BLOOD SIMPLE
Etats-Unis - 1984
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Blood Simple  »
Genre : Thriller
Réalisateur : Joel Coen
Musique : Carter Burwell
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais, français et allemand DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 7 août 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Blood Simple  »
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LE PITCH
Visser est un détective privé engagé par le propriétaire d’un bar pour tuer sa femme infidèle et son amant. Les choses dérapent très vite quand Visser décide de ne pas respecter le plan d’origine…
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le crime dans le sang

Milieu des années 80 alors que le cinéma américain est tout à ses héros bodybuildés et son cinéma d'exploitation bien sanglant, débarque un petit objet indépendant, première création d'un duo que tout le monde connaitra rapidement comme les famous Coen Brothers.

Une marque de fabrique qui n'existe pas encore ? Oui et non, car de ce cinéma visuellement marqué, volontairement jubilatoire et mouvementé, les cinéphiles en ont déjà vu des traces dans le film d'horreur culte: Evil Dead. Un essai indépendant là aussi, filmé par le copain Sam Raimi, où les frangins Coen officient en coulisses, tenant la caméra par exemple pour la mise en boite des célèbres travellings forestiers. C'est cette expérience qui va finir de motiver les Coen se disait que si Sam Raimi a pu réaliser son propre film, alors il n'y a pas de raison qu'ils s'en privent à leur tour. Une bande promo et quelques rares financiers plus loin, Blood Simple, marque son entrée dans la cour des grands à Sundance avant de rencontrer un succès encourageant et une critique généralement enthousiaste dans le monde entier. Il est d'ailleurs coutume de dire en parlant de Blood Simple que pour un coup d'essai, on frôle le coup de maître. Une réussite plus éclatante encore quinze ans plus tard lorsque le duo retravaille définitivement son œuvre, remixant la bande son, raccourcissant le montage d'une bonne dizaine de minute, pour aboutir à un cut plus percutant encore. L'inverse d'une Edition Spéciale de George Lucas en somme.

 

le cinéma dans le sang


Aimant déjà offrir quelques perfusions de sang neuf à des genres cinématographiques purement US, et en particulier le polar, les frères Coen renouent ici avec les effluves sulfureuses du film noir américain, ses zones d'ombres envahissantes, ses élégances marquées et son panel de personnages jouant leur âme comme un coup de dé. La trame n'est ni plus ni moins qu'une relecture inversée du Facteur sonne toujours deux fois (déjà réinterprété à peine trois ans plus tôt), mais le diable est encore et toujours dans les détails, et tout ici sonne comme une machine grippée, un piège infernal qui se referme sur tous, les piégeurs se faisaient piéger malgré eux, et réciproquement. Loin des rues classieuses d'un New York habillé de trench-coat, de robes interminables et de jazz chaleureux, Blood Simple est une pure tragédie texane, au phrasé trainant, aux mouvements lents alourdis par la chaleur, où même la « femme fatale », extraordinaire Frances McDormand (pour la première fois à l'écran), se révèle essentiellement une simple victime de son ennui et de l'échec froid de son mariage. Constamment baigné dans une symbolique biblique et freudienne outrée, illuminé par une réalisation virtuose où les mouvements de caméra rampant se disputent aux silences angoissants, celui qu'on appela longtemps Sang pour Sang pendant quelques années par chez nous, malmène les codes du polar, les retournent dans tous les sens, pour mieux les servir avec une sauce rouge relevée et surtout un humour noir, une ironie irrévérencieuse, qui lui donnerait presque des airs dans sa dernière bobine de slasher pour adulte. Un film effilé comme une lame de rasoir.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Première sortie en Bluray pour Blood Simple en France, et Studio Canal a été assez malin pour aller se procurer le matériel technique directement chez les meilleurs, soit Criterion. Nouveau scan 4K 1080p, restauration chimique appuyée et ultimes retouches numériques pour harmoniser le programme, le tout sous la surveillance des frères Coen et du directeur photo Barry Sonnenfeld. C'est dire si la copie est un objet soigné et totalement respectueux de la version de ces auteurs, tout autant qu'elle s'éloigne définitivement de ses reflets un peu fauchés des débuts. Ici les cadres sont d'une propreté impeccable, fermes et stables, les lumières sont éblouissantes, chaudes et brillantes, tandis que le piqué frôle avec sa profondeur impressionnante et sa précision puissante, les capacités du format Bluray 4K. Passé le court générique d'ouverture, le reste du film est somptueux, des plans les plus généreuses éclairées, aux séquences nocturnes les plus inquiétantes.

 


Son :
En 2000 le film avait déjà connu un remaniement amoureux de sa bande son en même temps que la signature du director's cut devenu le seul et unique montage restant. Le résultat, organique, vibrant, parfois dissonant mais en tout cas assez unique, est décuplé ici par de toutes nouvelles pistes DTS HD Master Audio 5.1. Pas de grandes effusions spectaculaires bien entendu, mais une transmission tout en fluidité, en sensation enveloppantes et en équilibre qui affirme un cinéma maitrisé de bout en bout.

 


Interactivité :
Il ne semble pas par contre que les suppléments disposés sur le Bluray français correspondent eux aussi à ceux existant chez l'homologue américain. Cela n'empêche pas la section bonus d'être plutôt complète avec, pour commencer, la fausse bande annonce utilisée comme outils de démo par les frères Coen pour financer leur film, et la présentation parodique du Director'st Cut lors de sa première sortie. Le reste est constitué de quatre interviews plutôt conséquentes permettant tour à tour aux deux frangins et aux acteurs Walsh, Getz et McDormand de livrer quelques souvenirs d'un tournage artisanal mais manifestement plutôt agréable. Chacun loue bien entendu les qualités visuelles déjà impressionnantes des deux frères et leur symbiose étonnante, mais le cast n'hésite pas aussi a parler d'une direction d'acteurs encore pas tout à fait au point. Toujours très intéressante, et vraiment proche du duo, Frances McDormand est (comme pour le Bluray de Darkman) la plus précise et la plus intéressante, mais l'item qui laisse la parole au Coen contient tout de même quelques petits trésors d'ironie ou de révélations techniques qui pourraient surprendrent les cinéphiles.

Liste des bonus : Introduction de Mortimer Young (2'), Interview de Joel & Ethan Coen (14'28"), Interview de M. Emmet Walsh (14'), Interview de John Getz (12'), Interview de Frances McDormand (25'), Bande annonce démo (2').

 
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