POLICE FéDéRALE LOS ANGELES
To Live and Die in L.A. - Etats-Unis - 1985
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Genre : Policier
Réalisateur : William Friedkin
Musique : Wang Chung
Image : 1.85 16/9
Son : Version Originale DTS-HD Master Audio 5.1 & 2.0 / Version Française DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 116 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 6 décembre 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Jim Hart n’est plus qu’à trois jours de la retraite. Avant de partir, ce flic intègre et respecté de tous s’est donné pour dernière mission de mettre sous les verrous Rick Masters, un faux-monnayeur sans pitié qui règne sur Los Angeles. Mais il échoue et est abattu de sang froid. Dévasté par le chagrin, son coéquipier Richard Chance jure de venger celui qu’il considérait comme son meilleur ami. Pour faire tomber Masters, il n’hésitera pas à franchir les limites de la lég...
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Art de destruction

Après les échecs retentissants, aussi bien publics que critiques, que furent Sorcerer (Le Convoi de la peur) et Cruising, et un passage aussi impersonnel qu'anecdotique du coté du divertissement populaire avec la comédie Le Coup du siècle, beaucoup auraient sans doute perdu totalement pied. Pas William Friedkin.

De ses questionnements, de ses recherches, de son incompréhension face à un cinéma trop lumineux pour lui, il en tire un nouveau projet en forme de retour. L'affiche américaine annonçait « The Director of French Connection is back on the street again » et si effectivement les deux polars cultivent de nombreux points communs propres justement à la vision du monde de Friedkin, entre 1971 et 1985 les choses ont bien changé. Et les réflexions stylistiques et politiques d'une décennie ont laissé la place à des blockbusters plus musclés et célébrant des héros triomphants si chères à Ronald Reagan. L'antithèse du cinéma de Friedkin en somme, lui qui ne scrute que la part d'ombre de ses personnages et s'efforce de dépeindre un monde en variation de gris, sombrant le plus souvent vers le noir. Peut importe, en s'emparant du très réaliste et véridique bouquin de Gerald Petievich (un ancien des services spéciaux justement), il semble de prime abord répondre aux sirènes des modes du moment, entre les couleurs et les lettrages pimpants magnifiés par la série Deux flics à Miami de Michael Mann et les codes décontractés du buddymovie comme l'annonce trompeusement une introduction montrant Chance et son mentor Hart empêcher un attentat contre le président des Etats-Unis. Tube eighties décompléxé signé Wang Chung à l'appui.

 

L.A. Vice


Mais bien entendu, To Live and Die in L.A. est un film d'action sans héros, une rencontre entre deux flics incapables de bosser ensemble, un polar sans véritable enquête (les vrais indices sont hors-champs), soit une œuvre profondément nihiliste gangrénée de l'intérieur, que Friedkin remodèle plan après plan à son image. Absolument brillant, déstabilisant, mais majestueux, le film rejoue donc, à l'instar de French Connection ou plus tard le bien nommé Traqué, la traque obsessionnelle d'un flic pour un truand, l'effet miroir troublant entre les représentants de l'ordre et bandits, le flou total quand aux valeurs morales dans un univers plus pernicieux que jamais. Sur fond de circulations de fausses monnaies signées par un artiste autodestructeur (ultra charismatique Willem Dafoe), le polar âpre s'engouffre dans une citée de béton, constituée de terrains vagues, d'horizons pollués, où tous les protagonistes avancent masqués, trompant sur les raisons de leur engagement, professionnel ou privé. Révélation absolue du métrage, William Petersen (futur Grissom de CSI) y incarne alors une tête brulée aux faux airs de Sonny Crockett, mais avide manipulateur et égoïste forcenée qui court à sa propre perte entrainant tous les autres dans son sillage. Jusqu'à une sortie de route aussi sèche que logique et définitive. Un film puissant, dans lequel Friedkin en profite pour rappeler ses qualités insatiables de véritable penseur du cinéma d'action américain, construisant chaque poursuite comme un exercice brulant (la scène dans l'aéroport) ou une démonstration de force surréaliste lorsqu'une simple fuite en bagnole devient une plongée vertigineuse dans un chaos total. Pour Friedkin, on ne vit à Los Angeles que pour y mourir.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Apparu en 2016 le nouveau master HD de To Live and Die in L.A. a depuis fait les honneurs de quelques éditions anglo-saxons (Arrow, Shout... que des bons) avant de parvenir enfin en France. Un nouveau scan 4K supervisé par Friedkin en personne qui déjà assure sur la fidélité au cadre initial et à la palette colorimétrique. Cette dernière n'a d'ailleurs jamais été aussi éclatante, faisant briller les fameuses teintes fluo des 80's tout en soulignant le rougeoiement de l'horizon, et les bleus saturés. Magnifique, entouré de noirs profonds et constants, le master n'est certes pas exempt de petites fluctuations dû à son âge et à ses expérimentations, mais la restauration est manifeste, livrant une copie puissante et ferme, où la plus grande réussite reste le maintien du grain de pellicule. Un grain excessivement marqué, presque doté de son propre relief, que l'on retrouve ici constamment à l'écran mais jamais entrainé vers un effet neigeux désagréable ou des impacts de compression.

