LA FILLE SUR LA BALANçOIRE
The Girl in the Red Velvet Swing - Etats-Unis - 1955
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Genre : Drame
Réalisateur : Richard Fleischer
Musique : Leigh Harline
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français en DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 2 octobre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Fille sur la balançoire »
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LE PITCH
New York, 1906. Evelyn, une danseuse de cabaret tombe sous le charme de l’architecte Stanford White, un séducteur invétéré. Mais le prétendant de la jeune femme ne l’entend pas de cette oreille et voit en White une menace. Jusqu’à ce drame fatal...
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De la belle ouvrage

L'intrigue de La fille sur la balançoire est tirée d'un fait-divers qui déchaina les passions et chamboula l'Amérique du début du siècle dernier : l'assassinat de l'architecte Stanford White, abattu de trois coups de revolver dans un cabaret huppé de Manhattan. Sur le papier, ce drame en costumes, avec sa reconstitution soignée et ses longues scènes de procès, sentirait presque la naphtaline. Mais il est réalisé par l'illustre Richard Fleischer. Et ça change tout. As de la polyvalence, le cinéaste fut l'un des plus vaillants artisans de l'âge d'or hollywoodien. Venu de la série B, il s'imposera notamment aux yeux du monde avec l'épopée aquatique Vingt mille lieues sous les mers et son chatoyant recours au Cinémascope.

Un format réutilisé ici pour illustrer un drame psychologique beaucoup plus sombre et pervers qu'il en a l'air. Sous des abords en apparence académiques, La Fille sur la balançoire distille une vraie odeur de souffre. Et un malaise persistant symbolisé par la fourbe ambivalence de Farley Granger dans la peau du notable au triste sort. Un homme plein de mystère et de zones d'ombres, suspecté d'être un violeur à forts penchants sociopathes. Ce thème de la déviance mentale, Fleischer l'approfondira plus tard dans une série de trois long-métrages glaçants suivant les pérégrinations de tueurs sadiques: L'Étrangleur de Boston, L'Etrangleur de la Place Rillington et Terreur aveugle. Années cinquante et puritanisme oblige, le réalisateur ne disposait pas de la même liberté de ton pour traiter de mœurs contre nature. Mais son évocation de la sexualité et des troubles de la psyché n'en est que plus dérangeante. Lors de la fameuse scène de la balançoire qui donne son titre au film, Fleischer insiste sur le silence, le hors-champ et la simple expression corporelle. Le regard de prédateur que pose Granger sur la biche gracile incarnée par Joan Collins se révèle d'une intensité absolument pétrifiante. À l'image de la séquence consacrée au cauchemar de la jeune danseuse. Un chef-d'oeuvre de construction formelle, semblant droit sorti de l'univers morbide d'Edgar Allan Poe. Fleischer maîtrise le Scope comme personne et le procédé (avec sa déferlante de couleurs éclatantes) retranscrit subtilement les notions d'angoisse, d'érotisme et d'interdit.

 

zones d'ombre


Thriller psychanalytique grimé en film d'époque, La Fille sur la balançoire n'a rien perdu de sa force d'évocation et rappelle à quel point le cinéaste savait adapter son art en fonction des sujets traités. Qu'il s'agisse d'aventure pure et dure (Les Vikings), de péplum (Barabbas), d'action (Mr. Majestyk), de polar (Les Flics ne dorment pas la nuit) ou de science-fiction (Soleil Vert), Fleischer frappait toujours dans le mille avec l'acuité d'un pistolero «old school». La Fille sur la balançoire est d'une richesse infinie. Dans la scénographie, les mouvements de caméra, la direction d'acteurs... On insistera sur l'interprétation de Ray Milland. Un amoureux éconduit qui derrière son masque de vertu, se révèle aussi tordu, voire plus, que l'homme qu'il a pris en grippe et qu'il accuse d'avoir souillé sa belle. Sa jalousie maladive évoque un dérèglement intime qui conduira inexorablement à une explosion de violence. Du côté des suppléments, on apprend cependant que le rôle tenu par Joan Collins était à l'origine destiné à Marilyn Monroe (qui le refusera). La prestation de la future méchante de Dynastie est tout à fait louable, mais on ne peut s'empêcher de rêver même film avec la légendaire blonde platine. L'érotisme qui imprègne déjà chaque plan de La fille sur la balançoire n'en aurait été que plus déstabilisant.

Gabriel Repettati






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Image :
Rimini a sorti le grand jeu et le format HD 1080p rend hommage au boulot entrepris au niveau des couleurs et du Cinémascope si cher à Fleischer. Notamment lors de la scène de la balançoire et celle du cauchemar. On distingue toutefois certaines tâches et impuretés çà et là. Le rendu final, issu d'une image argentique, est donc correct, bien que perfectible. Mais cela reste à ce jour la meilleure copie du film.

 


Son :
L'édition propose les pistes américaine et française en 2.0 comme en 5.1. On optera naturellement pour le remixage 5.1, à condition de disposer du matériel adéquat. Il s'agit de la piste la plus claire et la mieux équilibrée. Il également préférable de lancer la VO, bien moins désuète que la VF.

 


Interactivité :
La journaliste Ophélie Wiel dresse un parallèle entre le film de Fleischer et le fait-divers dont il est tiré, le tout accompagné d'images d'archives. Elle nous éclaire également sur l'oeuvre du réalisateur et l'importance de La Fille sur la balançoire dans sa filmographie si passionnante et hétéroclite. Dommage que cette intervention reste le seul et unique supplément de l'édition. Ni affiches, ni galerie photos à l'horizon.

Liste des bonus: Analyse du film par Ophélie Wiel, critique de cinéma et chargée de cours à l'université Paris-III.

 
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