LA CITé DISPARUE
Legend of the Lost - Etats-Unis - 1957
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Cité disparue »
Genre : Aventure
Réalisateur : Henry Hathaway
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 7 août 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Cité disparue »
portoflio
LE PITCH
A Tombouctou, l’aventurier Joe January croule sous les dettes. Pour se relancer, il accepte de servir de guide à Paul Bonnard, un homme dont l’obsession est de trouver une cité perdue au beau milieu du désert. Dita, une prostituée en quête d’une nouvelle vie, se joint à l’expédition…
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les prisonniers du désert

Tièdement reçu par la critique de l'époque mais fréquemment cité par George Lucas et Steven Spielberg comme l'une des sources d'inspiration des premières aventures d'Indiana Jones, La Cité Perdue s'offre une nouvelle chance via un combo blu-ray/dvd de qualité signé ESC Distribution, un éditeur qui ne cesse de monter.

Célèbre pour ses westerns avec Randolph Scott (Wild Horse Mesa, Sunset Pass, The Last Round-Up, entres autres) et ses collaborations avec Gary Cooper (Lives of a Bengal Lancer), Henry Hattaway était sans conteste l'un des artisans les plus talentueux et rigoureux d'Hollywood. Ce savoir-faire, il l'injecte sans retenue dans La Cité Perdue dont la principale qualité est d'ordre plastique. Malgré son peu de considération pour le format cinémascope, Hattaway choisit de tourner son expédition dans le désert en Technirama, un dérivé inventé par Technicolor. La photographie est confiée à Jack Cardiff, le magicien des productions Powell/Pressburger et le tournage s'effectue en décors naturels, en Lybie. A l'arrivée, on n'avait jamais vu le désert filmé avec autant de goût et de précision et il faudra attendre encore cinq ans et le Lawrence d'Arabie de David Lean pour ressentir un choc esthétique du même calibre. Et pourtant, Hattaway économise ses effets et privilégie des cadres impeccables plutôt que des mouvements de caméra trop ostentatoires. On appelle ça une leçon de mise en scène. Egalement impliqué dans la production (c'est lui qui exige la présence d'Hattaway derrière la caméra), John Wayne donne de sa personne et offre à son public une prestation savoureuse. Nonchalant, séducteur, franc du collier, un chapeau de cowboy vissé sur le crâne, son Joe January est bel et bien le prototype du célèbre archéologue incarné par Harrison Ford.

 

le marchand de sable


Plutôt avare en péripéties, La Cité Perdue distille malheureusement un ennui tenace. Le scénario paresseux et mécanique de Ben Hecht n'a rien d'autre à proposer qu'une randonnée bien pépère assaisonnée d'un triangle amoureux qui prend trop de place. Le traitement infligé aux Touaregs est source d'une frustration immense. Ne sachant que faire de cette menace potentielle, l'intrigue se contente de les faire traverser le fond du cadre et d'expédier une rencontre aussi tendue qu'une finale des Chiffres et des Lettres dans une maison de retraite. Et ce ne sont pas une poignée d'araignées, une brève tempête de sable et quelques bourres-pifs échangés sans conviction qui risquent de perturber votre sommeil. Pour ne rien arranger, l'alchimie entre les comédiens est inexistante et chacun se contente de jouer sa partition dans son coin. Sophia Loren fait la moue et prend la pose, nous rappelant qu'elle était une star avant d'être une bonne actrice (il faut la voir jouer la soif, fou-rires garantis) tandis que Rossano Brazzi fixe l'horizon (ou ses pieds) en prenant un air vaguement mystique.

Comme quoi, on peut avoir les meilleurs techniciens du monde et un héros badass, si on n'a rien à raconter ça finit toujours par se voir.

Alan Wilson




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Image :
Quelques plans sont abîmés, les couleurs manquent de vigueur et les fondus enchaînés sont comme d'habitude les grands oubliés des restaurations numériques. Rien de grave toutefois et la copie est suffisamment propre et bien définie pour satisfaire les cinéphiles exigeants.

 


Son :
La version originale soigne les ambiances et les voix avec un mixage très équilibré. On en dira pas autant de la version française un peu nasillarde et essoufflée.

 


Interactivité :

Quarante minutes durant, le journaliste Frédéric Albert Levy décrypte le film d'Henry Hattaway sur un ton très professoral et pas très vif. Mais les informations sont nombreuses et souvent passionnantes pour peu que l'on tende l'oreille. L'analyse du scénario est tout de même un peu tirée par les cheveux mais on ne saurait reprocher à un amoureux de cinéma de se laisser emporter par sa passion.

Liste des bonus : « Cet Obscur Objet du Désert », entretien avec Frédéric Albert Levy (42 min) / Bandes-annonces

 
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