LA SENTINELLE DES MAUDITS
The Sentinel - Etats-Unis - 1977
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Genre : Horreur
Réalisateur : Michael Winner
Musique : Gil Mellé
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 2.0 mono anglais et français.
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 21 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Sentinelle des maudits »
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LE PITCH
Top model très en vogue mais psychologiquement fragile et aux tendances suicidaires, Allison Parker emménage dans un appartement au cœur de New York. Elle remarque un détail curieux : au dernier étage, un prêtre aveugle passe l’intégralité de son temps posté à la fenêtre. Rapidement, alors qu’Allison fait connaissance avec ses nouveaux voisins, son quotidien va commencer à se dérégler : la jeune femme souffre de migraines de plus en plus prenantes, et fait de terribles cauchema...
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l'hérétique

Produit dans la foulée des succès concurrents Rosemary's Baby (Paramount) et L'Exorciste (Warner), La Sentinelle des maudits devait être pour Universal un bon moyen de remettre en avant son héritage horrifique. Mais pouvaient-ils vraiment faire confiance au nihiliste Michael Winner ?

Clairement pas le premier choix du studio d'ailleurs, qui pencha un moment du coté du plus carré Don Siegel, mais qui finit par suivre le conseil de l'auteur du roman original, en refilant le bébé à Michael Winner. Soit à opter pour un metteur en scène à la personnalité de franc tireur et adepte de la morale sauvage qui s'est largement fait remarquer pour le "coup de poing" et constamment douteux Un Justicier dans la ville (alias Death Wish), célébration de la justice expéditive et personnelle. Mais ce dernier, et c'est curieux, vient de se prendre un sacré bide avec Won Ton Ton comédie policière dont le héros est... un chien ! Plus misanthrope que jamais, Winner se complait alors clairement dans la description hasardeuse que fait La Sentinelle des maudits de la vie américaine moderne, et newyorkaise de surcroit, résumée en une seule phrase « les New Yorkais n'ont que le sens du sexe et de l'argent » récitée lors de la première visite de la future demeure hantée. L'intention est donnée et le film ne va faire que cultiver cette idée d'une société totalement matérialiste, se vautrant dans le culte de l'apparence (les fringues, les photos de mode, les pubs vidéos pourries, le décor affreusement bourgeois...), victime presque volontaire aux invasions infernales qui menacent à chaque instant. Winner n'hésite d'ailleurs pas à insister sur l'amoralité historique du pays, faisant des fantômes lubriques qui hantent la pauvre Allison Parker, une collection de meurtriers efféminés, de lesbiennes et de maitresses honteuses, vrillant forcément vers la caricature et une illustration réactionnaire dont il a le secret.

 

un crucifié dans la ville


Objet de son époque et donc opposant à ces infamies menaçants notre belle civilisation, une Eglise catholique salvatrice et toute puissante, La Sentinelle des maudits se montre cependant beaucoup plus pernicieuse que d'autres (et même que L'Exorciste sur ce point) faisant du clergé une force totalitaire (« le tyran ») n'hésitant pas à manipuler, assassiner et sacrifier les innocents pour arriver à ses fin. Pas grand monde à sauver dans le coin donc, La Sentinelle des maudits étant clairement un sommet de cynisme comme seul Winner en à le secret. On reconnait d'ailleurs tout aussi aisément sa pate de metteur en scène, soit un mélange de calme bordélique et d'accélérations maladroites (le montage n'est pas une réussite), écrasés à l'occasion par une bande originale incroyablement datée et tristement télévisuelle, heureusement colorée par des débordements sidérants (en particulier pour un film de studio) de mauvais goûts assumés. Du gore frontal digne d'une pelloche italienne (l'œil crevée et le nez coupée filmé en plein cadre), une danseuse qui se masturbe jusqu'à l'orgasme devant la pauvre héroïne, une partie de triolisme avec un papy squelettique et bien entendu ce final infernal entré dans la légende pour son utilisation douteuse et complaisante de véritables freaks pour incarner les damnées échappés d'une dimension infernale. Aussi agaçant que fascinant, La Sentinelle des maudits est un film d'horreur assez unique dont l'ultime outrage serait presque d'afficher ce casting de seconds rôles totalement improbables constitués de légendes vieillissantes du 7ème art (Ava Gardner, John Carradine, Martin Balsam...) et de petits nouveaux répondant au nom de Christopher Walken, Jeff Goldblum, Tom Beranger et même Richard Dreyfus en simple figurant.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Hérité d'une copie restaurée en 2015, notre bluray propose un master franchement propre où ne résiste encore que de très rares et discrètes traces de vieillesse sur la pellicule. Les couleurs aussi se découvrent de nouvelles intensités, tout autant que la profondeur et la définition. Une image assez belle dans les meilleurs passages, mais pas dénuée de défauts cependant avec des variations d'intensités visibles entre les plans de certaines scènes, des noirs pas toujours stables et surtout un grain fluctuant, pouvant glisser vers le neigeux dans les plans composites et les fondus.

 


Son :
Diffusés grâce à des dispositifs DTS HD Master Audio, les deux monos d'origines semblent encore aujourd'hui parfois un peu trop écrasés. La restauration est cependant évidente, en particulier sur la mouture américaine (la vf fait vraiment téléfilm La Cinq), et font oublier les anciennes pistes carrément fatiguées.

 


Interactivité :
Pas de trace ici des suppléments disponibles sur le disque US, Elephant propose donc son propre programme avec deux segments concoctés par le journaliste suisse Julien Comelli. Le premier est une présentation d'usage face caméra (mais sur une terrasse gorgée de soleil) dans laquelle l'intervenant positionne le film par rapport à la minivague de films d'horreurs d'envergures lancée par Rosemary's Baby et L'Exorciste, puis les évolutions de l'adaptation, les changements de réalisateur avant d'enchainer avec les petits portraits des acteurs principaux. Le second est courte petite visite de la demeure dans laquelle à été tournée le film. Des suppléments pas inintéressants (surtout le premier) mais qui passe tout de même un peu trop à distance du métrage et de ses particularités.

Liste des bonus : « La locataire » (18') et « 10 Montague Terrace, Paradise on Earth » (6'), Génériques en français, Bande-annonce originale.

 
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