SOCIETY
Etats-Unis - 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Brian Yuzna
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0, Français DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : The Ecstasy of Films
Date de sortie : 11 juin 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Bill Whitney apprend de David que ses parents se livreraient à des orgies. Peu après David meurt dans un accident. Lors d’une réception Bill rencontre un étudiant prétendant avoir tué David et tombe amoureux de Clarissa. Il va mener son enquête…
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La pyramide par le fondement

Retour sur la première réalisation du filou Brian Yuzna (Re-Animator 2, Le Retour des morts-vivants 3, Necronomicon) qui avait déjà éclairé les 80's de son regard biaisé en produisant les excellents Re-Animator, Dolls et From Beyond de Stuart Gordon. Dans la même veine, Society fut un authentique choc, un B movie totalement déluré peuplé de visions grand guignol inoubliables, aussi connes que troublantes.

Tout le monde ne rêve pas de devenir réalisateur et des années durant la place de producteur suffisait largement à Brian Yuzna qui se complaisait parfaitement dans sa place d'acolyte de Stuart Gordon. Il garda aussi longtemps l'idée de produire un essai paranoïaque de Dan O'Bannon et œuvra même sur la première mouture de Chérie j'ai rétréci les gosses pour Disney. Mais en homme pratique ne galvaudant jamais ses pitchs sur l'autel du tout venant commercial, il finit par se glisser derrière la caméra après que le premier réalisateur envisagé se soit fait la malle. En profitant pour reprendre l'écriture du script, Yuzna, l'air de rien, va faire décoller un simple film d'exploitation avec secte d'aristocrates se baignant dans des marres de sang, vers un trip délirant, un film d'horreur jamais vu. Si on ne peut le gratifier de la palme du meilleur cinéaste, sa réalisation se montrant ici parfois trop en retrait, trop basique, cela semble pourtant presque conscient, tant Society avance masqué. Gueules de crétins premiers de la classe, héros au visage de benêt (Billy Warlock que l'on retrouvera rapidement dans Baywatch, cqfd) et blondes peroxydées à tous les étages... Bienvenue sous le ciel azuré de Beverly Hills, des caisses lustrées et ultra-polluantes, de sa bourgeoisie sous cellophane aux sourires éclatants.

 

"you're going to make a wonderful contribution to society"


Une illustration de soap, foncièrement caricaturale, trop propre, où la jeunesse a la gagne, bien épaulée par l'ancienne génération bienveillante. Oui mais voilà, Bill, persuadé que ses parents ne sont pas ce qu'ils semblent être va peu à peu découvrir les secrets scabreux de cette « haute société » et sa place peu recommandée au sein de celle-ci. Avec des atours de comédie teenage outrancière, Society tourne à l'authentique thriller parano, mâtiné d'érotisme absurde et de cauchemars grotesques. Prenant au mot l'idée que les riches se nourrissent sur le dos des pauvres, le réalisateur démonte l'illustration glorifiant de la télévision ricaine pour mieux se vautrer dans une vision surréaliste, porn-gore et absolument démesurée de la lutte des classes. Une satire hallucinée des années Reagan (tristement plus d'actualité encore aujourd'hui) à laquelle le taré Screaming Mad George (virtuose des maquillages déjà remarqué sur les Freddy 3 et 4) donne une corporalité surréaliste entre Salvador Dali et Guernica. Les corps se déforment, s'entre-pénètrent, dévorent, suintent, exhalent, dans une gigantesque partouze finale qui résume à la perfection les différentes strates du film : œuvre politique, chronique adolescente, film d'horreur popcorn, parodie graveleuse et incestueuse... Jusqu'au-boutiste et généreux, Society décrypte le monde comme un pachyderme bourré dans une boutique de miniatures vénitiennes, appuie plus que de raison sur la vulgarité révoltante des «puissants», mais avec une jubilation et une beauté plastique si étrange, qu'il ne peut que laisser des traces. Et puis entre le premier « butthead » du cinéma et une science immonde du fist-fucking, Society fait carton plein.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Bien trop longtemps uniquement exploité chez nous dans des copies infâmes, baveuses, sombres et recadrées (que ce soit en VHS ou en DVD) Society s'offre enfin une sortie à sa hauteur, se révélant dans toute sa démesure. Et pourquoi se priver quand le travail de restauration a déjà été officié avec minutie sous le regard de Brian Yuzna en personne par les anglais d'Arrow Video. La copie est donc la même et a clairement profité d'une restauration amoureuse faisant disparaitre toutes les traces de l'âge et autres griffures de pellicules, tout en préservant la nature organique du support. L'image est stable, incroyablement lumineuse, d'une profondeur insoupçonnée et même les scènes nocturnes s'étalent avec un piqué digne des grands. Le film n'a jamais affiché une telle forme, même si il est vrai que quelques plans abimés à la source (une des séquences de plage par exemple) n'ont pu être entièrement sauvé. Quoi qu'il en soit, c'est un sacré cadeau pour les fans !

 


Son :
Les pistes sonores délivrées restent extrêmement fidèles au matériau d'origine, avec en particulier un DTS HD Master Audio 2.0 anglais clair et limpide. La petite restauration s'entend immédiatement avec une limpidité extrêmement agréable, une clarté de tous les instants et même quelques effets latéraux. Le doublage français lui, en DTS HD Master Audio mono, a connu aussi au passage un rafraichissement nécessaire, mais le mixage d'époque, écrasant tout sur son passage, et les acteurs locaux sans doute empruntés à la série Beverly Hills, ne sont pas toujours des plus percutants.

 


Interactivité :
Nouvelle prouesse donc pour The Ecstasy of Films, en attendant de pied ferme le coffret sidérant réservé au deux premiers Re-Animator, qui propose donc l'orgasmique Society dans un bluray éclatant limité à 1000 exemplaires mais au prix extrêmement raisonnable de 18euros. Bel objet affirmé par l'illustration inédite de Melvin Zed, confirmé par les jaquettes réversibles contenues à l'intérieur du fourreau, ainsi qu'un livret de 16 pages analysant les thèmes et les coulisses du film. Sur le disque proprement dît, on retrouve une nouvelle fois le travail effectué par Arrow avec trois featurette inédites imparables : la première qui donne directement la parole au réalisateur, une seconde pour les acteurs et la troisième pour les responsables des SFX. A chaque fois les interviews sont pertinentes, enrichissantes, révélant la grande liberté créatrice du projet, ses nombreuses expérimentations, l'étonnement de certains face à la folie de certaines séquences et le contexte général de production. Excellent en tout point. Les collectionneurs méticuleux remarqueront que quelques bonus anglais ont disparus dans l'opération (pas de Q&A ni de clip de Screaming Mad George), mais clairement l'essentiel est là.

Liste des bonus: Livret Governor of Society (17'), The Masters of the Hunt (23'), Champion of the Shunt (21'), Bandes-annonces.

 
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