LORD OF ILLUSIONS
Etats-Unis - 1995
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Réalisateur : Clive Barker
Musique : Simon Boswell
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 & 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 121 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 20 avril 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Harry D'amour, détective privé new-yorkais spécialisé dans les affaires relevant d'occultisme, doit enquêter sur les menaces qui pèsent sur la vie d’un célèbre illusionniste, Philip Swann. Ce dernier succombant à une mort violente au cours d’un de ses shows, les soupçons de Harry s’orientent d’abord sur Dorothea, la femme de Swann, avant que son enquête le mène sur les pas d’un groupe de fanatiques souhaitant le retour de Nix, leur chef et gourou, neutralisé par Swann trei...
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dans les règles de l'art

Romancier fascinant à la carrière bardée d'authentiques chefs d'œuvre, artiste complet (c'est aussi un très bon peintre, sculpteur et dramaturge), Clive Barker ne se sera pourtant essayé que trois fois directement au cinéma. Un art de l'image, de l'illusion, constamment heurté par les cauchemars du créateur d'Hellraiser, comme le prouve son superbe, et malheureusement ultime, Lord of Illusions.

Comme pour les précédents Hellraiser et Cabal, Cliver Barker jette son dévolue sur l'un de ses propres textes, ici la nouvelle The Last Illusion présente dans l'une des anthologies Les Livres de sang, qu'il retouche largement mêlant sa trame baroque avec nombres de réflexions et ingrédients explorés dans d'autres romans comme Secret Show ou Everville. Logique, ces derniers, à des degrés différents, partagent à la fois des traversées sidérantes entre les réalités, des effluves apocalyptiques de magie et un certain Harry D'Amour unique vrai héros récurrent de l'œuvre de Clive Barker. Une adaptation libre en somme, et synthétique même, tant le long métrage semble être une constante et très réfléchie œuvre somme, parcourue de superpositions de genres et d'imaginaires si chers à son créateur. Le fantastique pur, l'horreur gore, le gothique, le décorum contemporain (faussement réaliste), la sexualité ambigüe en opposition à la « déviance » et de vraies ambitions cinématographiques où Barker compense un manque certains de virtuosité dans sa réalisation (plutôt discrète mais toujours propre), par la naissance sur écran de véritable mondes, uniques et terrifiants.

 

Imagica


Plus que jamais, Lord of Illusions est ici une percée dans un cadre reconnu prenant des atours de film néo-noir typique des années 90's, d'un ailleurs colossale, d'une magie destructrice et ténébreuses. Celle-ci se cache dans les coulisses du milieu de la magie professionnelle (de véritable illusionnistes ont œuvré sur le film) ou dans le squat sordide d'une secte hallucinée, avant de contaminer définitivement la fiction jusqu'à un final apocalyptique et volontairement outré. C'est d'ailleurs souvent là qu'apparaissent les limites de Lords of Illusions, comme constamment bloqué par des moyens en-deçà des visions de Barker, particulièrement remarquables sur les oscillations entre de superbes effets spéciaux à l'ancienne, viscéraux et poétiquement morbides, et des images de synthèses ambitieuses pour l'époque mais qui ont si mal vieilli. Certains « tours de magie » sonnent faux comme si Clive Barker avouait l'insuffisance du cinéma à embrasser totalement des ténèbres dont on ne verra jamais que la partie émergé de l'iceberg. L'œuvre en est alors d'autant plus passionnante, surtout qu'elle aborde son passage de l'autre coté du miroir, comme un simple film noir, toujours premier degré mais clairement conscient de ses propres clichés, à l'instar bien entendu du duo vedette : le détective privé torturé Harry D'amour (le Scott Bakula de Code Quantum et Star Trek Enterprise) et la femme fatale / fragile Dorothea (sublime Famke Janssen, future Onatopp de GoldenEye et Jane des X-Men). Clive Barker définissait son Lord of Illusion comme un croisement entre Chinatown et L'Exorciste, pourtant, comme Hellraiser et Cabal, le résultat final ne ressemble qu'à du Clive Barker.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Cela peut paraitre incroyable, mais jamais en France il n'avait été possible de découvrir officiellement la version complète du film. Plus d'une dizaine de minutes éparpillée tout au long du métrage ajoutant ici un peu d'horreur graphique, là un soupçon d'érotisme (très soft) et surtout quelques éléments scénaristiques non pas essentiels, mais logiques, plus fluides et creusant considérablement l'atmosphère. Ce montage «director's cut» nous parvient donc enfin sous la forme d'un nouveau scan HD 1080p au rendu solide, si ce n'est vraiment impressionnant. Pas forcément la faute aux équipes de restaurateurs, mais clairement ici à la nature du métrage et son époque de production. D'un coté les 90's se reflètent dans une photographie très lumineuse mais à la définition légèrement diminuée, ou des noirs trop chauds et donc un poil neigeux ; de l'autre l'utilisation fréquentes d'effets spéciaux numériques et d'images de synthèses font apparaitre des segments à la limite du upscale. Pas de miracle donc pour ces défaillances indépendantes de leur volonté, mais l'essentiel de la copie reste tout à fait appréciable avec ses couleurs pleines et contrastées, ses cadres fouillés et précis et surtout cette volonté de préserver la nature organique du film, avec ses dernières petites taches (rares) et surtout un grain de pellicule en harmonie avec le film.

