PENTAGON PAPERS
The Post - Etats-Unis - 2017
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Genre : Thriller, Drame
Réalisateur : Steven Spielberg
Musique : John Williams
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 Anglais, DTS High Resolution 7.1 français, allemand, italien…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 116 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 29 mai 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Katharine Graham, première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations. Ces révélations concernent les manoeuvres de quatre présidents américains, sur une trentaine d’années, destinées à étouffer des affaires très sensibles. Au péril de leur carrière et d...
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Layer Fake

A presque 72 ans, Steven Spielberg continue de faire ce qu'il a toujours dit, des films pour lui, selon ses envies. Ce qui donne aujourd'hui au père d'E.T. et d'Indiana Jones une filmographie incroyablement dense et éclectique. Celle d'un rêveur et d'un créateur impénitent qui aura marqué son siècle, celle d'un père qui aura voulu laisser une trace indélébile à ses enfants et celle d'un citoyen américain prenant le parti et la défense des vrais héros de son pays.

The Post commence dans la jungle vietnamienne, au côté d'un analyste du ministère de la Défense accompagnant les soldats au front, dans ce labyrinthe inextricable et parsemé de pièges mortels. L'homme est là pour rendre compte de l'avancée du conflit car, au début des années 70, cela fait déjà plus de 10 ans que les GI meurent par centaines à plusieurs milliers de kilomètres de leurs terres. Une guerre qui s'embourbe, paraît sans fin, qui force à s'interroger sur son bien fondé et dont la réponse va être à l'origine d'un des plus gros scoops de l'histoire du journalisme américain après que le rapport soit divulgué au New York Times. Un journal qui va devenir la cible de Richard Nixon lui-même, président de l'époque, qui va peser de tout son poids sur sa rédaction pour que les documents ne sortent pas (prétextant la raison d'État et la sécurité nationale). Un fait qui en dit long sur la main mise du pouvoir sur les journalistes à cette époque dans un pays pourtant considéré comme un modèle de démocratie. Le Washington Post va alors récupérer les documents et, contre l'avis de tous, son rédacteur en chef et sa directrice de publication vont décider (presque seuls!) de tenir tête au Pouvoir. Les documents vont être publiés, révélant la vérité sur l'enlisement du conflit, concluant que les enfants de l'Amérique y meurent inutilement et détricotant le tissu de mensonges et de secrets savamment servis par l'administration américaine à son peuple depuis des années. Une bombe dont les déflagrations se font encore ressentir aujourd'hui.

 

stupeurs et tremblements


Pour incarner Ben Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post, Steven Spielberg choisit Tom Hanks, qu'il retrouve pour la cinquième fois devant sa caméra. En ce qui concerne Kay Graham, directrice du journal, c'est Meryl Streep qui l'interprète. Un duo d'acteurs qui init de classer le film dans la catégorie académique, pour ne pas dire lourde et empesée. Et c'est vrai que nombre de ces scènes montrent un aéropage de personnages en costumes s'affairant dans des salles de rédaction, dans des salons en beaux bois vernis ou lors de cocktails mondains. Une lourdeur que ne vient pas démentir les dernières compositions de John Williams, grand ami du réalisateur et compositeur de génie qu'on a connu beaucoup plus inspiré. Pourtant, Steven Spielberg réussit, une fois encore, à donner une énergie narrative à son film, à formaliser les enjeux de son histoire et la psychologie de ses personnages au travers de sa réalisation. Une énergie qui se ressent à l'image dès lors que la décision est prise d'éditer les fameux documents du Pentagone, la caméra bouge à la vitesse à laquelle les évènements se précipitent, jusqu'à cette scène où le personnage de Bob Odenkirk tape à la machine accompagné par le vrombissement des rotatives, qui fait trembler la pièce autour de lui, comme si c'était l'écriture de son article qui faisait trembler la Terre elle-même.
Une énergie que l'on doit d'ailleurs aussi à une partie du casting, plus jeune et transfuge de la TV, pour la plupart, et qui donne la réplique aux ténors du grand écran dans l'équipe de journalistes : Bob Odenkirk, donc, le Saul Goodman de Breaking Bad et Better Call Saul, la toujours émouvante Carrie Coon, vue dans The Leftovers et la saison 3 de Fargo. Quant au camp adverse, il est représenté par Bruce Greenwood, goguenard et démago à souhait, dans le rôle du secrétaire d'État à la Défense.

Loin d'être un simple film académique comme Eastwood en produit depuis quelques années, le dernier Spielberg est donc bien un film de son auteur, imaginé et réfléchi dans son moindre détail, prenant racine dans une actualité brûlante, pour prendre évidemment le parti des journalistes face à un président actuel qui remet en cause leur recherche de vérité ; pour appuyer un peu plus aussi le rôle déterminant d'une femme dans un Hollywood en proie à l'un des plus grands scandales de son histoire. Et quand on sait que le réalisateur a tourné le film en pleine phase de postproduction du très attendu Ready Player One, on se dit qu'avec un tel éclectisme à plus de 70 ans, le Monsieur en a encore sous le capot. Tant mieux.

Laurent Valentin












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Image :
Nouvelle alliance imparable entre Spielberg et le directeur photo Janusz Kaminski, Pentagon Papers retrouve toute la force vibrante et les textures sensibles du cinéma des 70's grâce à une capture sur pellicule, avant un transfert 4K à la précision redoutable. Sur Bluray le résultat est renversant de finesse et de naturel, usant d'un léger grain omniprésent mais organique, pour révéler constamment une matière palpable, une profondeur fluide, des teintes légèrement désaturées et des reflets argentiques qui glissent sur des noirs abyssaux. Une merveille technique entièrement dévouée à l'expérience temporelle du métrage qui rappelle, une fois encore, que la pellicule à tout de même une impériosité évidente sur le tout numérique.

 


Son :
De prime abord on pourrait voir le film comme une simple confrontation de personnages, reposant essentiellement sur les dialogues et la performance des acteurs. Pas tout à fait, puisque outre la superbe bande originale signée par un John Williams inspiré, The Post est un film qui repose énormément sur ses ambiances sonores, qu'elles soient urbaines dans les rares extérieurs, ou surtout « mécaniques » dès lors que la caméra devient le témoin des remous de la rédaction. La dynamique du DTS HD Master Audio 7.1 est alors indispensable pour faire ressentir la tension qui monte, les bureaux qui s'activent comme une fourmilière et les retors de l'impression qui font trembler le bâtiment. Précis, clair, enveloppant et surtout très puissant dans sa restitution.

 


Interactivité :
Grand habitué de la filmo de Spielberg, le documentaliste Laurent Bouzereau semble ici étrangement moins inspiré qu'à son accoutumée. Les thèmes s'enchainent, alternant entre un retour sur les véritables Kay Graham et Ben Bradlee, sur la découverte du scénario, la direction d'acteurs (belle définition de l'art de Meryl Streep), le tournage ou la musique de Williams, mais avec un propos bien souvent trop propre, trop polis, trop classique. Sans doute qu'un resserrage autour d'un seul making of aurait été plus efficace, ou alors un documentaire prenant le partie de rebondir sur le discours inaugural de Tom Hanks en début de tournage, rappelant que le choix d'un tel sujet en 2017 n'a absolument rien d'un hasard...

Liste des bonus : « Ligne éditoriale » : recréer une époque, « Arrêtez les presses » : le tournage du film, « Arts & divertissements » : la musique du film, « Présentation » : Katharine Graham, Ben Bradlee et le Washington Post, « Editorial » : les acteurs et les personnages du film.

 
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