L’ENFER DES ZOMBIES BLURAY
Zombi 2 - Italie - 1979
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Image de « L’Enfer des zombies Bluray »
Genre : Horreur
Réalisateur : Lucio Fulci
Musique : Fabio Frizzi
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Date de sortie : 2 mai 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Enfer des zombies Bluray »
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LE PITCH
Un bateau semblant abandonné dérive dans le port de New York. Les garde-côtes interviennent et se font agresser par une créature monstrueuse qui y gisait caché. Pensant que le voilier est celui de son père disparu, Anne se rend dans les Caraïbes, à la recherche de celui-ci. Accompagnée par un journaliste, elle débarque sur une île réputée maudite sur laquelle vit le docteur Ménard. Ce dernier explique que, depuis quelques temps, les morts reviennent à la vie pour dévorer les viva...
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L'enfer selon Fulci

Après un premier détour remarquable du coté du Bluray avec les films de Pete Walker, Artus Films enfonce définitivement le clou et rejoint les meilleurs éditeurs bisseux du marché en proposant son premier coffret Bluray / DVD / Livre d'une collection cauchemardesque dédiée à l'extraordinaire Lucio Fulci.

Dire que Lucio Fulci a marqué à vie la quasi-intégralité des amateurs de gore via L'Enfer des Zombies est un doux euphémisme. Rien ne laissait pourtant espérer un tel résultat à l'époque. Vendu avant même la première ligne de scénario achevé, Zombi 2 (sans le «e», pour éviter les embêtements juridiques, «2» pour prétendre faire suite à Zombie) se tournera à l'italienne, sans le sou et dans une désorganisation assez phénoménale. Moins d'un mois séparera le dernier jour de prises de vue de la sortie européenne, à peine le temps nécessaire aujourd'hui pour mixer les doublages internationaux d'un blockbuster américain. Ca laisse rêveur.

Malmené dans sa vie personnelle, Fulci, jusqu'alors auteur gothique solide (cf. L'Emmurée vivante), déversera son mal-être et ses frustrations dans L'Enfer des Zombies (ou Zombie Flesh Eaters en Angleterre, faut suivre). Sanglant à n'en plus pouvoir, le film ne prétend pas jongler avec les thématiques politiques de son homologue américain. Fulci et son producteur Fabrizio de Angelis veulent un film d'horreur direct, au premier degré, un survival dont l'inspiration vaudou nourrira avant tout un cauchemar quasi-expérimental.

no man's land


Quoiqu'il en soit, le pari sera tenu haut la main par l'équipe de Fulci. Si ses figures imposées affichent aujourd'hui un kitsch plus ou moins savoureux (les scènes de nu n'ont vraiment, mais alors vraiment rien à faire là), L'Enfer des Zombies reste un sommet d'impressionnisme macabre, de raffinement dans l'horrible. Desséchés, parcourus dans leurs chairs par des vers et autres bestioles peu recommandables, les morts-vivants errent désincarnés dans des rues de western filmées en Cinémascope, et dégageant une aura singulière, qui n'appelle jamais le rire. Dans ce no man's land exotique où viennent se perdre des occidentaux trop curieux, Fulci met en scène des morceaux de bravoure surréalistes, tellement graphiques et excentriques qu'ils dépassent d'emblée tout procès moral : une femme énuclée en gros plan par un revenant, un mort dévorant un requin vivant, une tête s'extirpant lentement d'une terre aride... Un spectacle ahurissant qui trouvera son apogée lors d'un gunfight western à la limite de l'abstraction, où lors de cette image finale emblématique, montrant les morts arpenter mécaniquement le pont de Brooklyn. Un plan de légende pour un film mémorable.

Simon Grueber




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Image :
La voici enfin officiellement en France cette copie remasterisée 2K tant ventée de L'Enfer des zombies. Un travail admirablement et solidement effectué qui tout en nettoyant à l'extrême le cadre (allez, on doit apercevoir deux mini-griffures dans tout le métrage), préserve avec maniaquerie la prestance d'origine. Un ou deux plans sont en effet légèrement plus marquées par quelques manipulations nécessaires entrainant une toute petite perte dans la définition, mais le reste est d'un piqué admirable et d'une profondeur qu'on ne lui avait jamais connue. Superbe, tout comme la colorimétrie, tout d'abord volontairement austère dans la première partie, urbaine, avant d'exploser les mirettes dans une dernière bobine crépusculaire.

 


Son :
Les férus collectionneurs seront peut-être un peu déçus de perdre ici la version anglaise, soit internationale. Reste tout de même le doublage français, pas franchement efficace, et surtout la bande italienne, sans doute la plus proche de l'esprit du film. Le DTS HD Master Audio 2.0 n'est pas là pour développer une dynamique soutenue, mais la bande est assez bien équilibrée, aussi propre que possible (cela reste de la post-synchro) et les notes flippantes de Fabio Frizzi n'ont jamais étés aussi traumatisantes.

 


Interactivité :
Premier opus d'une collection Lucio Fulci d'ors et déjà indispensable, L'Enfer des zombies pose les intentions de l'éditeur. Une copie restaurée de toute beauté, un montage uncut (longtemps invisible en France) et un objet classieux entre le livre et le digipack. Les pages concoctées essentiellement par Lionel Grenier, mélangent photos, extraits de scénarios, propos des réalisateurs et petits essais sur les zombies dans le cinéma de Fulci ou dans le paysage italien. Réussi, tout comme l'introduction vidéo livrée par le même journaliste, pas toujours à l'aise devant la caméra, mais véritable connaisseur du maitre. L'incontournable Alain Petit, habitué d'Artus, revient lui sur son travail effectué aux cotés de Jean-Pierre Dionnet pour l'émission mythique Quartier interdit et ses tonnes de films étranges et rares dont la diffusion compliquée, et pour la première fois dans l'hexagone, de la version uncut de Zombi 2.

Pas si mal déjà, mais bien entendu le cœur des suppléments reste dans la présence en interview du scénariste Dardano Saccheti et du maquilleur Maurizio Trani. Deux collaborateurs réguliers de Fulci et deux artisans évidents de la réussite miraculeuse de L'Enfer des zombies, dont il est amusant de comparer la personnalité. D'un coté l'un se vanterait presque d'être à l'origine de la carrière du cinéaste et récupère régulièrement la réussite de ses films (voir en sus un thème là-dessus dans le livret), alors que le second, pourtant absolument génial dans ses trouvailles, est d'une humilité chaleureuse. Son intervention est certes plus courte, mais regorge d'anecdotes hilarantes pour un tournage qui aurait pu vriller à la catastrophe plus d'une fois et sur la personnalité atypique de Fulci.
Bon et bien maintenant, on a plus que hâte de mettre la main sur le coffret de L'Au-delà...

Liste des bonus : Livre 80 pages de Lionel Grenier « Fulci, zombies et opportunisme : quand les morts-vivants ont envahi le cinéma italien », Quand les morts sortiront de leurs tombes, par Lionel Grenier (18'), De sang et d'encre, entretien avec Dardano Saccheti (42'), L'île des morts vivant, entretien avec Maurizio Trani, Quartier Interdit : L'enfer des zombies, par Alain Petit (11'), Films-annonces originaux.

 
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