 


Son :
Projeté en 1985 en stéréo, le film nous revient en anglais avec une piste DTS HD Master Audio 2.0 irréprochable, ferme, clair et dynamique qui ravira les puristes. Carlotta a aussi disposé sur le disque une refonte plus « moderne » avec un DTS HD Master Audio 5.1 pour les versions originale et française (doublage pas incroyable). Ce dernier se révèle tout aussi limpide, mais distille quelques petits effets d'ambiances supplémentaires, question de donner un peu de corps aux rues ou un chouia d'effets mécaniques à la fameuse poursuite en voiture. Rien de renversant cependant, l'essentiel se tient là aussi sur les enceintes avants.

 


Interactivité :
Huitième volume de l'indispensable et ambitieuse collection des Coffret Ultra Collector de Carlotta qui fait jusqu'à maintenant un sans faute. La preuve avec l'arrivée du masterpiece de Friedkin doté d'une illustration concept designé par Raid71, et toujours de ce fourreau contenant un objet livre aussi élégant que cinéphilique à souhait.

Celui-ci se dispose une nouvelle fois en plus de 150 pages réparties entre photos du tournage ou issue du film et une série de textes inédits confiés ici à la rédaction de la revue La Septième obsession. Des essais aux analyses très poussées, formelles et thématiques, qui vont peut-être en laisser quelques-uns sur le carreau, tant les recherches autour de la figure de Master, le regard porté sur la figure du « faux » ou sur l'image du « mâle » restent des lectures plutôt exigeantes. Cela n'en reste pas moins une proposition plutôt culotée et en accord avec le film lui-même, faux film populaire.

Bien entendu d'autres suppléments viennent encore gonfler la force du box avec du matériel récolté sur les meilleurs éditions du monde. Soit un retour nécessaire des items présents dès le DVD collector de la MGM avec le commentaire audio plutôt léger, mais pas inintéressant, du cinéaste, accompagné de l'authentique et très complet making of de trente minutes, de la courte scène coupée que Friedkin aurait réintégrée si elle n'était pas si abimée, et de la fin alternative. Un petit bijou explicité grâce à une introduction assez drôle la qualifiant de fin "Eddie Murphy" soit un grand moment de pseudo happy end hors sujet commandité par la production que Friedkin s'empressera d'enterrer.

A ces supléments de 2005 s'ajoutent désormais ceux enregistrés l'année dernière par Shout Factory, soit une série d'interviews inédites qui font en effet un peu redite avec le making of, mais n'en reste pas moins pertinentes et accrocheuses, en particulier celle de William Petersen. Quelques anecdotes de tournage, les méthodes de casting particulière de Friedkin, mais on sent surtout y poindre une admiration sans borne pour le réalisateur et le Michael Mann qui le fera tourner juste après dans Manhunter. Un mec passionnant et modeste qui laisse la place à à l'acteur Dwier Brown, qui ne fait pourtant ici qu'une apparition, à la mystérieuse Debra Feuer et puis au directeur des cascades Buddy Joe Hooker (Scarface, Boulevard de la mort, L'Arme Fatale 2... une pointure) qui se lance dans une leçon technique longue et impressionnante avec quelques images de tournage inédites. Avec tout ça, difficile de se plaindre non ?

Liste des bonus : Édition limitée et numérotée (3 000 exemplaires), le livre « Éloge du faux-semblant » (160 pages), Commentaire audio de William Friedkin, « Un monde de contrefaçons » (30'), « Tenter sa chance » (21'), « Le Renouveau de la femme à Los Angeles » (15'), « Docteur d'un jour » (9'), « Totalement en phase » (13'), « À contresens » : (36'), Scène coupée (4'), Fin alternative (9'), Spot Radio, Bandes-annonces.

 

 

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