UN CRIME DANS LA TêTE
The Manchurian Candidate - Etats-Unis - 1962
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Réalisateur : John Frankenheimer
Musique : David Amram
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 126 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 20 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Un Crime dans la tête »
portoflio
LE PITCH
À son retour de Corée, Raymond Shaw est accueilli avec les honneurs dus à son statut de prisonnier de guerre. Or, durant sa captivité, il a subi un lavage de cerveau et a été programmé pour une mission : assassiner le président des Etats-Unis.
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cibles multiples

Référence récurrente et modèle évident du cinéma parano des années 60/70, Une Crime dans la tête est aussi une œuvre tristement prophétique qui annonçait, bien malgré lui, quelques mois en avance l'assassinat du président J.F. Kennedy. Sans doute l'un des sommets de la carrière de John Frankenheimer qui, au-delà de sa légende « politique » est surtout un thriller assez insaisissable.

Un parallèle avec l'histoire même des Etats-Unis qui a rendu la séquence finale, assez époustouflante et incroyablement tendue il est vrai, particulièrement célèbre et ce, même si cet assassinat au fusil à lunette en plein congrès politique ressemble étrangement plus encore à celui perpétré contre Robert Kennedy en 68. Une séquence cathartique forcément, extrêmement dramatique pour l'un des personnages centraux et terriblement pessimiste quand à l'avenir du pays, mais qui résume cependant beaucoup moins bien le film qu'un dialogue, beaucoup plus anodin en apparence, livré par Frank Sinatra (inégal mais dont les convictions permirent au film de voir le jour) et Janet Leigh. Un échange jugé bien trop souvent comme inutile, reflet d'une love affair peu crédible campée par une actrice magnifique, mais au personnage transparent. Voilà en effet un coup de foudre qui ne fonctionne pas, qui sonne assez faux, surtout lorsque le personnage du capitaine Bennet Marco, mis à pied pour avoir fait part de ses inquiétudes à sa hiérarchie, répond froidement, mais transpirant à grosses goutes, à la belle inconnue du train égrenant des déclarations et questionnements à coté, abscons.

 

reconditionné


Si The Manchurian Candidate est un film d'espionnage dans ses ressorts, sa mise en scène du complot et sa montée en tension exponentielle, son identité est ici, dans ces débordements cryptiques, incongrus, creusant une sensation constante de schizophrénie généralisée générée par des personnages qui semblent jouer double ou triple jeu (que ce soit le cas ou pas). Un univers normalement réaliste mais perturbé, modifié par les lavages de cerveaux successifs exercés par la propagande communiste, celle d'une Amérique qui baigne dans le marasme du maccarthysme, l'idéologie libérale et les optiques inédites de la télévision, soit la mass media par excellence. Ne caressant jamais le spectateur dans le sens du poil, Frankenheimer multiplie les grands angles, les mises en abimes visuelles, les ruptures de ton, les chevauchements de point de vue, les symboliques forcées, question véritablement de le perdre dans un dédale psychologique trouble, inquiétant. Et particulièrement malsain dès lors qu'apparait la mère manipulatrice du sacrifié Raymond Shaw (Laurence Harvey), incarné par une Angela Lansbury glaçante. Une éminence grise du monde politique qui rêve d'une nouvelle Amérique totalitaire (pour ne pas dire fasciste) entièrement à sa coupe... Elle est bien loin la charmante dame de L'Apprentie sorcière ou d'Arabesque ! Et le film bêtement anti-communiste tout autant, tant un Un Crime dans la tête quête plus volontier l'analyse d'un pays envahit et conditionné par une peur incrustée dans son inconscient fragile. Toujours d'actualité cela va sans dire.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Le master HD proposé aujourd'hui par Rimini est (après vérification) issu de la même source que la récente remasterisation massive 4K de Criterion, Un travail salutaire pour un métrage relativement connu pour ses copies neigeuses et instables, et qui se pare ici enfin d'une belle élégance dans ses noir et blanc aux reflets argentiques, d'un piqué inégal mais très impressionnant dans certaines scènes et pour l'essentiel donc d'un transfert de haute qualité, à la propreté évidente, redonnant enfin toute la profondeur que la mise en scène exigeait.

 


Son :
Simple mono pour les pistes anglaise et française, mais dans des conditions plutôt appréciables, c'est-à-dire des mix respectant les sensations originales avec une stabilité et une clarté sans fioriture.

 


Interactivité :
On est forcément loin du programme extrêmement complet de l'américain Criterion qui garde jalousement son matériel, mais Rimini tente tout de même d'apporter quelques ajouts pour ses clients cinéphiles. Ici c'est essentiellement une interview du critique Bernard Benoliel qui embrasse la mission de redorer le blason de John Frankenheimer et d'offrir une présentation soigné au film en présence. La jolie surprise provient cependant du second supplément arrivé in extremis chez l'éditeur français ( et donc non annoncé sur la jaquette ) qui consiste en une ancienne interview croisée du réalisateur, de Sinatra et du scénariste George Axelrod, enregistré il y a bien longtemps pour une sortie VHS. Un document d'archive rare et chaleureux qui malgré sa courte durée se donne des petits airs de réunion d'anciens combattants.

Liste des bonus : Interview de Bernard Benoliel, critique de cinéma, directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque Française (25'), Rencontre à trois (7').

 
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