UN JOUR SANS FIN
Groundhog Day - Etats-Unis - 1993
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Un Jour sans fin  »
Réalisateur : Harold Ramis
Musique : George Fenton
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos True HD 7.1.4 anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand, espagnol…
Durée : 101 minutes
Distributeur : Sony Pictures
Date de sortie : 9 mars 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Jour sans fin  »
portoflio
LE PITCH
Un météorologue prétentieux, couvrant un événement local dans une ville de province, a la surprise de se réveiller le lendemain… le même jour que la veille ! Et ce phénomène inquiétant se répète de jour en jour, bouleversant la vie et la personnalité du malheureux…
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Revoir à l'infini

Peu de films, et en particulier des comédies, peuvent se vanter d'avoir autant marqué leur époque que Un Jour sans fin, bijou fantastique ayant définitivement propulsé le génial Bill Murray dans la stratosphère des maitres du pince-sans-rire, tout en devenant à son tour une tradition indémodable. Mieux que le film de noël ? Le film du jour de la marmotte.

Petit réalisateur sympathique renommé pour les farces National Lampoon Caddyshack ou Bonjour les vacances avec le tristement oublié Chevy Chase, Harold Ramis est surtout un scénariste qui a définitivement marqué la comédie américain moderne avec des cartons comme American College et SOS Fantômes (au passage, Egon Spengler c'est lui). Un talent, un rythme, une irrévérence évidente, mais qu'il aime à mêler avec l'esprit tordu du Saturday Night Live et la fraicheur poétique des classiques des 50's. Et cela n'a jamais été aussi évident qu'avec un Jour sans fin, fable à la fois contemporaine pour son inscription esthétique dans les années 90 et totalement intemporelle pour les valeurs et le regard humaniste qui le traverse. Ayant un temps approché Tom Hanks pour occuper le rôle titre, il optera finalement, et avec quel discernement, pour son acolyte de Les Bleus (aka Stripes), Bill Murray, inoubliable dans ce rôle d'un présentateur météo imbouffable, odieux, imbu de lui-même et misanthrope crachant sur les péquenots de Punxsutawney.

 

"debout les campeurs et haut les coeurs"


Un parfait monsieur connard, mais que l'acteur teinte finement d'un désespoir déjà présent, d'une mélancolie qui traverse ses regards. Un matériau idéal pour construire un conte qui va rapidement devenir vertigineux lorsque ce dernier se rend compte qu'il est condamné à revivre éternellement le même jour. Un postulat aussi brillant que risqué, que Ramis, s'appuyant autant sur les improvisations de l'acteur et le sourire radieux d'Andie MacDowell, va maitriser jusqu'au bout du spectacle, alternant les émotions, les gags, à répétition ou non, mais surtout creusant constamment cette notion d'infini : la consternation, l'euphorie, le rejet de toute conséquence morale, manipulation séductrice, désespoir totale, tentatives de suicide, délire de grandeur « je ne suis pas Dieu, mais UN dieu... enfin je crois » ... D'un arrogant inaccessible, Murray transforme son alter ego en bougre pathétique avant que, à la manière d'un film de Frank Capra, ce délire tordant à la rigueur d'horloger suisse, ne lui permette d'évoluer et de grandir en prenant conscience de l'autre. Des autres. Certains y verraient une réflexion philosophique, théologie même, sur le sens de la vie, mais ici aucune intervention extérieure, les unités de temps (un jour) et de lieu (un bled célébrant une brave marmotte) ne seront ni expliquées, ni lourdement moralisées, préférant s'achever sur une fragile et légère note de comédie romantique enneigée. Avec Un Jour sans fin, la vie est belle.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
A l'instar de nombreux autres titres parus ces derniers temps du coté de Sony en 4K (de Dark Crystal à Jumanji), Un Jour sans fin fait partie des titres les plus choyés et les plus régulièrement réédités de leur catalogue. La restauration de base existait donc déjà en Bluray dans une édition 15ème anniversaire tout à fait convaincante, mais l'arrivé du métrage en Bluray 4K fait, forcément, encore mieux. D'une propreté considérable le master 2160p impose un cadre immuable, constamment net et stable, et délivre quelques prouesses inédites du coté de la profondeur, vertigineuse, ou d'un piqué, sidérant de précision. Une image creusée donc, usant et abusant de toute les informations disponibles naturellement sur la pellicule d'origine, tout en préservant constamment ces fameuses teintes ocres et grises typique des 90's et un léger grain fin et naturel. Superbe tout bonnement, surtout que le système UHD fait apparaitre des variations de teintes chaudes (les scènes d'intérieurs, en particulier au coin du feu) que l'on ne faisait que deviner jusque-là.

 


Son :
Pour l'occasion, le film d'Harold Ramis se paye un Dolby Atmos True HD 7.1.4 pour la version originale. Une amplitude et une dynamique musclée qui pourrait sembler superflus pour une comédie de cet acabit si le travail renforcé sur les ambiances n'était pas aussi appréciable. La petite ville semble constamment habité d'une vie propre, les effets de haut parleur (les musiques qui résonnent dans les rues), les quelques accélérations en voiture ou les ambiances plus festives marquent clairement le coup sans jamais bousculer l'équilibre des sources. Fin et naturel donc. Dommage que la version française (de très bonne qualité) ne soit qu'en Dolby Digital 5.1 sur la galette Bluray 4K, alors que le Bluray (présent dans le boitier) le propose en Dolby True HD 5.1. Curieux.

 


Interactivité :
Le support Bluray 4K ne permet manifestement toujours pas de placer en plus du film différents bonus sur le même disque. Heureusement les éditeurs glissent généralement le Bluray classique dans le boitier. C'est le cas ici, et l'on y retrouve donc tous les suppléments existant déjà sur l'édition précédente sortie en 2009, soit un commentaire audio assez soporifique d'Harold Ramis, une interview de ce dernier où il a au moins le mérite d'allez à l'essentiel, un doc inutile sur les marmottes ( ????), cinq minutes de scènes coupées plutôt sympas et un vrai making of hérité du DVD collector. Etrangement, et comme souvent avec l'acteur, Bill Murray est quasiment invisible dans tout ça.

Liste des bonus : Commentaire audio d'Harold Ramis, « Un autre jour » : interview d'Harold Ramis, « Le poids du temps », « L'étude des marmottes » : un regard dans la vraie vie sur les marmottes, Scènes supplémentaires, Picture in picture de Needle Nose Ned, Bandes-annonces.

 
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