LA CHAIR DE L’ORCHIDéE
France / Italie / Allemagne - 1975
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Image de « La Chair de l’orchidée »
Réalisateur : Patrice Chéreau
Musique : Fiorenzo Carpi
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 120 minutes
Distributeur : Tamasa Distribution
Date de sortie : 6 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Chair de l’orchidée »
portoflio
LE PITCH
Lorsque Claire hérite d’une immense fortune, sa tante la fait interner dans un hôpital psychiatrique afin de récupérer ses biens. Claire s’évade bientôt et rencontre un éleveur de chevaux, dont elle s’éprend. Mais tous deux sont bientôt poursuivis par des tueurs.
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cinéma en friches

Futur réalisateur du célèbre et fastueux La Reine Margot, Patrice Chéreau est d'ors et déjà un metteur en scène de théâtre et d'opéra admiré et respecté lorsqu'il prend le risque de se lancer dans le cinéma. D'autant plus risqué qu'il prend le risque de manier polar à la française, euro-thriller et cinéma frontalement personnel. Quarante ans après, La Chair de l'orchidée est toujours un métrage déstabilisant.

Passé plus qu'inaperçu lors se sa sortie en salle en 1975, relativement boudé par la critique voir même presque renié par Chéreau en personne quelques années plus tard, La Chair de l'orchidée n'est pas un chef d'œuvre maudit, injustement attaqué, mais bel et bien un premier essai souvent bancal, maladroit, froid, perdu parfois dans un besoin de démonstration tout à fait compréhensif de la part d'un jeune cinéaste venu du théâtre. Surtout, La Chair de l'orchidée n'est pas un film qui prend le spectateur par la main, mais une sorte de récit policier évanescent qui cultive ses forces de l'absurde, son aridité, autant que ses invasions régulières d'une austérité toute française par des excès purement hérités du cinéma de genre. Des atours du giallo (les yeux crevés, la profusion de sang) et d'un certain cinéma d'horreur, en particulier lorsqu'apparait en arrière-plan d'un dialogue anodin des patients d'un asile isolé dignes aussi fantasmatiques que les zombies de La Nuit des morts-vivants.

 

greffes et hybrides


Construit comme une lente et inquiétante chute en avant, le premier long métrage de Patrice Chéreau semble vouloir échapper constamment à la compréhension du curieux qui découvre dans le plus grand désordre une adaptation elliptique et fragmentée du roman de Série Noire signé James Hadley Chase (La Nuit des généraux), alternant d'authentiques et efficace séquences au suspens lourd et oppressant (l'assaut sur la maison par deux assassins imperturbables) avec des tableaux plus distanciés, plus froids, imperméables. Pas étonnant que le choix pour le rôle principal se soit porté sur la glaciale et déjà hautaine, Charlotte Berling pour incarner une jeune femme à la dérive, malade et immuable, à laquelle le bien plus massif mais tout aussi impassible Bruno Cremer donne la réplique dans un rôle dont, même une fois le film fini, on peine toujours à comprendre la portée. Ce qui est sûr cependant, c'est la volonté de Chéreau de s'offrir trois icones dans des rôles plus ou moins secondaires, mais inoubliables : Simone Signoret, Edwige Feuillère et Alida Valli. Elles incarnent ici, chacune à sa manière, un monde qui s'apprête à disparaitre, remplacé dans le scénario de Jean-Claude Carrière (Cyrano de Bergerac, Cet Obscur objet du plaisir...) par une culture de la finance et le règne de l'argent. Le réalisateur lui, semble plutôt illustrer à sa manière la célébration d'une idée artisanale et émotionnelle de l'art vivant, en passe d'être écrasé sous les calculs de l'industrie. Parfois pas loin de Chabrol dans sa description d'une aristocratie pourrissante en voie d'extinction, parfois ampoulé par une ambition trop marquée tout juste sauvée par quelques saillies presque parodiques (truculence de certains personnages, grotesque théâtrale...) La Chair de l'orchidée n'est vraiment pas un film parfait. Mais c'est ce qui le rend si intéressant.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Quasiment invisible depuis sa première sortie, relativement boudée il est vrai, La Chair de l'orchidée s'est offert une restauration pointue pour sa ressortie sur les écrans en février dernier. Un travail confié au labo Eclair qui fait encore une fois des prouesses (comme c'est le cas pour le catalogue Pathé) en privilégiant constamment l'identité du film approché. Les couleurs restent un peu ternes, le grain de pellicule très marqué, la photographie légèrement vaporeuse, comme c'était le cas à l'origine et c'est tant mieux. Mais le cadre est tout autant d'une propreté admirable et la HD s'imprègne d'une profondeur et d'une précision clairement inédite.

 


Son :
Le DTS HD Master Audio 2.0 proposé par l'éditeur est assez décontenançant par son alliance entre une restauration notable, mais aussi quelques défauts inhérents au film qui restent fermement accrochés.Soit un léger chuintement plus ou moins marqué et surtout des dialogues parfois un peu étouffés, mal audibles.

 


Interactivité :
Tamasa propose ici un joli digipack avec livret relié en son centre, qui reprend avec sobriété la nouvelle affiche du film, contenant le bluray du film et les deux DVD correspondants. L'unique bonus vidéo de l'édition est tout de même un documentaire de près d'une heure qui donne la parole à la critique Françoise Zamour, au directeur photo Pierre Lhomme et à l'actrice Charlotte Rampling, mais qui réussit à retracer toute la production de ce premier essai et les expérimentations de Chéreau. Sa découverte musclée mais rapide avec les outils du cinéma, son besoin de travailler avec de grandes actrices d'autrefois, les thématiques complexes de son film, les petits ratés et les grandes qualités... « Un homme en mouvement » permet vraiment d'éclairer La Chair de l'orchidée d'une plus belle lumière.

Liste des bonus : Un livret contenant entretiens avec Patrice Chéreau et Pierre Lhomme, regards et analyses, biographies, illustrations (24 pages), « Un homme en mouvement » : autour du film avec Charlotte Rampling, Pierre Lhomme et Françoise Zamour (50'), Bande annonce.

 
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