BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS
Snow White and the Seven Dwarfs - Etats-Unis - 1937
Image plateforme « DVD »
Image de « Blanche-Neige et les Sept Nains »
Genre : Conte
Réalisateur : David Hand
Image : 1.33 4/3
Son : Français en DTS, Français et Anglais en Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français, anglais et divers
Durée : 79 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 7 octobre 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Blanche-Neige et les Sept Nains »
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LE PITCH
Blanche Neige est une princesse d'une très grande beauté, ce qui rend jalouse sa belle-mère. Celle-ci demande quotidiennement à son miroir magique de lui dire qu'elle est la plus belle ; mais un jour, le miroir affirme que la plus belle femme du royaume est Blanche Neige. La reine décide alors de la tuer mais le garde chargé de cette tâche ne trouve pas le courage et abandonne Blanche Neige dans la forêt. Perdue, à bout de force, elle échoue dans une maison où habitent sept nains.
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Au-delà de l'argent

Walt Disney est aujourd'hui l'un des plus gros studios au monde, une position encore renforcée par le rachat récent de l'éditeur de comics Marvel. L'édition collector de Blanche-Neige et les Sept Nains arrive à point nommé pour rappeler que cet empire repose sur une vision avant tout artistique, et un défi humain...

 

Le commentaire audio qui accompagne cette luxueuse réédition éclaire la personnalité de Walt Disney sous un angle peu connu, à la fois du grand public et de ses fans. Alors que le studio est devenu depuis des lustres une machine à succès incroyablement huilée, il est étonnant de se replonger dans les témoignages du vieux Walt, qui avoue lors d'une interview donnée au cours des fifties être le producteur le plus fauché en activité à Hollywood. "A l'heure où je vous parle, je n'ai pas plus de 3000 dollars sur mon compte !", lance-t-il amusé, tout en précisant que l'argent est la dernière chose à laquelle il pense lorsqu'il s'attaque à un projet, au grand désespoir de son frère et associé. Les faits parlent pour lui, en particulier la production quasiment suicidaire de ce Blanche-Neige, premier long-métrage d'animation en celluloid de l'histoire du Septième Art. Un défi naïf mais visionnaire, dont on peine à déceler la plus petite ambition mercantile.

 

Pour petits et grands

 

Véritable travail d'orfèvre que ce Blanche Neige et les Sept Nains, dont l'animation atteint encore aujourd'hui un niveau de détail sidérant. Posant des défis à ses équipes, qu'il manipule à grands coups de mémos ultra-précis et de réunions de production azimutées destinées à inspirer celles des Studios Pixar (Walt y interprète tous les personnages, dont les biches et les lapins, afin de se faire bien comprendre des animateurs), le grand manitou repousse sur Blanche-Neige les limites du concevable. Certaines séquences, notamment l'arrivée de l'héroïne et des animaux de la forêt dans la maison des nains, sont d'une complexité ahurissante, affichant en plus des dizaines de personnages des ombres portées baroques, des effets de lumière, des reflets déformés (l'eau... no comment), le tout selon une grammaire cinématographique héritée des grandes fresques Live. Un émerveillement certes entaché, quatre-vingts ans plus tard, de quelques petites erreurs, dont une tendance à tellement étirer le montage que l'animation finit par se figer entre les plans. Rien de gênant, à plus forte raison compte tenu de la portée émotionnelle du film, alliant le très onirique à la terreur la plus noire (voir les séquences de la Reine face au chaudron ou au miroir magique). Oui, bien avant de bâtir le plus grand studio du monde, Walt Disney avait décidé de prouver sa légitimité artistique, et de s'adresser à la fois à l'intelligence et à l'imagination de son public. Pas sûr qu'un tel créateur aurait cautionné certaines orientations prises par ses successeurs au cours des années 2000...

Alexandre Poncet

 

 

 

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Image :

Restaurée pour l'occasion, la copie de Blanche-Neige et les Sept Nains révèle une inifité de détails jadis usés par le poids des ans, mais aussi quelques aspects un peu moins aboutis de la production. Outre certains contours un peu voyants, on notera ainsi l'allure de patchwork des vues lointaines du château, avec au premier plan des découpages d'arbres réels. Rien de très grave, bien au contraire : les couleurs sont ici retrouvées, de même que le travail sur les ombres (et donc sur les contrastes), on ne peut plus spectaculaire lors des séquences nocturnes. Support numérique oblige, les arrières-plans sont stables et la profondeur de champ décuplée par rapport aux anciens masters.

 

Son :

Remixées en 5.1, les pistes sonores ne sabordent pas réellement les partis pris originels et évitent de spatialiser les sources à outrance. En revanche, impossible de nier le gain de clarté au niveau des voix, en particulier lors des chansons, bien que celles-ci souffrent du passage des modes en terme de lyrisme. A noter que la version française bénéficie d'un DTS mi-débit, tandis que la VO doit se contenter d'un Dolby Digital solide, mais moins immersif.

 

Interactivité :

Cette édition spéciale a la bonne idée de revenir en détail sur les enjeux techniques, artistiques et culturels entourant la production de Blanche-Neige, dont le concept (dessins animés + long-métrage) était en son temps totalement inédit. Le commentaire audio, passionnant, permet de savourer quelques répliques de Walt Disney lui-même, expliquant ses combats face à l'incrédulité des investisseurs, et le chemin de croix que représenta quelques années plus tard la création de son studio, à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, donc du gel de tous ses bénéfices potentiels. Le documentaire "Celle par qui tout a commencé"  continue de plus belle en relatant étape par étape le cheminement créatif qui mènera le vieux Walt à produire Blanche-Neige contre vents et marées. Les intervenants y sont aussi variés que prestigieux, de superviseurs de l'animation de l'époque à des vedettes contemporaines, telles que le compositeur Michael Giacchino. On en apprendra également plus sur les défis techniques réservés par le film, que l'équipe de Disney devra relever en créant des méthodes totalement novatrices. La sortie du film, d'une publicité rudimentaire faute de temps et de moyens à une Première où toutes les stars hollywoodiennes fondront en larme, a également droit de cité, ajoutant encore un peu de valeur à cet excellent supplément. Et d'excellents suppléments, il y en a d'autres, notamment une documentaire retraçant l'avortement du court-métrage Blanche Neige revient, bâti autour des deux scènes coupées du film original, ici visibles. Seul regret, que le documentaire de 85 minutes "Les Studios Hyperion" ne soit disponible que sur le Blu-Ray. Une manière un peu brutale de promouvoir ce nouveau support, au détriment de ceux qui n'ont pas encore les moyens de se payer un lecteur...

 

Liste des Bonus : Commentaire audio comprenant des propos de Walt Disney, Le Retour de Blanche-Neige et les Sept Nains, Les Premières Images de La Princesse et la Grenouille, Clip Inédit "Un Jour Mon Prince Viendra", option Karaoké, Jeu Interactif, Celle par qui tout a commencé, Disney à travers les décennies, Les Voix des personnages.

 
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