MISS DAISY ET SON CHAUFFEUR
Driving Miss Daisy - Etats-Unis - 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Miss Daisy et son chauffeur »
Réalisateur : Beresford Bruce
Musique : Hans Zimmer
Image : 1.85 16/9
Son : Français et anglais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Pathé Distribution
Date de sortie : 7 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Miss Daisy et son chauffeur »
portoflio
LE PITCH
À la fin des années 1940, miss Daisy, une vieille dame juive vivant à Atlanta en Géorgie, institutrice à la retraite, se retrouve dans l'incapacité de conduire sa voiture sans l'endommager. Son fils, Boolie, patron d'une filature de coton, décide d'embaucher un chauffeur, malgré les réticences de sa mère. Son choix se porte sur Hoke, un homme noir chrétien d'une cinquantaine d'années, volontaire et sympathique.
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Mamie driver

Triomphe surprise de l'année 1989 raflant au nez et à la barbe l'Oscar du meilleur film à Né un 4 Juillet et Le Cercle des poètes disparus. Miss Daisy et son chauffeur s'offre le luxe de rentrer dans le patrimoine des restaurations Pathé. Retour aujourd'hui sur ce succès un peu oublié et boudé par bon nombre de critiques à l'époque.

Il est vrai que ce film n'a pas laissé un souvenir impérissable dans les esprits malgré ses quatre Oscars. La genèse du film s'est faite dans la douleur. Fils du légendaire Darryl F.Zanuck, Richard et son comparse David Brown ont maintenu l'héritage du magna producteur en produisant des cartons comme L'Arnaque ou Les Dents de la mer. Avec un tel pedigree, il serait tentant de penser que tous leurs caprices seraient accessibles. Ils étaient loin d'imaginer qu'en jetant leur dévolu sur une pièce de théâtre contant les souvenirs de la grand-mère de l'auteur - vielle dame juive devant subir la présence d'un chauffeur noir catholique dans l'Amérique des 50's -  que leur financement serait refusé. Le racisme sous-jacent et la thématique de la dépendance des personnes âgées sont autant de sujets prompts à éloigner les cadres des studios avides de retour sur investissement. Essuyant les refus comme les noirs les insultes dans l'Amérique puribonde à l'heure de la ségrégation,  ils mettront plus de deux ans à faire les yeux doux aux investisseurs avant qu'un Canadien succombe (bien lui en a pris) à ses avances. Il était temps, car l'équipe envisagée commençait à s'inquiéter à l'instar de son réalisateur Bruce Beresford.

 

brulot caché


Un sujet pareil peut vite devenir handicapant. Tomber dans la facilité du mélodrame ou du pamphlet politique peut -être dangereux. Pour y croire, il faut commencer par l'étape délicate du casting avec des acteurs capable de former une belle alchimie à l'écran. En cela le feeling du réalisateur est primordial. Jessica Tandy y incarne une Miss « Tatie Danielle » Daisy (qui lui vaudra son unique oscar à 80 ans) parfaite dans ce rôle de grand-mère acariâtre mais humaine et digne face à ce jeunot alors cinquantenaire de Morgan Freeman tout en retenu comme à son habitude. Le tandem nous fait explorer par le biais de leurs relations tendues mais respectueuses un certain état de l'Amérique des années 50 et 60. Le racisme n'est jamais amené de manière frontale dans le film mais toujours suggéré en filagramme car Beresford se la joue finot en le faisant surgir par petites touches impromptues dans la bouche de personnages bien sous tous rapports. Comme dans cette scène où la belle fille citadine et cultivée de Miss Daisy fait des remontrances à sa bonne forcément noire et illettrée. Mais la culture remplit les fossés et c'est ainsi que Miss Daisy comblera les siens en apprenant à lire à son chauffeur. La narration se voie ponctuée par les apparitions du fils de Miss Daisy qui intervient à chaque période décisive de l'histoire. Loin de son image de chasseurs de fantômes, Dan Aykroyd traverse le film avec une bonhommie naturelle renforcée par des maquillages subtils rappelant discrètement que le temps passe. Les saisons s'égrènent, les personnages vieillissent mais même au crépuscule de leur vie, la considération qu'ont les protagonistes l'un pour l'autre reste palpable sans qu'un mot ne soit dit ; un simple regard ou geste suffisent. La partition du film est ponctuée par une mélodie entêtante de Hans Zimmer alors encore aux prémices de sa carrière hollywoodienne qui sied bien au sujet. Dommage que la mise en scène bien trop sage s'apparente plus à celle d'un téléfilm qu'à un film de cinéma.

Film plus profond qu'il ne parait. Cette chronique mâtinée de drame et de comédie en dit long sur la photographie de l'Amérique rurale à l'aube des bouleversements raciaux amorcés par le pasteur Martin Luther King. Miss Daisy apprend de son chauffeur et le respect reste la meilleure arme contre le racisme et l'antisémitisme. Un sujet que l'on voudrait révolu mais malheureusement encore bien trop d'actualité de nos jours.

Cédric Lemaire






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Image :
Le film s'offre une remasterisation toute fraiche de chez Pathé. Comme à son habitude, l'éditeur offre un soin tout particulier à ses ressorties en respectant le grain de la pellicule, tout en apportant une copie entièrement remise à neuf. La pureté et la précision de l'image sont admirables et nous laissent enfint tout le loisir de découvrir le soin apporté aux couleurs et à la lumière.

 


Son :
Moins travaillées que l'image, les pistes sont un peu plates et pêchent d'un manque d'ambiance. Le film ne prêtant pas à l'abus d'effets sonores, la nature plutôt sage du film ne porte pas trop préjudice à l'œuvre. Du coup lorsque la partition de Zimmer démarre elle capte toute l'attention et c'est plutôt une bonne chose.

 


Interactivité :

Deux segments composent la partie bonus. Le premier est un intéressant entretien avec le réalisateur qui revient sur les difficultés à monter ce projet malgré la présence au générique d'un producteur aussi influent que Zanuck. Le second, un
documentaire de 1965 sur l'intégration des noirs en Amérique, se montre plus anecdotique et surtout un petit peu too much dans les propos.

Liste des bonus : Entretien avec Bruce Beresford 22', Documentaires sur la ségrégation en trois parties 17'.

 
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