LA NURSE
The Guardian - Etats-Unis - 1990
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Genre : Horreur
Réalisateur : William Friedkin
Musique : Jack Hues
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 2.0 Anglais et français
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 21 novembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Nurse »
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LE PITCH
Phil et Kate décident d’engager une nurse pour garder leur fils Jake dans leur grande maison à la lisière de la forêt. Après plusieurs échecs, une mystérieuse et rayonnante jeune femme vient à eux : Camilla. Jolie, fraîche, douce, sympathique, compétente : elle a toutes les qualités requises et enchante le jeune couple. Mais Phil commence à faire des cauchemars étranges…
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nourri au sein

Cela devait être les grandes retrouvailles entre William Friedkin et le cinéma d'horreur 15 ans après L'Exorciste, et donc avec un public resté de marbre devant ses dernières expérimentations. Cela sera un nouvel échec commercial et critique. Mais avec la distance des années, La Nurse a depuis redoré son blason, reconnu enfin pour un essai original, imparfait certes, mais indéniablement efficace.

De toute façon La Nurse n'est pas l'un des projets les plus personnels de son auteur. Alors totalement au creux de la vague après un défilé de chefs d'œuvre exigeants et puissants, de The Sorcerer à Police Fédérale Los Angeles en passant par Cruising, résultant dans d'authentiques échecs commerciaux. L'homme connu pour ses intransigeances se voit donc obligé pour survivre d'accepter quelques commandes, à l'instar de cette adaptation de The Nanny, roman signé Dan Greenburg développé durant de longs mois par Sam Raimi avant qu'il ne s'échappe pour concocter son Darkman. Friedkin ne goûte peu à la comédie horrifique façon Evil Dead 2 et va tenter avec son scénariste Stephen Volk (Gothic) de transformer le métrage en imaginant tout d'abord un pur thriller sans une once de fantastique... projet totalement rejeté par la Universal qui s'en mordra les doigts deux ans plus tard en découvrant le carton La Main sur le berceau. La Nurse ne cesse de changer de forme, de direction, au fur et à mesure que le cinéaste se passionne pour la mystique païenne, puis les mythes druidiques, finissant même par épuiser le pauvre Volk, en dépression nerveuse, laissant le réalisateur seul maitre à bord, récrivant le tout pendant une bonne partie du tournage. Impossible dans ce cas d'accoucher d'un chef d'œuvre, et La Nurse est ainsi parsemé de petites ellipses curieuses, de bifurcations maladroites et de vides narratifs affaiblissant d'emblé une production attendue au tournant.

 

three people


La brouille entre La Nurse et l'audience est certainement de cette trop grande attente envers l'auteur de L'Exorciste, traumatisme cinéphilique sans équivalent, qui donnait corps à un drame horrifique dont la principale force de frappe était son réalisme déstabilisant. Et en l'occurrence, l'objet de 1990 n'a rien à voir avec cette approche, ni esthétique, ni thématique, se montrant largement plus classique en fleuretant ouvertement avec la forme du conte originel (on pense parfois à La Compagnie des loups de Neil Jordan), aussi bien dans sa cruauté macabre, que dans son esthétique léchée soulignant un surnaturel omniprésent. Il y a quelque chose certainement de La Féline de Paul Schrader dans cette volonté de mêler une modernité esthétique marquée avec un fantastique venu d'un autre âge, un mythe primaire bien loin des morales judéo-chrétiennes. Mais Friedkin reste Friedkin (heureusement) et s'efforce constamment de pousser la logique du film dans ses retranchements faisant cohabiter une menace sourde et incroyablement sexuelle portée par le regard trouble de Jenny Seagrove (excellente), et des explosions de violence aussi frontalement sanglantes qu'un peu gauches par leurs SFX. On note aussi, cela va de soit, quelques vrais grands moments de mise en scène servis par un William Friedkin aussi précis que joueur. A l'instar de cette invasion nocturne d'une demeure ultra moderne de la banlieue chic de L.A. par une meute de loup : entre home-invasion, cauchemar éveillé et comédie noir, le tout orchestré avec un timing parfait.

Film mineur dans la carrière de Friedkin, que celui-ci n'évoque même pas dans son autobiographie (ultime outrage ?), La Nurse n'en reste pas moins un film d'horreur 90's tout à fait recommandable, original dans son approche et souvent plus subtile qu'il n'y parait.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Pas franchement choyé par Universal qui a vite fait de refourguer le film à des éditeurs tiers, La Nurse ne connait pour l'instant qu'un seul master HD disponible. Une copie directement héritée de celle apparue sur DVD, soit donc un master HD upgradé avec plus ou moins de bonheur pour correspondre aux nouveaux standards. C'est une fois encore la colorimétrie générale qui y gagne le plus avec une célébration agréable de la photographie, avec aussi des séquences en pleines lumière plutôt bien définies et creusées. Mais les défauts de pellicules (stries jaunes, points blancs, taches...) sont toujours perceptibles, et l'opération peine souvent à se dépêtrer d'un mélange de grain de pellicule et vidéo très présent et fluctuant. Les séquences sombres sont inévitablement les plus mal loties avec un piqué en berne et des amas d'artefacts envahissants.

 


Son :
En 1990 La Nurse faisait partie de ces films qui développaient une piste Dolby Stéréo reposant sur un nouveau système, le Spectral Recording, se voulant plus dynamique et net. Aujourd'hui ce dernier transférer en DTS HD Master Audio 2.0 montre très rapidement ses limites avec une distance très fréquente entre les effets sonores et les dialogues, les ambiances et la musique, obligeant le spectateur à jouer de la télécommande. Là encore, l'éditeur français n'y est pas pour grand-chose, Universal se contentant de refourguer un peu partout son matériel fatigué...

 


Interactivité :
Seul supplément de l'édition française, la présentation du film confié au journaliste de Mad Movies Laurent Duroche, homme de goût s'il en est. Il revient sur les différentes versions du film, la place de l'objet dans la carrière de Friedkin et défend sobrement mais efficacement le résultat final sans omettre les défauts évidents. Efficace, mais cela reste un peu maigre pour compenser la disparation totale des nombreuses interviews présentes sur le disque américain de Shout Factory (dont celle, précieuse, du cinéaste) et du commentaire audio existant sur le DVD collector d'Anchor Bay.

Liste des bonus : Entretien avec Laurent Duroche (18'), Bandes-annonces.

 
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