LE TRAIN DES EPOUVANTES
Dr Terror’s House of Horrors - Royaume-Uni - 1965
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Genre : Horreur
Réalisateur : Freddie Francis
Musique : Elisabeth Lutyens
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 23 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Cinq hommes prennent place à bord d’un train au départ de Londres. Un sixième passager, l’énigmatique Docteur Schreck, les rejoint au moment du départ. Ce dernier se propose de lire le Tarot à ses voisins de compartiment et à leur révéler leur destin…
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Aller simple

Rassemblée sous le pavillon « British Terrors », la collection Amicus éditée par ESC Distributions continue de s'agrandir dans le désordre le plus total. On ne leur en tiendra pas rigueur puisque l'essentiel, le fondamental, est enfin à l'ordre du jour avec Le Train des Epouvantes de Freddie Francis.

Sorti en 1965 (et 5 ans plus tard dans l'Hexagone), ce premier d'une longue série d'anthologies horrifiques pose les fondations sur lesquels le studio dirigé par Milton Subotsky et Max Rosenberg mèneront la concurrence face à la mythique Hammer Films. Pour parvenir à leurs fins et attirer le public, le duo n'hésita pas à débaucher quantité de joueurs de l'équipe adverse. Les emblématiques Peter Cushing, Christopher Lee et Michael Gough occupent ainsi le haut de l'affiche tandis que la mise en scène est confiée à Freddie Francis (L'Empreinte de Frankenstein, Paranoiac), bien entouré par le directeur de la photographie Alan Hume et la compositrice Elisabeth Luytens. Des noms familiers et des techniciens aguerris. Leur tâche ? Donner vie à un scénario signé de Milton Subotsky lui-même, une collection d'histoires brèves revisitant des figures classiques du fantastique. Vampires, loup-garou, vaudou, main du diable et même une plante meurtrière. Pour donner à cet ensemble disparate un semblant de cohésion, Subotsky imagine un drôle de fil rouge. Dissimulée sous les traits (ATTENTION ! SPOILERS !) d'un vieil homme avec un fort accent d'Europe de l'Est, la Mort s'offre une partie de Tarot avec cinq quidams voyageant en train. Chaque tirage est le point de départ d'une nouvelle histoire à la conclusion funeste. Le procédé ne tient que par la performance volontiers caricaturale d'un Peter Cushing au regard diabolique. Car le twist final (ATTENTION ! RE-SPOILERS !) met à mal la logique de ce petit jeu sadique : quel intérêt d'établir une menace alors que les cinq pauvres gus sont ... déjà morts ? Une incohérence majeure qui entame un peu le capital sympathie d'une œuvre menée avec entrain (forcément) par un Freddie Francis sous influences.

 

Arrêt à toutes les gares


Baignant dans un cadre moderne qui lui permet de se distinguer des productions gothiques et en costumes de la Hammer (mais aussi d'économiser sur le budget), Le Train des Epouvantes substitue au réalisme redouté de la grisaille quotidienne une esthétique pop et colorée et un tournage en studio qui font immanquablement penser aux films de Mario Bava. Il y a fort à parier que les couleurs vives et l'atmosphère unique des Trois Visages de la Peur (1963) ont fait une forte impression auprès de Freddie Francis. On ne peut également s'empêcher de penser aux réalisations de Roger Corman, notamment The Pit & The Pendulum. Maniant l'horreur avec une belle dose d'ironie, le réalisateur reste parfaitement lucide quant aux personnages qu'il met en scène.

Parfaitement détestables, les protagonistes des deux meilleures histoires, Voodoo et Disembodied Hand, s'attirent, par leur immoralité et leur vacuité, les malédictions qui s'abattent sur eux. Musicien ambitieux voleur d'une musique sacrée afin de s'enrichir ou critique d'art pédant prenant un malin plaisir à rabaisser un artiste qui lui est antipathique, ceux-là sont des bourreaux avant de devenir les victimes de forces occultes réclamant justice. L'ironie préside également à la chute de la dernière histoire qui met aux prises une femme vampire (française !) avec un Donald Sutherland débutant. Ne se prenant plus du tout au sérieux, Freddie Francis n'hésite pas à briser le quatrième mur et laisse l'un de ses personnages s'adresser directement au spectateur avec une roublardise qui renvoie ici à l'épouvante de forain de William Castle. Impression confirmée quelques instants plus tard par l'apparition d'un squelette incroyablement factice, point final rigolard et excessif de cette agréable ballade en train fantôme. Seules ombres au tableau, les fins expédiées et bâclées de Werewolf et Creeping Vine laissent malheureusement un petit goût d'inachevé. Mais, pour le cinéphile comme pour le néophyte, le plaisir d'assister à la naissance d'un style, une date dans le cinéma fantastique britannique, demeure inégalable.

Alan Wilson






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Image :
Très abîmé, le générique laisse craindre le pire. Puis, la copie s'éclaircit et gagne en stabilité avec des couleurs qui font honneur au support. Le Technicolor du chef opérateur Alan Hume (c'est lui éclairera, en 1983, les Ewoks de George Lucas et Richard Marquand dans Le Retour du Jedi) est restitué dans des conditions optimales malgré un bruit vidéo parfois envahissant.

 


Son :
On peut mettre un certain temps à s'habituer à la version française mais elle ne manque pas de qualités avec des voix bien choisies. Pas suffisamment pourtant pour faire oublier la version originale et les intonations inimitables de Peter Cushing et Christopher Lee. Le mixage du très bon score jazzy de la compositrice méconnue Elisabeth Luytens s'épanouit dans les deux versions.

 


Interactivité :
Commun à tous les disques des « British Terrors », la courte présentation de la Amicus par Laurent Aknin ne nous apprendra rien de nouveau. Le même intervenant est à nouveau sollicité pour nous parler plus spéfiquement du Train des Epouvantes. Avec un débit maîtrisé et une bonne humeur communicative, le journaliste revient sur la double carrière de Freddie Francis et les thématiques de son film. Un livret signé Marc Toullec, plume historique de Mad Movies, complète le programme. Court mais informatif.

Liste des bonus : Présentation de la Amicus par Laurent Aknin (5 minutes) / Entretien avec Laurent Aknin (15 minutes)

 
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