures. Le géant, lui, est un robot venu de l'espace, n'ayant pas d'équivalent visuel sur terre, laissant penser qu'il pourrait être une nouvelle arme envoyée par les russes, provoquant une peur de l'inconnu et une terreur du changement. Tel Elliott et E.T., ou Peter et Elliott (pas le même, un autre... plus gros), une amitié ayant la force de briser les conventions va naitre. Et les conventions, ce duo va les dynamiter dans et hors de l'écran. Mêlant animation traditionnelle pour tout le métrage à et images de synthèse pour le personnage titre, Brad Bird, fait se rencontrer le meilleur des deux mondes. Le moyen parfait d'intégrer et de confronter deux styles d'animation dont un seul ressortira victorieux quelques années plus tard. De là à voir cette peur du changement symbolisée dans celle des habitants de la ville ou des agents du gouvernement, il n'y a qu'un pas et qui n'est pas de géant. Bird ayant toujours joué avec les conventions du cinéma à travers des séquences marquantes et intégrées dans le récit (l'intro de Ghost Protocol) aucun doute sur sa capacité à capter un art en pleine mutation, en pleine évolution et à développer ces transformations dans cette adaptation d'une nouvelle de 1968.

 

remise à neuf


Incompris, snobé et boudé en 1999, Le Géant de fer est depuis rentré par la grande porte dans la pop culture. Reproductions classes et onéreuses chez les texans de Mondo, version « dark side » dans le futur jeu de plateau Massive Darkness, le géant est partout. Si Bird ne l'avait pas inventé de toute pièce, n'oubliant jamais les autres artistes importants pour l'art en général, et l'animation en particulier (on pense au Château dans le ciel d' Hayao Miyazaki), il peut se venter d'en avoir réalisé une sorte de version ultime. Imprégné de la douce musique de Michael Kamen, qui signera ici l'une de ses dernières bandes originales, Le Géant de fer peut à la fois se regarder comme un film nostalgique, sur une époque et un type de productions révolus, mais également comme une lueur d'espoir d'un avenir plus radieux.

Ressorti il y a quelques mois dans les salles, Le Géant de fer peut enfin délivrer plus largement un message pacifiste qui ironiquement est toujours d'actualité lorsque l'on regarde ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique. Pas certain qu'il serait bien accueilli non plus de nos jours. En attendant, nous pouvons toujours nous régaler avec cette magnifique édition Blu Ray méritée, enfin digne de la stature gigantesque dont l'œuvre matricielle du cinéma de Brad Bird fait preuve.

François Rey
















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Image :
Parce qu'il le vaut bien, Le Géant de fer retourne à sa source, scanné à nouveau en 4K à partir de la copie 35 mm d'origine, jouant déjà habilement les composites entres les éléments traditionnels et les créations en synthèse. Mais la nouvelle copie est bien entendu largement supérieure à ce que l'on avait pu connaitre jusque-là. Autant par sa précision impériale, son respect du grain d'origine, que pour une colorimétrie qui a été entièrement corrigée et égalisée sous la supervision du réalisateur. Le résultat final est admirable et respectueux de la nature intemporelle du métrage.

 


Son :
Le mixage cinéma 5.1 n'a pas forcément été remanié à outrance, mais là aussi peaufiné pour rendre des sensations plus fluides et pures. La piste DTS HD Master Audio 5.1 anglaise est donc inédite pour la sortie Signature et restitue avec ferveurs toutes les petites intentions du mixage son (l'aspect tôle du géant, les échos de la nature), mais aussi bien entendu délivre une dynamique, voir une puissance, digne de n'importe quel blockbuster, en particulier dans son climax final. Les dialogues sont toujours bien posés et les superbes musiques de Kamen achèvent le tout. Dommage que la version française ne nous reviennent que dans un petit Dolby Digital 5.1 un poil daté.

 


Interactivité :
Cajolé déjà depuis un certain temps par la Warner (aah la culpabilité), Le Géant de fer avait connu une belle édition collector DVD comprenant de nombreux bonus plutôt accrocheurs : nombreuses featurettes sur la fabrication du film, making of familial présenté par Vin Diesel, sujets sur le doublage, la musique, scènes coupées et même un très bon commentaire audio. Tous reviennent ici, mais comme nous avons affaire désormais à un film culte, l'éditeur souligne l'évènement de la ressortie en salle avec un coffret limité contenant de belles exclusivités.

Quelques goodies sympathiques tout d'abord, entre les cartes postales imaginées par l'équipe de Mondo, la lettre de Brad Bird et la figurine en plastique (un peu décevante mais bon), mais surtout la présence des deux montages du film. La version vue en 1999, mais aussi désormais le montage de 2016 comprenant essentiellement deux scènes supplémentaires : un petit moment de drague entre Dean et Hogarth qui crédibilise leur relation finale, et le cauchemar du géant renvoyant autant à La Guerre des mondes qu'aux fantasmes terrifiés des années 50. Un authentique Director's cut à l'arrivée, signifié aussi par l'apparition d'une publicité télévisée du parc Tomorrowland de Disney, refusée par le studio à l'époque de la sortie.

Et la sensation que Brad Bird réussit enfin à se réapproprier son premier long métrage constitue la sève d'un documentaire inédit : Le Rêve du géant. Un film de près d'une heure où quasiment toute l'équipe vient participer au récit en voix off de Brad Bird autour de ses débuts dans l'animation jusqu'à la création du film. Parsemé de petits dessins humoristiques (à la manière de certains doc Pixar d'ailleurs) et d'images d'archives, cet item est quasiment le journal intime d'un amoureux du cinéma d'animation qui ne cache pas sa déception lors de son arrivée première dans les Studio Disney, puis son combat pour imposer ses idées, sa vision moins « crétine » du genre et le pari fou que fut Le Géant de fer produit en tout juste deux ans (contre quatre pour le Tarzan de Disney à la même époque). Une vraie aventure que Le Rêve du géant n'enjolive jamais, ne cachant pas les affrontements entre le cinéaste (mue par une tragédie familiale) et sa très douée productrice (Allison Abbate), les maladresses de Bird avec son équipe ou le carnage absolu de la communication tardive et stupide faite par la Warner au moment de la première sortie en salle. Ah si tout les making of étaient de ce niveau là !

Nathanaël Bouton-Drouard

Liste des bonus : La figurine collector du Géant de fer (haut. 11 cm), Une lettre du réalisateur Brad Bird, 5 Art Cards Mondo, Version Signature Edition 2015 (90'), « Le rêve du géant » (56'), Commentaire audio de Brad Bird, Tony Fucile (resp. animation), Jeff Lynch (chef dep. histoires) et Steven Markowski (supervis. animation), 6 scènes coupées présentées par Brad Bird (15'), « The X-Factor » : regard sur Teddy Newton, storyboardeur (6'), « La séquence plonge et couvre-toi » (2'), « Les voix du Géant de fer » : 5 modules sur le doublage (8'), « La musique » (5'), « Derrière l'armure » 17'), Le making of du Géant de fer (22'), « Les mines de sel » : redécouverte des archives du film (7'), « Dessiné à la main » (2'), La bande dessinée en mouvement (4'), Bandes-annonces.

 
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