 


Son :
Pour profiter pleinement du director's cut, on penchera forcément du coté de la version originale avec le choix entre un mixage au plus près des sensations frontales d'origine en DTS HD Master Audio 2.0 et un inédit DTS HD Master Audio 5.1. Ce dernier reste cependant assez fidèle à sa source, ne jouant sur la dynamique et les ambiances qu'à quelques rares moments, mais toujours à bon escient. Le fameux spectacle de magie sur scène, les effusions finales... Mais clairement ce sont les compositions, entre opera baroque et polar noir, de Simon Boswell qui réussissent ici à s'imposer à chaque note.

 


Interactivité :
Souvent très critiques et attachés à l'exhaustivité, les cinéphiles férus du cinéma de Clive Barker auront déjà noté que la très belle édition du film proposée par Le Chat qui fume (toujours cet élégant digipack cartonné) ne contient pas tous les suppléments existants sur ses homologues anglo-saxons. Pas de traces ici du commentaire audio (pourtant très intéressant) du réalisateur, absence des petites scènes coupées, de l'interview du storyboarder Martin Mercer et du montage cinéma. Pas bien grave pour ce dernier au passage, tant il semble aujourd'hui obsolète.

Il y a cependant de très belles choses dans les disques français avec en particulier le making of brut «L''illusion de la réalité» combinant de nombreuses sources d'époques, interviews de l'équipes et images nombreuses du tournages, qui permet de découvrir une ambiance des plus studieuses, entrecoupée de réflexion de Barker sur le monde de la magie, le cinéma d'horreur et son rapport à D'Amour. Les acteurs, plus promo, sont ici moins mémorables. Forcément à coté, la petite featurette promotionnelle d'époque fait un peu anecdotique.

Reste en exclu hexagonale la longue discussion enregistrée avec Guy Astic, auteur et directeur des éditions Rouge Profond, qui scrute généreusement la carrière de Barker dans son ensemble, présente solidement ses univers et les liens qui existent entre les différents romans et films, tout en tentant de lancer des pistes d'analyses sur Lord of Illusions proprement dit. L'occasion aussi pour ce dernier de rappeler qu'aucun éditeur français ne nous as pour l'instant proposé le director's cut de Cabal. On dit ça, on ne dit rien...

Liste des bonus : L'illusion de la réalité (62 min), Dans les coulisses (18'), Lord Clive Barker (45'), Bandes-annonces.

 
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