LES CONQUéRANTS DU NOUVEAU MONDE
Unconquered - Etats-Unis - 1947
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Genre : Aventure, Western
Réalisateur : Cecil B. DeMille
Musique : Victor Young
Image : 1.33 4/3
Son : Français & Anglais DTS-HD 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 147 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 26 septembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Londres, 1763. Condamnée pour meurtre, la jeune et jolie Abby Hale échappe à la potence et écope de 14 années de servitude dans les colonies du Nouveau-Monde. A peine débarquée, elle est disputée aux enchères par deux rivaux : le capitaine Chris Holden, partisan d’une colonisation de l’Ouest, et Martin Garth, artisan secret d’une révolte armée des tribus indiennes…
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une page d'histoire (ou presque)

Champion du box-office et réalisateur star, Cecil B. DeMille avait aussi ses détracteurs. Si personne n'osait vraiment l'attaquer sur la forme, ses prises de positions conservatrices (doux euphémisme pour un fervent supporter de la commission McCarthy) lui auront valu d'être souvent taxé de réactionnaire et de raciste. La politique ayant tendance à déborder sur l'Art, Les Conquérants du Nouveau Monde ne plaide pas vraiment en la faveur du cinéaste.

Plus encore que le péplum biblique, Cecil B. DeMille entretenait une vraie passion pour le western. Sa carrière débute avec The Squaw Man en 1914 (qui fera l'objet de deux remakes en 1918 et en 1931) et il signera avec Une Aventure de Buffalo Bill (1936) et Pacific Express (1939) deux classiques spectaculaires de l'Âge d'Or. Si Les Conquérants du Nouveau Monde n'est pas à proprement parler un western, il plonge pourtant aux racines du genre en explorant les origines de la conquête de l'Ouest Américain et ses promesses d'émancipation. Adaptation d'un roman de Neil H. Swanson (The Judas Tree), le film de DeMille mélange la fiction à la réalité historique et confronte un Gary Cooper absolument parfait en intrépide pionnier à un jeune George Washington, au chef indien Guyasuta (de la tribu des Seneca) et aux architectes de la Mason-Dixon Line, le tout au cœur d'une Nation balbutiante et de la Rébellion de Pontiac, 12 ans avant la guerre d'Indépendance qui scellera son destin. Un contexte foisonnant que le cinéaste illustre avec sa maestria coutumière. Véritable succession de peintures vivantes traversées d'audaces formelles surprenantes (le projectile enflammé qui s'écrase face caméra et embrase le fondu enchaîné !), Les Conquérants du Nouveau Monde propose en outre deux morceaux de bravoure qui, malgré ses 70 ans au compteur, en remontrent aux blockbusters boostés aux CGI d'aujourd'hui. Après un premier acte qui prend son temps pour placer ses enjeux, le deuxième acte se conclut par une poursuite trépidante en canoë sur des rapides et le troisième acte est occupé par le siège dantesque de Fort Pitt (Pittsburgh en devenir). Du très très grand spectacle en technicolor.

 

"un bon indien est un indien mort"


Méchants de service ou sauvages de circonstance, les natives (ou Indiens d'Amérique) n'ont jamais pesé bien lourd sur la conscience des cinéastes américains d'antan et le revirement d'Hollywood vis-à-vis d'un peuple dépossédé de ses terres et massacré sans le moindre remord sera plutôt tardif. Mais si certains films peuvent encore plaider l'ignorance ou la naïveté, le propos de DeMille est sans équivoque. «Un bon indien est un indien mort» lâche un brave colon avec une certitude qui ne sera jamais remise en cause par la suite. Lâches, assassins, voleurs, païens ignorants, violents et fourbes, les indiens sont filmés comme l'incarnation du Mal personnifié. Mais il y a plus grave encore aux yeux du cinéaste et le « pêché » impardonnable du grand méchant de l'histoire, incarné par un Howard Silva tout en regards vicieux, est de s'allier aux indiens en se proposant de les armer pour stopper la colonisation. Marié à une squaw, le personnage de Garth est un « collabo » de la pire espèce, un traître à sa propre race, et sa rédemption qui aurait pu venir de son union avec une blanche finira par lui échapper. Très au fait de l'Histoire, Cecil B. DeMille n'hésite pourtant pas une seconde à se vautrer dans un discours nauséabond pas si éloigné du Naissance d'une Nation de D.W. Griffith.

D'ailleurs, lorsqu'il s'attaque au thème de l'esclavage, le réalisateur est loin de se racheter une conduite. Avec un temps de présence limité à une poignée de minutes, les esclaves noirs se montrent particulièrement satisfaits de servir leurs maîtres blancs. Et la traite des blancs ? Une opportunité plus qu'une honte et le point de départ d'une scène de comédie au machisme à en tomber de sa chaise. Si deux notables sont prêts à dépenser une fortune pour s'acheter une esclave, ça n'est pas grave puisque la demoiselle (Paulette Goddard, hyper-sexualisée) est une rousse séduisante et on se demande si, quelque part, elle ne l'aurait pas un peu cherché. Un sous-texte bien difficile à avaler aujourd'hui sans avoir la nausée.

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Image :
A quelques accidents de pellicule près, rappelant que film vient de passer la barre des 70 ans, la copie est magnifique et restitue un Technicolor flamboyant, que très rarement marqué par les légers décalages des différentes "couches" de teintes. Ces dernières sont riches et vives, tandis que la restauration proprement dîte réussie à rester discrets sur ses retouches numériques, préservant le grain et le piqué. Le tout est encodé à la perfection.

 


Son :
Fuyez l'atroce version française aux voix plates et soporifiques pour un mixage original certes un peu fatigué mais tout à fait satisfaisant. Les effets sonores manquent de pêche et saturent assez vite mais la musique et les dialogues tiennent le coup et même un peu plus lors du défilé de cornemuse du climax.

 


Interactivité :
Le journaliste Eddy Moine revient en détail sur les coulisses du film, de l'alternance entre les tournages en extérieurs et studios jusqu'à la brouille définitive entre DeMille et Paulette Goddard (qui refusait d'exécuter une cascade dangereuse), et conclut sur la réception par la presse de l'époque et le fond réactionnaire du film. Jean-Pierre Dionnet, dans un supplément présent sur les autres films de la collection DeMille, offre une vue d'ensemble de la carrière du cinéaste en des termes élogieux.

Liste des bonus : Les Conquérants d'un Nouveau-Monde par Eddy Moine / Cecil B. DeMille par Jean-Pierre Dionnet / Galerie de photos / Bandes Annonces

 
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