INFERNO : éDITION 2018
Italie - 1980
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Lucio Fulci
Musique : Keith Emerson
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français et Italien DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 6 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Etudiant à Rome, Mark Eliot reçoit une lettre de sa soeur Rose avant qu’elle ne disparaisse. Sur les lieux, à New York, non loin de Central Park, le jeune homme découvre un immeuble immense, percé de passages secrets. Il l’explore en quête d’indices conduisant à la disparue. Tandis que tous ceux qu’ils côtoient de près ou de loin meurent dans des circonstances abominables, Mark découvre qu’une force surnaturelle habitue cet endroit chargé de ces histoires dont on n’ose cro...
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enfer exquis

Lorsqu'il boucle Suspiria en 1977, Dario Argento est bien loin d'anticiper le triomphe international du long-métrage, et encore plus loin d'envisager une suite prochaine. Devant l'enthousiasme des fans et les chiffres du Box Office, l'auteur de Quatre mouches de velours gris accepte de développer son propos quelques années plus tard. Coproduction italo-hollywoodien (la Fox rentre dans l'affaire), Inferno n'est pas loin, ô surprise, d'égaler son illustre prédécesseur.

Il fut un temps où tout ce que Dario Argento touchait se changeait en or, ou plutôt en joyau bichrome. Poussant dès son prologue la colorimétrie jusqu'à ce que son panoramique s'emplisse d'aplats bleus, violets, roses, verts ou rouge sang, Argento touche droit dans le mille avec Inferno, en dépit d'un argument de séquelle artificiellement greffé à l'original. La mythologie naissante des Trois Mères (les deux dernières étant présentes dans cet épisode) s'expose ainsi dans un ouvrage que l'héroïne parcourt comme un livre de conte, conte dont elle deviendra ensuite le personnage central. Le postulat est succinct, mais Dario n'a pas besoin de fondations plus solides. Il est d'ailleurs étonnant de constater à quel point le dialogue s'efface dans Inferno, au profit de gestes, de regards, d'émotions exprimées sans bouclier face à une caméra inquisitrice. Une scène de cours magistral sur l'écriture symphonique dans un amphithéâtre bondé en est un bel exemple, la concision du contexte (un étudiant romain ouvre une lettre envoyée de New York par sa sœur) se voyant contrebalancée par un sens du bizarre exceptionnel, Argento se focalisant davantage sur le malaise du jeune homme vis-à-vis des regards fixes d'une somptueuse voisine que sur la lettre en elle-même.

 

follow the white rabbit


Expérience sensorielle non dénuée de maladresses (le final, comme toujours chez Dario, fait un peu de peine à voir), Inferno avance donc au rythme d'un cauchemar, le cinéaste se plaisant à redéfinir le réel en vidant les rues de New York et de Rome de tous leurs passants, en plaçant une antre de sorcière dans les bas-fonds d'une bibliothèque municipale, en colorant ses décors grâce à des éclairages puissants comme autant de tableaux en mouvement, ou en poussant ses protagonistes à des agissements totalement irrationnels, telle cette jeune femme décidant de plonger toute vêtue dans le sous-sol inondé de son immeuble, à la manière d'Alice dans le terrier du lapin blanc. S'ensuit une séquence absolument dantesque, comptant aisément parmi ce qu'Argento signera de plus abouti, de plus poétique, de plus hypnotique et de plus terrifiant de toute sa carrière. Il est d'autant plus douloureux, après redécouverte du long-métrage dans pareil confort, d'admettre que le maestro bouclera près de vingt ans plus tard sa "saga" avec Mother of Tears, objectivement l'un des plus mauvais films sortis depuis la naissance du Septième Art...

Alexandre Poncet






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Image :
Pour sa première sortie HD il y a huit ans du coté de Wild Side Video, Inferno avait déjà fait belle sensation avec son master propre, ses couleurs généreuses et sa définition solide. Un master que l'on retrouve d'ailleurs à peu près à l'identique chez tous les éditeurs européens et qui fait son retour ici chez ESC. Cela ne veut pas dire que le rendu est absolument identique, les spectateurs acérés observeront certainement le principal gain de la galette, soit des scènes en basse luminosité bien tenues, plus fermes et préservant alors, malgré le grain de pellicule toujours aussi marqué, des noirs intenses.

 


Son :
Pas de grande révolution à noter dans le choix des pistes sonores avec toujours cette mauvaise version française, la mouture italienne sobre et frontale et une version américaine plus naturelle (en regardant les mouvements de lèvres il est claire que 80% des dialogues sont joués en anglais) qui perd son mono d'origine au profit d'un DTS HD Master Audio 5.1. Cette piste inédite chez nous n'est pas à craindre car, sans dénaturer les équilibres avants, donne un petit coffre supplémentaire à quelques effets d'ambiances et au score d'Emerson.

 


Interactivité :

Depuis l'arrêt du partenariat entre Wild Side Vidéo et la Fnac, les films de Dario Argento, comme de nombreux autres titres de la collection Les Introuvables, sont ironiquement devenus introuvables. Premier opus du cinéaste italien à apparaitre chez ESC (quatre autres sont déjà annoncés), Inferno remplit le vide et s'efforce de supplanter la galette précédente. En particulier en proposant une section bonus particulièrement chargée, croisant des interviews de différentes éditions et périodes avec, forcément, de nombreux propos qui ont tendance à se repéter. On remarquera d'ailleurs tristement que le Dario Argento de 2010 est tout de même plus compréhensible et moins affaibli que celui de 2018, et que les analyses pseudo sémantiques du journaliste Frédéric Mercier sont bavardes et peu pertinentes. On y croise aussi les compères Luigi Cozzi dans un Q&A un peu éloigné d'Inferno et une interview (presque) carrière du directeur photo Luciano Tovoli... qui n'a pas travaillé sur Inferno.
Les segments les plus intéressants sont alors certainement une rencontre avec Daria Nicolodi, ex-compagne d'Argento, scénariste et créatrice de la mythologie des Trois mères, et le retour surprenant sur le film de Luigi Cozzi The Black Cat. Un essai quasiment invisible aujourd'hui, entre suite d'Inferno et Suspiria et hommage référentiel au cinéma d'Argento.

Liste des bonus : un livret de 24 pages de Marc Toullec intégré à l'étui, Introduction exclusive par Dario Argento (1'), Entretien avec Frédéric Mercier (32'), Analyse de séquences par Frédéric Mercier (16'), Entretien exclusif avec Dario Argento (13'), Entretien de 2010 de Dario Argento (15'), Entretien exclusif avec Luciano Tovoli (directeur de la photo de Suspiria) (27'), Rencontre filmée avec Luigi Cozzi à propos de Dario Argento (30'), « L'autre mère » : Luigi Cozzi à propos de « The Black Cat » (14'), « Plongée en eaux troubles » : Entretien avec Daria Nicolodi (17').

 
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